La prévalence des troubles de santé mentale est demeurée globalement inchangée des décennies durant, jusqu’à l’année 2020 et la pandémie de COVID‑19. À partir du mois de mars de cette année‑là, les troubles anxieux et dépressifs ont gagné du terrain parmi la population. C’est ainsi qu’en Belgique, aux États-Unis, en France, en Italie, au Mexique, en Nouvelle‑Zélande ou au Royaume‑Uni, par exemple, la prévalence de l’anxiété au début de l’année 2020 représentait le double, sinon davantage, de celle observée les années précédentes ; il en allait de même pour la dépression en Australie, en Belgique, au Canada, aux États-Unis, en France, au Mexique, en République tchèque, au Royaume‑Uni et en Suède.

Au cours de l’année 2020, les facteurs de risque pesant sur la santé mentale – l’insécurité financière, le chômage, la peur – ont augmenté, alors que les facteurs de protection – liens sociaux, emploi, formation et scolarité, accès à la pratique sportive, habitudes, accès aux services de santé – se sont réduits.   

Si l’on compare avec la situation qui prévalait avant la pandémie, il apparaît systématiquement que les taux d’anxiété et de dépression étaient supérieurs, en 2020, à ceux des années précédentes (Graphique 1 et Graphique 2). Dans les pays de l’OCDE, différents instruments d’enquête ont été utilisés pour mesurer la prévalence des troubles anxieux et dépressifs et le niveau de détresse psychique. Les taux de prévalence et leur évolution ne sont pas directement comparables d’un pays à un autre ; d’autre part, certaines enquêtes réalisées en 2020 ne portaient pas sur des échantillons représentatifs de la population nationale. Quoi qu’il en soit, anxiété et dépression ont progressé sans conteste.

En réponse à une étude du Commonwealth Fund, réalisée entre mars et mai 2020, de nombreux adultes ont déclaré connaître, depuis le début de l’épidémie, des états de stress, d’angoisse ou de tristesse qu’ils avaient du mal à surmonter seuls. Les plus forts pourcentages d’adultes en situation de détresse ont été relevés en Australie (23 %), au Canada (26 %), aux États-Unis (33 %), en France (24 %), en Nouvelle‑Zélande (23 %) et au Royaume‑Uni (26 %), et les plus faibles en Norvège (10 %), aux Pays-Bas (14 %) et en Suède (18 %) (Commonwealth Fund, 2020[1]). D’autres indicateurs, tels que l’état de santé mentale, l’état de stress ou les troubles du sommeil, confirment cette dégradation de l’équilibre psychique des individus.

En 2020 et au début de 2021, la crise du COVID‑19 s’est traduite par plusieurs « vagues » de contaminations, d’hospitalisations, de décès et de mesures de restriction mises en œuvre pour limiter la transmission du virus. L’état de santé mentale de la population a lui aussi alterné les hauts et les bas, les pics de détresse étant étroitement liés aux pics de décès dus au COVID‑19 et aux périodes pendant lesquelles les mesures de lutte contre la pandémie étaient les plus strictes. Ainsi, après un début de crise éprouvant, en mars-avril 2020, la période estivale a amené une certaine détente en Europe, qui a coïncidé avec la baisse du nombre de cas de COVID‑19 et l’assouplissement des mesures de confinement.

Dans les pays qui ont mesuré régulièrement le niveau de souffrance psychique de leur population au cours de l’année 2020 – le Canada, la France, les États-Unis, la Nouvelle‑Zélande, les Pays-Bas et le Royaume‑Uni –, l’anxiété et/ou la dépression ont atteint un sommet entre la mi-mars et le début du mois d’avril, avant un reflux aux alentours de juin et juillet, suivi d’une recrudescence à partir de septembre. D’une manière générale, les pays ont vu le bien-être mental de leur population évoluer selon des tendances très similaires qui révèlent l’existence d’une corrélation relativement étroite tant avec la rigueur des mesures adoptées pour maîtriser l’épidémie (mesurée par l’indice Oxford University/Blavatnik) qu’avec le nombre de morts dus au COVID‑19 (exprimé par la « surmortalité »), comme le montrent les exemples de la France, des Pays-Bas et du Royaume‑Uni.

Par ailleurs, les enquêtes menées durant la crise du COVID‑19 ont permis, de par leur actualité, de connaître en temps quasi réel l’état de santé mentale de la population et offert ainsi une précieuse source d’information dont on ne disposait pas lors des crises précédentes, notamment lors de la crise financière de 2008. Il sera important de continuer à suivre les effets induits sur la santé mentale tant que dure la crise, et même une fois que la situation d’urgence sanitaire commencera à se détendre, afin de savoir si la prévalence des troubles mentaux revient à ce qui était son niveau normal avant la pandémie (soit, toutes causes confondues, environ 20 % de la population en âge de travailler (OCDE, 2012[2])) ou s’il faudra désormais compter avec un taux de prévalence plus élevé dans le cas de certaines affections. Dans cette seconde hypothèse, les conséquences pour l’action publique seraient considérables.

Le risque d’avoir une mauvaise santé mentale, de même que la résilience face aux troubles qui la caractérisent, varie selon les groupes de population, et notamment en fonction de l’âge, du sexe, de la situation au regard de l’emploi, et de la situation socioéconomique. Les jeunes, les personnes seules, celles appartenant à un milieu défavorisé et les chômeurs ont été plus fréquemment que les autres en proie à la détresse psychique. À l’inverse, les personnes qui ont pu continuer de travailler pendant le confinement, même si c’était à distance, se déclaraient plus rarement déprimées ou angoissées, du moins pendant les premières phases de la crise.

Être au chômage en 2020 accentuait les risques pour la santé mentale. Les données longitudinales réunies en France (Graphique 4) nous révèlent que les individus qui avaient un emploi étaient moins susceptibles que les personnes au chômage de faire état de symptômes dépressifs ou anxieux. Partout dans la zone OCDE, des dispositifs de maintien dans l’emploi et de chômage partiel ont été mis en place ou adaptés afin de protéger l’emploi, dans la mesure où ils permettent aux salariés de conserver leur place dans l’entreprise même en cas d’interruption du travail (OCDE, 2021[3]). Les données françaises donnent à penser que ces dispositifs ont amorti les conséquences de la crise sur la santé mentale. De même, au Royaume‑Uni, les travailleurs précaires mis au chômage partiel avant ou pendant la pandémie n’ont pas fait état d’une aggravation de leur détresse psychique, contrairement aux actifs qui n’étaient pas au chômage partiel (Smith, Taylor et Kolbas, 2020[4]).

L’appartenance à une catégorie socioéconomique modeste est depuis longtemps associée à un risque accru de présenter des troubles de la santé mentale (OCDE, 2015[5]). Cela s’est vérifié encore une fois pendant la pandémie de COVID‑19, les populations défavorisées affichant les plus forts taux de détresse psychique. Au Royaume‑Uni, où le niveau d’anxiété a été mesuré sans discontinuer pendant 20 semaines à compter du début du premier confinement, en mars 2020, les individus les plus anxieux se rencontraient toujours parmi les moins instruits ou les bas revenus (Fancourt, Steptoe et Bu, 2020[6]). Une autre étude portant sur le même pays a fait apparaître que les personnes qui avaient vu leurs revenus diminuer et qui étaient devenues dépendantes des aides publiques – dispositif de prestation universelle ou aide aux travailleurs indépendants – ou celles qui éprouvaient depuis longtemps des difficultés financières avaient été plus fragilisées dans leur santé mentale que la moyenne de la population pendant le premier confinement, en avril 2020 (NatCen Social Research, 2021[7]). Cependant, l’état de santé mentale n’évolue pas partout de la même manière en fonction de la situation socioéconomique, de sorte qu’il est difficile de déterminer s’il s’est dégradé plus vite ou davantage que la moyenne chez les catégories modestes. Aux États-Unis, par exemple, il est ressorti d’une enquête conduite en avril 2020 que le recul de la satisfaction à l’égard de l’existence et la progression des symptômes dépressifs étaient plus nets chez les personnes au statut socioéconomique élevé (au regard du niveau d’instruction et du revenu du ménage) que chez les personnes au statut socio-économique inférieur, en comparant résultats d’une enquête datant de 2019.

On sait aussi que la prévalence des troubles de santé mentale n’est pas la même chez les hommes et chez les femmes, ces dernières étant plus enclines à se déclarer déprimées ou anxieuses. La pandémie de COVID‑19 est venue creuser les écarts qui préexistaient sous ce rapport. Lors de la première vague de la pandémie, on a observé, au Royaume‑Uni, que l’état de santé mentale des actifs avec enfants s’était davantage altéré que celui des actifs sans enfant, les détériorations les plus nettes étant signalées par les femmes. Aux États-Unis, l’écart entre les sexes s’est élargi de 66 % dans les premiers temps de l’épidémie, en mars et avril 2020 (Adams-Prassl et al., 2020[8]).

Traiter efficacement les conséquences de la crise du COVID‑19 sur la santé mentale de la population suppose d’adopter des mesures intégrées et intersectorielles visant à améliorer l’accompagnement psychologique. C’est ce qui est préconisé dans la Recommandation de l’OCDE sur une politique intégrée de la santé mentale, des compétences et de l’emploi, à laquelle les Membres de l’Organisation ont adhéré en 2015. Fruit d’études au long cours sur la santé mentale et le travail, cette recommandation fait valoir que des interventions précoces dans le cadre des politiques relatives à la jeunesse, aux lieux de travail et à la protection sociale auront un effet positif sur la vie sociale, la formation et la situation professionnelle des personnes atteintes de troubles psychiques. Une telle démarche fondée sur le dépistage anticipé de ces troubles et l’intégration des services est aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Lorsqu’elle va de pair avec des stratégies et des campagnes de grande envergure, l’action des pouvoirs publics peut aider à faire tomber les préjugés qui entourent la santé mentale et encourager les écoles et les entreprises à prendre soin de l’équilibre psychique de la population.

La crise du COVID‑19 a gravement entravé le fonctionnement des services de santé mentale. Une enquête réalisée par l’OMS au deuxième trimestre 2020 a révélé que, à l’échelle mondiale, plus de 60 % des pays signalaient des perturbations de ces services : 67 % en avaient ainsi constaté dans les services de conseil et de psychothérapie, 65 % dans les services de réduction des risques critiques et 35 % dans les services d’urgence (OMS, 2020[9]). Des tendances similaires sont observables pour l’ensemble des services de santé mentale des pays de l’OCDE. En Italie, au début du mois d’avril 2020, 14 % des établissements publics locaux de santé mentale étaient fermés, 25 % avaient réduit leurs horaires d’ouverture ; de même, 78 % environ des hôpitaux de jour étaient fermés, et quelques 75 % des consultations non urgentes avaient lieu à distance, principalement par téléphone (Carpiniello et al., 2020[10]). Aux Pays-Bas, au cours de la première vague de la pandémie, le pourcentage de patients orientés vers les services de soin de santé mentale a chuté de 25 à 80 %, les demandes de traitements de 10 à 40 %, les heures facturables de 5 à 20 % et l’occupation des lits de 9 % (GGZ Netherland, 2020[11]).

Les services de santé mentale se sont rapidement tournés vers de nouveaux modes de prestation, en recourant notamment aux soins numériques. À la mi‑2020, plus de 80 % des pays à revenu élevé ont déclaré à l’OMS avoir déployé la télémédecine et la thérapie en ligne pour remplacer les consultations physiques de santé mentale, ou des lignes d’assistance téléphonique. Les États-Unis, par exemple, ont fait évoluer la télémédecine, les réglementations fédérales autorisant temporairement un accès sans précédent à de tels services entre États et sur des plateformes non sécurisées. Par exemple, à la fin de 2020, Kaiser Permanente, le plus grand organisme de gestion intégrée des soins de santé aux États-Unis, avec 12 millions d’adhérents, assurait 90 % de ses soins psychiatriques à distance (Gratzer et al., 2020[12] ; Torous et Keshavan, 2020[13]). Au Canada, le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), plus grand hôpital psychiatrique universitaire du pays, a vu le nombre de ses consultations virtuelles augmenter de 750 %, passant d’environ 350 à 3 000 entre mars et avril 2020 (Cisco Canada, 2020[14]).

Les résultats préliminaires montrent que les médecins et les patients ont un avis positif sur l’adoption de services numériques pour la prestation de soins de santé mentale pendant la crise du COVID‑19. Les utilisateurs des services font état à la fois d’un niveau élevé de satisfaction à l’égard des consultations vidéo et d’un bon niveau d’adhésion au traitement prescrit, certains professionnels indiquant en outre prendre plus souvent contact avec leurs patients.   

En Australie, la crise a rapidement accéléré le recours à la télémédecine, et à la fin du mois d’avril 2020, la moitié des services de santé mentale relevant du Medicare Benefits Schedule étaient fournis à distance ; fin 2020, lorsque la prestation de services en personne a repris, la télémédecine représentait encore près de 100 000 consultations par semaine, contre zéro en mars 2020 (Australian Institute of Health and Welfare, 2020[15]). En Angleterre (Royaume‑Uni), les services de santé mentale sont largement passés à des formats virtuels (téléphone et vidéo) en 2020 ; tous les services de santé mentale ont enregistré en avril 2020 des taux de prestation de services en direct plus faibles qu’en 2019.

D’autres outils numériques de santé mentale sont également davantage utilisés. Aux États-Unis, la société de thérapie en ligne Talkspace a vu le nombre de ses clients augmenter de 65 % entre la mi-février et la fin avril et, au niveau fédéral, une ligne d’assistance téléphonique dédiée aux personnes en détresse émotionnelle a enregistré une augmentation de 1 000 % du nombre d’appels en avril 2020 par rapport à avril 2019 ; en outre, le recours aux questionnaires d’autodépistage sur le site web de l’organisation à but non lucratif Mental Health America a fait un bond de 60‑70 % pendant l’épidémie (National Council for Behavioral Health, 2020[16] ; Mental Health America, 2020[17]). L’épidémie de COVID‑19 a également poussé les gouvernements à mettre à disposition de la population des ressources de santé mentale en ligne ou au format numérique. À la mi‑avril 2020, le gouvernement canadien a lancé un nouveau portail de ressources sur la santé mentale, Espace Mieux-être Canada, qui propose des ressources gratuites d’autoévaluation, de suivi et de soutien en matière de bien-être, ainsi qu’un service de consultation par message texte ou téléphone ; le Canada a également alloué des fonds d’urgence au Service canadien de prévention du suicide et à la permanence téléphonique pour les enfants en détresse appelée Jeunesse, J’écoute, et a intégré des conseils de prise en charge individuelle dans l’application Canada COVID‑19 utilisée pour enregistrer des symptômes potentiels de la maladie.

Les pays ont pris en compte l’augmentation des besoins en matière de santé mentale, mais les services de santé mentale avaient auparavant déjà du mal à répondre à la demande. Dans certains pays, la crise du COVID‑19 a entraîné une hausse des besoins non satisfaits dans ce domaine de soins. En août 2020, 9.2 % des adultes interrogés aux États-Unis ont déclaré qu’ils avaient besoin d’une consultation ou d’une thérapie mais qu’ils n’avaient pas pu l’obtenir au cours des quatre semaines précédentes, tandis qu’en 2019, 4.3 % des adultes avaient déclaré qu’au cours de l’année écoulée, ils n’avaient pas pu bénéficier d’une consultation ou d’une thérapie pour des raisons de coût (Centre pour le contrôle et la prévention des maladies, 2020[18]).

La plupart des pays de l’OCDE ont pris au moins quelques mesures pour améliorer l’aide à la santé mentale. Ils ont notamment mis en place de nouvelles formes d’aide dans ce domaine, qui comprennent des documents d’information (principalement en ligne), de nouvelles lignes téléphoniques d’assistance en matière de santé mentale, le passage des services de santé mentale à des modalités de téléconsultation, le renforcement des capacités de service ou des possibilités d’accès dans certains cas et, dans certains pays, l’augmentation des investissements dans le domaine de la santé mentale. Au Portugal, une ligne téléphonique gratuite qui propose un soutien psychologique 24h/24 et mobilise 63 spécialistes en santé mentale (psychologues) a été créée en partenariat avec le ministère de la Santé, la fondation caritative Fundação Calouste Gulbenkian (don de 300 millions d’euros) et l’ordre des psychologues Ordem dos Psicólogos Portugueses.

De nombreux pays ont également pu transférer au moins certains services de santé mentale sur des supports téléphoniques ou en ligne, en ajoutant parfois de nouveaux services ou accès. En Australie, le nombre d’ouvertures de droits à des thérapies psychologiques remboursées dans le cadre du Medicare Benefits Scheme a doublé, passant de 10 sessions à 20 sessions, et le gouvernement australien a débloqué des fonds supplémentaires pour étendre les services de télésanté à tous les Australiens afin qu’ils puissent bénéficier de soins de santé depuis chez eux par le biais de consultations à distance ou par vidéo. En France, pour répondre aux préoccupations suscitées par l’état de santé mentale des étudiants pendant la crise du COVID‑19 et la fermeture des universités, le dispositif Chèque psy étudiant, qui a été mis en place en février 2021, permet aux étudiants de consulter gratuitement un psychologue ou un psychiatre à trois reprises, sans reste à charge.

Quelques pays se sont engagés à allouer de nouveaux financements aux soins de santé mentale, compte tenu des ravages de la crise du COVID‑19 sur ce plan. En Australie, le gouvernement a annoncé des fonds à hauteur de 5.7 milliards AUD pour la santé mentale et les soins aux personnes âgées dans le cadre du plan national de lutte contre la pandémie de COVID‑19 ; au Canada, le gouvernement a investi 11.5 millions CAD dans des projets visant à soutenir la santé mentale des Canadiens particulièrement vulnérables pendant la crise du COVID‑19 ; en Irlande, des fonds supplémentaires ont été alloués au titre du budget 2021 (38 millions EUR) pour de nouveaux services de santé mentale en réponse à la crise, ainsi qu’un montant additionnel de 12 millions EUR pour les besoins existants, soit une hausse totale de 50 millions EUR par rapport au budget de 2020 ; en 2021, le gouvernement letton a réaffecté 7.12 millions EUR supplémentaires aux services de santé mentale dans le contexte de la crise du COVID‑19, notamment en direction des spécialistes de la santé mentale, des médecins de famille qui proposent un accompagnement psychologique et du personnel médical afin qu’il bénéficie d’un soutien psycho-émotionnel ; en outre, en février 2021, le Chili a annoncé que le budget consacré à la santé mentale augmenterait de 310 % par rapport à l’enveloppe précédente.

Depuis le début de la pandémie de COVID‑19, des millions de travailleurs ont perdu leur emploi, et la plupart ont connu des bouleversements importants en termes d’organisation du travail et de vécu professionnel. De nombreux travailleurs continuent en outre de relever de dispositifs de maintien dans l’emploi et n’ont peut-être pas travaillé pendant une année entière. Certains travailleurs occupant des emplois essentiels ont dû continuer à se rendre sur leur lieu de travail et ont dans certains cas été confrontés à un risque accru d’exposition et d’infection au COVID‑19 et dans tous les cas contraints de prendre des dispositions inédites pour protéger leur santé au travail ; d’autres sont brusquement passés au télétravail, souvent à temps plein et pendant de nombreux mois.

Le recours au télétravail a explosé avec la crise du COVID‑19. Dans l’ensemble de l’OCDE, au début de la pandémie, environ 39 % des travailleurs sont brusquement passés au télétravail. La littérature existante, antérieure à la crise du COVID‑19, sur l’impact du télétravail sur la santé mentale est limitée, et les conclusions sont peu concluantes (Oakman et al., 2020[19]). Si le télétravail présente des avantages sur le plan de la flexibilité du temps de travail, il peut également estomper la séparation entre vie professionnelle et vie privée, contribuer à l’allongement des heures de travail et susciter un sentiment de détachement par rapport au lieu de travail, ce qui peut avoir des conséquences négatives sur le plan de la santé mentale.

Avant la crise, il était largement reconnu que les télétravailleurs passaient plus d’heures à travailler que les travailleurs présents au bureau dans la plupart des pays de l’OCDE (Eurofound et Bureau international du Travail, 2017[20]), une tendance qui a aussi été systématiquement observée pendant la crise du COVID‑19. Les télétravailleurs ont également des horaires moins réguliers. Il ressort par exemple d’une enquête Ipsos réalisée en novembre et décembre 2020 auprès de travailleurs de 28 pays, dont 20 pays de l’OCDE, que près de la moitié des personnes interrogées (44 %) ont indiqué travailler en dehors des horaires conventionnels, soit « dans une large mesure », soit « dans une certaine mesure », en raison de la pandémie de COVID‑19 (Ipsos, 2020[21]). Les réunions par vidéo peuvent également être plus éprouvantes sur le plan mental que les réunions en personne et venir renforcer un sentiment d’épuisement, de même que le manque de séparation entre la vie professionnelle et la vie privée risque de contribuer à une détérioration de la qualité du sommeil.

Le télétravail peut entraîner un risque accru d’allongement de la journée de travail et d’épuisement professionnel – maintenir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée a été particulièrement difficile pour les parents occupés qui ont dû jongler entre d’une part leurs responsabilités professionnelles et d’autre part la charge accrue induite par la garde des enfants et l’école à la maison.   

Le recours accru au télétravail devrait également s’inscrire dans la durée. En juillet 2020, 78 % des salariés interrogés dans le cadre d’une enquête de l’UE‑27 ont déclaré vouloir continuer à télétravailler au moins occasionnellement, même une fois levées les restrictions liées au COVID‑19 (Eurofound, 2020[22]). Une enquête menée au Japon a révélé que 79 % des salariés souhaitent télétravailler en permanence ou occasionnellement après la crise du COVID‑19 (Persol Research Institute, 2020[23]). Les nouveaux modes de travail exigent de nouvelles protections pour la santé mentale des travailleurs. En décembre 2020, face aux difficultés posées par le télétravail en termes d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, les législateurs du Parlement européen ont préconisé l’adoption d’une loi pour octroyer aux travailleurs le droit de se déconnecter de leur environnement de travail numérique en dehors des heures de travail sans qu’il y ait de répercussions, dans le sillage de la France, de l’Italie, de l’Espagne et du Luxembourg qui disposaient déjà d’une législation en vigueur relative au « droit à la déconnexion ».

Compte tenu des risques accrus que présente le télétravail pour la santé mentale dans le contexte de la crise du COVID‑19, les employeurs peuvent prendre des mesures proactives pour proposer à leurs salariés une aide psychologique ou pour renforcer un tel dispositif, aussi bien pour les télétravailleurs que pour les salariés qui se rendent au bureau. De nombreux salariés ont encore le sentiment que leurs employeurs ne prennent pas des dispositions suffisantes pour faire face aux problèmes de santé mentale créés par la pandémie. Dans une récente enquête de PwC réalisée auprès de travailleurs à distance aux États-Unis, par exemple, les salariés étaient moins susceptibles que les cadres supérieurs (‑26 points de pourcentage) de déclarer que leur entreprise était performante ou très performante en matière de promotion de la santé mentale du personnel (PwC, 2021[24]). Si de grandes entreprises aux États-Unis déclarent améliorer l’accès de leurs salariés à des services virtuels de santé mentale dans le contexte de la pandémie, les petites et moyennes entreprises auraient plus de mal à proposer de tels services.

Des initiatives menées à l’échelle de l’entreprise permettent également de mettre l’activité professionnelle au service d’une meilleure santé mentale. La Norme nationale sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail, élaborée en 2013 par la Commission de la santé mentale du Canada, propose un ensemble de lignes directrices facultatives pour aider les entreprises à créer des environnements de travail propices à la santé mentale des salariés. L’une des principales composantes de la promotion de la santé mentale au travail étant la formation du personnel de direction et d’encadrement, les pouvoirs publics devraient envisager d’investir dans des campagnes de sensibilisation et développer les formations à la santé mentale à l’intention de ce public. Une enquête menée par Deloitte au Royaume‑Uni en 2017 a montré que si environ la moitié des responsables hiérarchiques estiment qu’une formation de base à la santé mentale leur serait utile, moins d’un quart d’entre eux déclarent en suivre une. Une gestion efficace de la part des responsables hiérarchiques peut favoriser le développement sur le lieu de travail d’une culture propice à un débat ouvert sur la santé mentale, contribuer à prévenir les conflits au travail, qui sont d’importants facteurs de risque, et promouvoir la détection plus précoce de troubles potentiels de santé mentale.

La crise du COVID‑19 a aussi profondément modifié le paysage de l’emploi, compte tenu du recours massif à des dispositifs de maintien dans l’emploi. Dès le début de la crise, les pays ont agi rapidement pour mettre en place ou modifier de tels dispositifs et ont, grâce à ce processus, soutenu plus de 60 millions d’emplois dans l’ensemble de l’OCDE, soit environ 20 % de l’emploi salarié. Les dispositifs de maintien dans l’emploi ont également contribué indirectement, du moins dans un premier temps, à protéger leurs bénéficiaires d’une détérioration de leur santé mentale. Ce que l’on connaît moins, ce sont les conséquences du chômage partiel ou d’un congé sur une période prolongée, vu que certains travailleurs relèvent de tels dispositifs depuis le début de la pandémie.

Une analyse du Royaume‑Uni et des pays de l’UE indique qu’en effectuant seulement huit heures de travail par semaine, les salariés bénéficient de la plupart des avantages liés à l’emploi sur le plan de la santé mentale (Kamerāde et al., 2019[25]). L’un des moyens par lesquels les pouvoirs publics peuvent donc promouvoir la santé mentale des travailleurs bénéficiant de dispositifs de maintien dans l’emploi consiste à encourager les employeurs, dans les secteurs où cela est possible, à réduire le nombre d’heures travaillées au lieu de les supprimer et à envisager de modifier les dispositifs en vigueur de façon à promouvoir le partage du temps de travail et à favoriser un retour partiel au travail. Vingt-trois pays de l’OCDE disposaient déjà de dispositifs de chômage partiel, parmi lesquels le Kurzabeit en Allemagne et la subvention à l’ajustement de l’emploi au Japon, et nombre d’entre eux ont amélioré la portée et la générosité de ces dispositifs au début de la crise. En revanche, lorsqu’ils ont été annoncés, les nouveaux dispositifs de maintien de l’emploi dans l’OCDE, à l’exception de celui de l’Islande, concernaient uniquement les salariés dont le nombre d’heures de travail était passé à zéro (OCDE, 2020[26]). Au Danemark et au Royaume‑Uni, les dispositifs ont par la suite été modifiés afin que des indemnités puissent être versées même aux salariés en horaires réduits.

Le fait de perdre son emploi et de se retrouver au chômage peut contribuer à détériorer l’état de santé mentale. Dans l’ensemble de l’OCDE, on compte environ 10 millions de chômeurs de plus qu’avant la crise, les pertes d’emploi étant concentrées dans les secteurs les plus touchés, comme les loisirs, l’hôtellerie, les transports et le commerce de détail (OCDE, 2021[27]). Cette situation est appelée à durer au-delà du court terme, étant donné que le chômage restera probablement supérieur aux niveaux d’avant la crise jusqu’en 2022.

Favoriser le retour à l’emploi en proposant un service d’aide à la recherche, des conseils et des possibilités de formation reste un levier essentiel pour promouvoir la santé mentale de la population active. La prévention du chômage de longue durée doit être une priorité, car plus le chômage se pérennise, plus les demandeurs d’emploi se détachent du marché du travail. Il s’agit d’un défi majeur pour les jeunes et les nouveaux diplômés (OCDE, 2021[3]). Il ne faut pas reproduire les erreurs commises au moment de la crise financière mondiale, lorsque le chômage a augmenté beaucoup plus rapidement que les dépenses consacrées aux politiques actives du marché du travail, ce qui a entraîné une diminution de 21 % du temps consacré à chaque bénéficiaire (OCDE, 2011[28]). Il se peut que les pays cherchent à revoir à la baisse certaines composantes de leurs services de l’emploi afin de s’assurer qu’ils disposent des moyens suffisants pour répondre à une demande accrue dans le cadre de la crise du COVID‑19. Pourtant, s’il existe un domaine dans lequel les services ne devraient être ni réduits ni suspendus, même provisoirement, c’est bien celui de l’aide à la santé mentale. Même avant la crise, l’accompagnement proposé aux individus ayant des troubles de santé mentale dans le cadre des services publics de l’emploi était limité.

Compte tenu de la plus forte prévalence des troubles de santé mentale et de perspectives d’emploi toujours difficiles, les pays devraient, au lieu de suspendre les services intégrés de soutien à la santé mentale et à l’emploi, envisager de les intensifier.   

Les mesures doivent en outre combiner aide à l’emploi et accompagnement psychologique. Selon les données disponibles, la seule prise en charge psychologique n’améliore pas les résultats professionnels des individus souffrant de troubles de santé mentale, alors qu’une offre intégrée de services en faveur de l’emploi et de la santé mentale s’avère efficace pour améliorer les perspectives d’emploi (OCDE, 2015[5]). Le déploiement à grande échelle d’une telle offre fait encore défaut dans la plupart des pays de l’OCDE, la plupart des initiatives ciblant les individus dont les troubles de santé mentale sont importants.

Quant aux programmes actifs du marché du travail, ils peuvent également contribuer à amortir les effets néfastes du chômage sur la santé mentale. Il ressort d’une étude menée au Royaume‑Uni que les participants à ces programmes ont tendance à déclarer de meilleurs résultats sur le plan de la santé mentale que les autres chômeurs, même si leur état de santé mentale reste vraisemblablement moins bon que celui des personnes occupées. La participation à des programmes actifs du marché du travail s’apparente à certains aspects de l’emploi, par exemple la mise en place d’une routine et d’un cadre au quotidien, la possibilité de rencontrer de nouvelles personnes et de socialiser, et l’appui à la création et à la préservation de relations sociales. Si l’aide au retour à l’emploi doit rester au centre des politiques actives du marché du travail, il est donc également possible, au moment d’évaluer l’efficacité et la popularité de ces politiques, de prendre en considération les conséquences sur la santé mentale.

Les dispositifs d’aide aux jeunes, aussi, joueront un rôle essentiel dans la promotion de la santé mentale des générations futures, comme cela a été examiné dans la synthèse de l’OCDE sur la santé mentale, le COVID‑19 et la jeunesse. (OCDE, 2021[3])

Cette synthèse a été établie par Emily Hewlett, Shunta Takino, Yuka Nishina et Christopher Prinz. De précieux commentaires ont été formulés par des collègues de l’OCDE, notamment Stefano Scarpetta, Mark Pearson, Francesca Colombo, Masato Hayashikawa, Lara Fleischer, Jessica Mahoney, Muriel Levy et Nikita Arora.

Pour obtenir davantage d’informations sur les sources des données et la méthode d’évaluation, ainsi que pour une analyse plus approfondie des mesures prises par les pays face aux conséquences de la crise du COVID‑19 sur la santé mentale, consulter le document de travail de l’OCDE à paraître intitulé « Apporter une réponse englobant toutes les composantes de la société face aux conséquences de la crise du COVID‑19 sur la santé mentale ».

Références

[8] Adams-Prassl, A. et al. (2020), The Impact of the Coronavirus Lockdown on Mental Health: Evidence from the US, Faculty of Economics, University of Cambridge, https://www.repository.cam.ac.uk/handle/1810/310906 (consulté le 22 mars 2021).

[15] Australian Institute of Health and Welfare (2020), Mental health services in Australia - Mental health impact of COVID-19, https://www.aihw.gov.au/reports/mental-health-services/mental-health-services-in-australia/report-contents/mental-health-impact-of-covid-19 (consulté le 11 février 2021).

[10] Carpiniello, B. et al. (2020), « Mental health services in Italy during the COVID‐19 pandemic », Psychiatry and Clinical Neurosciences, vol. 74/8, pp. 442-443, http://dx.doi.org/10.1111/pcn.13082.

[18] Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (2020), Mental Health - Household Pulse Survey - COVID-19, https://www.cdc.gov/nchs/covid19/pulse/mental-health.htm (consulté le 30 novembre 2020).

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[1] Commonwealth Fund (2020), Do Americans Face Greater Mental Health and Economic Consequences from COVID-19? Comparing the U.S. with Other High-Income Countries | Commonwealth Fund, https://www.commonwealthfund.org/publications/issue-briefs/2020/aug/americans-mental-health-and-economic-consequences-COVID19 (consulté le 3 décembre 2020).

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[29] van Gool, K. et M. Pearson (2014), Health, Austerity and Economic Crisis: Assessing the Short-term Impact in OECD countries, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/5jxx71lt1zg6-en.

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