Ken Georgetti

Ken Georgetti
Président, Congrès du travail du Canada

Ken Georgetti a été élu président du Congrès du travail du Canada lors de la 22e Assemblée statutaire du CTC, tenue à Toronto, en mai 1999. Il devenait le plus jeune président de l'histoire du CTC. Georgetti représentait une nouvelle génération de leadership et était bien préparé, grâce à ses antécédents et à son expérience, pour s’attaquer aux difficultés auxquelles font face les travailleuses et les travailleurs canadiens en ce nouveau siècle.

Lorsqu’il a assumé la présidence du Congrès du travail du Canada, Georgetti avait à son actif un quart de siècle de militantisme syndical en Colombie-Britannique, où l’on trouve la politique la plus polarisée du pays et un mouvement syndical dynamique. Georgetti, né à Trail, dans la région intérieure sud de la province, travaille d’abord dans les mines. Ensuite, comme son père, il est allé travailler pour le géant de la fonderie, Cominco. Il a acquis de l'expérience dans la plupart des domaines de la fonderie et a obtenu sa carte de compétence à titre de tuyauteur. Fidèle à la tradition familiale, Georgetti a joué un rôle actif au sein de la section locale 480 des Métallurgistes unis d'Amérique et a gravi tous les échelons pour devenir président de sa section locale en 1981.

Il a été élu vice-président de la Fédération du travail de la C.-B. en 1984, et président à peine deux ans plus tard, ce qui en faisait le plus jeune président de la centrale syndicale à ce jour. Par la même occasion, il a étendu ses activités syndicales au niveau national en devenant l’un des vice-présidents provinciaux du CTC. Au cours de ses 13 années à la présidence de la Fédération du travail de la C.-B., il en a favorisé la croissance et a fait passer ses effectifs de 218 000 à 450 000.

Georgetti est de la nouvelle génération de dirigeants syndicaux canadiens qui se montrent à la hauteur d’une économie en évolution. Il préconise depuis longtemps ce qu'il appelle « le militantisme intelligent ». Cette approche proactive est axée sur le recours à une vaste gamme de stratégies et de tactiques pour atteindre les objectifs du mouvement syndical. Par exemple, en 1987, à titre de président de la Fédération de la C.-B., Georgetti a mobilisé les syndicats de la province pour mener la plus grande grève générale d’une journée de l'histoire du Canada, donnant le pas à un boycott de cinq ans de la législation du travail injuste adoptée par le gouvernement créditiste de l’heure.

Georgetti donne aussi une nouvelle image et un nouveau style au leadership syndical, étant à l’aise tant dans une salle de conférence d’entreprise que dans les corridors politiques et les réunions syndicales. Il a encouragé le mouvement syndical à assumer un contrôle actif des fonds des régimes de pension et a pris un certain nombre d'initiatives d'investissement qui se sont avérées fructueuses et responsables sur le plan social. Georgetti a utilisé la structure traditionnelle d'investissement lors d'assemblées générales annuelles pour inciter les entreprises à assumer leurs responsabilités et à mettre en place un code de conduite fondé sur le respect des droits des travailleurs et travailleuses et la protection de l'environnement.

Bien qu’il n’hésite pas à engager le combat, Georgetti est fondamentalement un conciliateur. Son désir de trouver des solutions pragmatiques à des conflits apparemment impossibles à régler a bien servi le mouvement syndical à plus d’une occasion.

Sa vision du militantisme syndical s’inspire de son profond engagement envers la justice sociale et sa croyance en la nécessité d’aider les individus à se prendre en main et les communautés à s’attaquer aux problèmes sociaux et économiques. Ses priorités personnelles à la tête du Congrès du travail du Canada comprennent la défense et le renforcement des soins de santé publics, la syndicalisation d’un nombre toujours plus grand de travailleurs et de travailleuses, l'accès à l'éducation permanente, la promotion de la participation des jeunes au sein du mouvement syndical, la hausse du niveau d’alphabétisation pour tous les Canadiens et Canadiennes et la lutte contre le travail des enfants.

Georgetti est aussi actif dans des dossiers internationaux, perpétuant une longue tradition du CTC. Il est vice_président et membre du Conseil exécutif de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et membre du Comité des droits de la personne et des travailleurs de la CISL. Il est aussi membre du Comité administratif de la Commission syndicale consultative auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques (CSC_OCDE).

La promotion des droits du travail et la protection des normes d’emploi dans le contexte d’une économie de plus en plus mondialisée ainsi qu’un développement international respectueux des droits des travailleurs et travailleuses et de la personne sont d’importantes priorités. Sous le leadership de Georgetti, le CTC a mené des campagnes mondiales contre la mondialisation dictée par la grande entreprise, les ateliers de misère, le travail des enfants et le travail forcé.

Georgetti a été reconnu par divers niveaux de gouvernement pour sa contribution aux relations de travail et au bien-être général de la société canadienne. En 1998, il est devenu le premier dirigeant syndical à être décoré de l'honorable Ordre de la Colombie_Britannique. En 2000, il a été décoré de l'Ordre du Canada, devenant le dixième leader syndical national à recevoir cet honneur.