Palais d'Egmont

Palais d'Egmont

Un instrument unique mis à la disposition de la diplomatie belge

Le Palais d'Egmont tel qu'il nous est parvenu aujourd'hui a déjà subi une longue histoire et de profondes mutations architecturales. Seule l'aile Est, de style renaissance italienne, a été préservée extérieurement.Les autres ailes sont le résultat de réaménagements importants, notamment liés au grand incendie de 1891.


A l'origine résidence des Egmont puis des Arenberg, le Palais devint la propriété de la Ville de Bruxelles après le premier conflit mondial de 14-18. Racheté par l'Etat belge en 1964 suite à une longue période de délabrement et de destructions, il fait l'objet d'une restauration profonde. Il
accueille depuis quelques années le ministère des Affaires Etrangères.


Sur le plan architectural, c'est un témoin unique reflétant différents styles (Renaissance, néo-classique...) depuis le XVIe siècle. Des architectes célèbres comme Servandoni, auteur de l'Eglise Saint-Sulpice (Paris), T.F. Suys, architecte de la Cour de Hollande, ou Flanneau, responsable de l'aménagement du Palais Royal, y ont dirigé d'importantes phases de construction.

D'un point de vue historique et politique, son intérêt n'est pas moins incontestable puisqu'il fut de tous temps le centre des activités diplomatiques de Bruxelles, accueillant toujours aujourd'hui les personnalités étrangères et le monde politique belge dans ses luxueux salons. La richesse de sa décoration, la belle collection d'antiquités, tapisseries et peintures, et quelques vestiges archéologiques manifestes comme des caves voûtées, concourent également à faire du Palais d'Egmont un lieu exceptionnel classé.

En 1548, la princesse de Gavre, Françoise de Luxembourg, acheta une série de maisons et de jardins qui occupaient le haut du Sablon et y fit commencer la construction d'un vaste hôtel.  Son fils le malheureux Lamoral d'Egmont, continua les travaux et en 1564 donna un beau tournoi sur la place qui s'étendait devant son habitation, le square actuel du Petit Sablon.  L'hôtel, conçu dans le style. flamand avec quelques retouches Renaissance, s'appelait le Petit Hôtel d'Egmont ou l'Hôtel de Luxembourg. Il fut remplacé en partie par l'hôtel en style classique, que Léopold-Philippe-Charles d'Arenberg, qui avait épousé l'héritière des d'Egmont, fit élever en 1753 d'après les plans, dit-on, de Servandoni.  C'est de cette époque que datent l'aile qui occupe le fond de la cour et l'aile droite. L'aile gauche, bâtie par l'architecte Silys en 1835, se trouve sur l'emplacement de l'ancienne église des Petits Carmes.  Un incendie ayant détruit, en 1891, l'aile droite, le palais fut rebâti et alors disparut la partie gothique qui jusque là avait été maintenue, à l'entrée de la rue aux Laines.L'architecte Flanneau créera aussi l'aile ouest (1906-1910). Après plusieurs achats de terrains et d'extensions de grande envergure au cours du XIXe siècle par les architectes Gh. Henry (Quartier français), A. Cousin (bibliothèque et salle de bal de l'aile Est) et T.F. Suys (écuries, Manège, Cour du Sanglier, aile Nord...), le Palais d'Egmont acquiert l'allure qu'il possède encore aujourd'hui. Quant au parc, il fut réaménagé en 1901-1902 sous la direction d'E. Galoppin. Le palais est édifié dans le style classique.  La façade est ornée de pilastres et de colonnes ioniques avec balustrade.

Des personnages de marque logèrent au palais d'Arenberg, la reine Christine de Suède (1655), Louis XV, le marquis de Prié, Pierre le Grand, la famille Tour et Taxis, le cardinal Granvelle, le comte de Harrach, le maréchal Gérard.  J.-B. Rousseau y reçut l'hospitalité et Voltaire y vint souvent.

La décoration intérieure y est particulièrement remarquable. Outre de splendides salons aux plafonds richement stuqués ou aux murs revêtus de lambris, le palais d'Egmont renferme notamment:
- un extraordinaire escalier d'honneur réalisé en 1906-1910 d'après
l'ancien Escalier des Ambassadeurs de Versailles (détruit au XVIIIe) : 12 sortes de marbre, plafond voûté orné de stucs et d'un trompe-l'oeil peint par Cardon, tapisseries bruxelloises du XVIIe dans l'aile Sud
- une salle de bain pompéienne rehaussée de marbre blanc et de marbre numidique rose restaurés dans leur état original (aile Ouest)
- la bibliothèque aménagée en 1822-25 en style Directoire : lambris
d'origine restaurés, quatre panneaux peints sur verre par Sophie Frémiet
(épouse du sculpteur François Rude) représentant des figures allégoriques faisant référence au contenu des livres (aile Est)
- une galerie des glaces qui s'étend sur toute la longueur de la façade: lambris blancs de style Régence (1971) et parquet des années 30 (aile Est)
- la copie en plâtre de la Porte du Paradis de Ghiberti, charpente et premier étage d'origine (aile Nord)

A gauche du palais d'Egmont commence la rue des Petits Carmes, ainsi appelée à cause du couvent des Carmes déchaussés qui fut fondé, en 1612, entre la Maison d'Egmont et la maison ruinée de Culembourg. Ce couvent fut démoli en 1811 et en 1813 on construisit sur son emplacement une prison dite prison des Petits Carmes.  A travers les biens conventuels on a tracé, depuis, la rue du Pépin.

L'enchaînement des circonstances a poussé cet instrument "en pierres et marbres" de la diplomatie belge, à devenir un instrument de la diplomatie européenne et internationale, sans pour autant renoncer à son attrait premier. Le Palais d'Egmont remplit également un rôle social et humain depuis l'ouverture en octobre 2001 d'une crèche dans les anciennes écuries situées à l'arrière du bâtiment. 27 enfants de fonctionnaires travaillant tant à Bruxelles qu'en poste l'ont déjà fréquentées. Actuellement, 20 enfants y sont accueillis.


A voir, aussi, derrière, le parc d'Egmont, récemment rénové, ainsi que son ancienne orangerie, devenue restaurant.

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