En pratique

Promouvoir l’inclusion des personnes handicapées par le biais d’un sommet mondial

Messages clés

En 2018, le Royaume-Uni, le gouvernement du Kenya et l’Alliance internationale pour les personnes handicapées ont organisé un Sommet mondial sur le handicap. Grâce à un haut niveau de crédibilité et à un dialogue politique intense, un grand nombre d’engagements ont été pris, dont beaucoup ont déjà abouti à des mesures concrètes. Les partenaires suivent les progrès accomplis pour assurer un changement durable et un sommet de suivi organisé par la Norvège se tiendra en 2022.

Défi

Mot-clésPauvreté et inégalité, Partenariats, Société civile, Biens et défis mondiaux

Partenaire cléRoyaume-Uni

Dernière mise à jour01 juillet 2021

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Quinze pour cent de la population mondiale vivent avec un handicap. Dans les pays développés comme dans les pays en développement, les personnes handicapées sont victimes de discrimination et d’exclusion, ce qui entrave la réalisation de leurs droits et les marginalise. Relativement peu de gouvernements et d’organismes de développement ont pris des engagements délibérés et concrets pour identifier, soutenir et impliquer les personnes handicapées dans la coopération pour le développement. Cette situation reflète une absence chronique de volonté politique et le type d’invisibilité persistante que les défenseurs de l’égalité des sexes décrivaient il y a plusieurs décennies.

Approche

À la mi-2017, le Royaume-Uni a lancé une campagne visant à susciter une volonté politique et à sensibiliser les pays en développement à l’intégration des personnes handicapées. La campagne s’est articulée autour d’un Sommet mondial sur le handicap, qui s’est tenu un an plus tard, en juillet 2018. Les principaux éléments de l’approche adoptée par le Royaume-Uni sont notamment les suivants :

  • Travailler avec des partenaires clés : accueillir le sommet conjointement avec le Kenya et l’Alliance internationale pour les personnes handicapées (IDA), à l’image du principe clé « Rien sur nous sans nous » ; associer les partenaires et les parties prenantes à l’Action mondiale sur le handicap (GLAD).

  • Bâtir une large coalition : sensibiliser les gouvernements, les organisations multilatérales, les organisations de la société civile, le secteur privé et les autres parties prenantes autour d’une vision commune, la Charte pour le changement. Le personnel du Royaume-Uni a contribué à la constitution de coalitions dans les pays en développement, dont certaines ont organisé des sommets satellites.

  • Exiger des engagements concrets : un travail de sensibilisation continu avec le Kenya, pays co-organisateur, par l’intermédiaire des ambassades et au niveau politique, afin de lier la participation au sommet à des engagements.

  • Assurer un suivi : le Secrétariat du Sommet mondial sur le handicap a été créé pour publier et suivre tous les engagements, notamment par le biais de rapports de suivi, tels que ceux publiés en septembre 2019 et en mars 2021.

  • Donner l’exemple et vivre selon nos valeurs :

    • Veiller à ce que les personnes handicapées jouent un rôle clé dans la campagne et à ce qu’elles président chaque groupe de discussion du sommet et y prennent la parole.

    • Le Royaume-Uni a préparé des engagements ambitieux pour sa propre coopération pour le développement.

Résultats

Résultats immédiats du sommet :

  • Plus de 300 organisations et gouvernements ont signé la Charte pour le changement, un plan d’action visant à encourager la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH).

  • Plus de 900 engagements ont été pris, notamment l’intensification des programmes de développement en faveur de l’inclusion des personnes handicapées, l’adaptation de la législation pour plus de droits et une meilleure inclusion dans les filets de sécurité, et l’intégration de questions sur le statut de handicap dans les recensements.

Les progrès déclarés indiquent que :

  • En mars 2021, la mise en œuvre était amorcée pour 62 % des engagements, dont 25 % étaient déjà achevés. Parmi ces engagements figurent les modifications de la législation et des politiques, ainsi que les programmes de coopération pour le développement.

  • Quelque 68 % des personnes interrogées lors de la première enquête ont estimé que le sommet avait permis à leur organisation de travailler de manière plus inclusive vis-à-vis des personnes handicapées.

  • Les études de cas réalisées par les gouvernements, les organisations multilatérales et les organisations de personnes handicapées (OPH) montrent que les parties prenantes ont accompli des progrès substantiels en matière d’intégration des personnes handicapées et qu’elles sont sensibilisées à cette question.

Enseignements tirés

Le succès du sommet est en grande partie attribuable à :

  • La crédibilité : travailler en étroite collaboration avec les pays en développement, notamment le Kenya, pays co-organisateur, et les OPH, en accordant une place centrale aux personnes handicapées lors du sommet.

  • Un travail de sensibilisation politique important de la part du gouvernement britannique et des ambassades, associé à une stratégie de communication axée sur la nécessité de passer de la rhétorique à l’action.

  • Assurer un suivi. Cet élément est essentiel pour parvenir à un changement durable. En 2020, les co-organisateurs du sommet et les principales parties prenantes ont mis au point une approche à long terme pour permettre un suivi permanent des engagements et pour tirer parti de la dynamique du sommet de 2018. Voici quelques-unes de ces mesures :

    • un sommet de suivi en 2022, accueilli par la Norvège et l’Alliance internationale pour les personnes handicapées

    • une démarche de partenariat en matière de responsabilité, notamment des consultations et des ateliers au niveau national, animés par les OPH et l’IDA

    • la création d’un secrétariat à temps plein chargé de gérer le suivi des engagements et d’apporter un soutien, en liaison autant que possible avec les processus existants tels que le CDPH.

Informations supplémentaires

Gouvernement du Royaume-Uni, Global Disability Summit, https://www.gov.uk/government/topical-events/global-disability-summit-2018.

L’Alliance internationale pour les personnes handicapées, Global Disability Summit, https://www.internationaldisabilityalliance.org/content/global-disability-summit-july-2018.

L’Alliance internationale pour les personnes handicapées, Global Disability Summit +2 Years: Progress on Implementation of Commitments, https://www.internationaldisabilityalliance.org/content/global-disability-summit-2-years-progress-implementation-commitments.

Ressources de l’OCDE

OCDE (2018), Coopération pour le développement 2018 : Agir ensemble pour n'oublier personne, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/dcr-2018-fr.

OCDE (2018), Case Studies on Leaving No One Behind: A companion volume to the Development Co-operation Report 2018, https://doi.org/10.1787/9789264309333-en. Les informations relatives à cette pratique ont été initialement présentées dans cette publication et ont été révisées et mises à jour pour les Outils, enseignements et pratiques de la coopération pour le développement.

Pour en savoir plus sur la coopération pour le développement du Royaume-Uni, voir :

OCDE (2020), OECD Development Co-operation Peer Reviews: United Kingdom 2020, Examens de l’OCDE sur la coopération pour le développement, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/43b42243-en.

OCDE (2021), "Royaume-Uni", dans Les profils de coopération au développement, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/b9a00122-fr.

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