Session inaugurale du pôle de Paris du réseau Champions internationaux de l’égalité des sexes, 16 février 2021

 

Allocution d'Angel Gurría,

Secrétaire général, OCDE

Paris, 16 février 2021

Chers collègues Champions de l’égalité des sexes,

Je suis ravi de participer à cet événement aujourd'hui. Il s'agit d'une étape importante puisque la plateforme a été saluée par le Président Macron lors de sa présentation au Forum de la paix de Paris en 2019.

Depuis, le monde a radicalement changé. Les ravages de la crise du COVID-19 sur les économies et les sociétés sont considérables. La pandémie menace aussi d’annuler les progrès accomplis ces cinquante dernières années en matière d’égalité femmes-hommes.

Les données les plus récentes de l’OCDE sur le chômage sont sans équivoque. Au quatrième trimestre de 2020, le taux de chômage des femmes était de 7.4 %, contre 6.8 % chez les hommes. D’après l’OIT, en 2020, les pertes d’emploi dans le monde ont davantage touché les femmes (5.0 %) que les hommes (3.9 %).

Le risque d’insécurité économique est plus élevé chez les femmes. Elles sont également moins armées face aux chocs, et risquent en conséquence d’en garder durablement les stigmates et de s’éloigner du marché du travail.

Dans le secteur de la santé, où 70 % de la main-d’œuvre est féminine, les femmes ont fait état d’une aggravation des niveaux de stress, d’épuisement professionnel et de dépression à mesure que la lutte contre le virus s’est prolongée et intensifiée.En outre, chaque nouveau trimestre de confinement pourrait se traduire par 15 millions de cas supplémentaires de violences conjugales. 

Dans l’ensemble de l’OCDE, l’écart de rémunération entre les deux sexes demeure à 13 % et l’écart de taux d’activité à 15.5 %. Les différences entre les femmes et les hommes persistent aussi dans la vie publique et le monde de l’entreprise. Les femmes occupent en effet moins d’un tiers des postes ministériels, tandis que les conseils d’administration ne comptent que 25 % de membres féminins.

Les disparités subsistent donc entre les femmes et les hommes. Comment alors sortir de la crise par le haut, en créant une société plus inclusive, plus durable et plus résiliente ? En qualité de membre fondateur du pôle de Paris du réseau Champions internationaux de l’égalité des sexes, je me suis engagé à œuvrer en faveur de l’égalité tant dans nos travaux d’intérêt stratégique qu’aux fonctions de direction de l’Organisation :

  • Ces 10 dernières années, sous ma responsabilité, le nombre de femmes occupant des postes de direction a doublé pour atteindre 40 %. J’encourage l’OCDE à continuer de développer une culture institutionnelle de l’autonomisation des femmes.
  • Pour ce qui est de l’aide à la formulation des politiques, nos Membres suivent les conseils que nous leur prodiguons. Lors de la Réunion du Conseil au niveau des Ministres de 2020, ils sont convenus de redoubler d’efforts pour éliminer les obstacles systémiques à l’égalité des sexes pendant la reprise. Cette décision met en avant un message que l’OCDE revendique depuis des années, à savoir que croissance et égalité femmes-hommes sont indissociables.

À l'OCDE, nous avons “les Amis de l'égalité des genres « Plus »”, un groupe d'ambassadeurs dirigé par le Canada et la Suède, qui sont avec nous aujourd'hui, ainsi que le Danemark, l'Islande, le Mexique, l'Espagne, la Suisse et le Royaume-Uni. Grâce à leur soutien indéfectible, la plateforme peut réaliser des progrès tangibles pour faire avancer ce programme.

Au cours de mon mandat, l'OCDE a évolué d'un “groupe de réflexion” à un “groupe de travail”. Nous ne nous contentons pas de discuter de l'égalité des sexes, nous faisons en sorte que le changement se produise véritablement.

Merci de votre attention.

 

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