La volatilité des prix des denrées alimentaires - Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO

 

Food price volatility - OECD-FAO Agricultural Outlook 2011-2020 | Français

La préoccupation internationale n'a cessé d'augmenter sur les niveaux et la volatilité des prix des denrées alimentaires. Les prix élevés et volatils attirent le plus l'attention, mais des prix bas peu volatils sont également problématiques.

Des prix volatils sont générateurs d’incertitude et de risque pour les producteurs, les négociants, les consommateurs et les gouvernements et peuvent avoir d’importants impacts négatifs sur le secteur agricole, la sécurité alimentaire et l’économie dans son ensemble à la fois dans les pays développés et en développement.

>> Les déterminants de la volatilité des prix

>> Les défis des pouvoirs publics



Sources: Blé (US No. 2, blé tendre rouge d'hiver, ports États-Unis); maïs (US No.  2, jaune, ports États-Unis); riz (riz blanc, Thaï 100 % B deuxième catégorie, FOB Bangkok); soja (US No. 1, jaune, ports États-Unis


 Quels sont les déterminants de la volatilité des prix ?

De nombreux facteurs déterminent la volatilité des prix. Ces perspectives s’intéressent aux principaux facteurs susceptibles d’influer sur la volatilité des prix qui engendre incertitude et risque pour les producteurs, les négociants, les consommateurs et les gouvernements. La volatilité des prix peut avoir des conséquences négatives considérables sur la filière agricole, la sécurité alimentaire et l’économie au sens large aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement.

  • Météorologie et changement climatique Le facteur le plus souvent à l'origine de la volatilité des prix sur les marchés agricoles est la météorologie. Le changement climatique altère les phénomènes météorologiques, mais son impact sur les événements climatiques extrêmes n’est pas clair.

  • Niveau des stocks :  De tout temps, les stocks ont joué un rôle en atténuant les écarts entre l'offre et la demande des produits agricoles. Quand le niveau des stocks disponibles est bas par rapport à la demande totale, comme c’est actuellement le cas pour les céréales secondaires, la volatilité des prix peut être élevée.

  • Prix de l’énergie :  La volatilité des prix se transmet des marchés de l’énergie aux marchés agricoles du fait de liens croissants au travers des intrants comme les engrais et les transports et au travers de la demande de produits agricoles pour la production de bioénergie.

  • Taux de change :  Les mouvements des monnaies peuvent potentiellement avoir un impact de par le monde sur la sécurité alimentaire et sur la compétitivité car ils affectent les prix domestiques des produits agricoles.

  • Progression de la demande : Si la production ne suit pas le rythme de la demande, les prix auront tendance à augmenter. Le revenu par habitant devrait généralement augmenter avec des hausses allant jusqu’à 50% dans de nombreux pays pauvres. Ceci devrait rendre la demande de produits alimentaires plus inélastique de sorte que seules de plus grandes variations de prix pourraient avoir un impact sur la demande.

  • Pression sur les ressources : Une décélération des gains de productivité est attendue sous l’effet de l’augmentation des coûts des intrants, d’une diffusion plus lente des technologies agricoles, de l’exploitation des terres marginales, des possibilités limitées de doubles récoltes et des contraintes en matières d’irrigation. 

  • Restrictions commerciales : Les restrictions aux exportations ainsi qu’aux importations amplifient la volatilité des prix sur les marchés internationaux.

  • Spéculation : Il y a un consensus de la plupart des chercheurs pour dire que des niveaux élevés d’activité spéculative sur les marchés à termes amplifient les mouvements des prix à court terme même si il n’y a pas de preuve conclusive sur les effets systémiques de plus long terme sur la volatilité.
     

 Les défis des pouvoirs publics


Améliorer la productivité et la résistance du secteur agricole, et réduire les pertes

Ces Perspectives soulignent les défis de taille pour traiter les problèmes d’insécurité alimentaire et les opportunités importantes pour les producteurs de nourriture et de produits agricoles qui accompagnent les prix moyens plus élevés projetés pour la décade à venir. Le défi pour les pouvoirs publics est de parvenir à augmenter la productivité, particulièrement celle des petits producteurs, pour aider les marchés à mieux résister aux chocs externes, pour réduire le gaspillage et pour faire en sorte que les marchés locaux puissent être approvisionnés en quantités croissantes à des prix abordables. 

Les pouvoirs publics doivent investir dans la recherche et le développement agricoles, dans les institutions et les infrastructures afin de rendre le secteur plus productif et mieux à même de résister aux aléas météorologiques et climatiques ainsi qu'à la raréfaction des ressources.

Des investissements sont également requis pour réduire les pertes après de mauvaises récoltes. Sachant que la volatilité des prix devrait perdurer sur les marchés agricoles, il faudra des politiques cohérentes pour l'atténuer et pour en limiter les effets négatifs.


Améliorer l’information sur les marchés et la cohérence des politiques

Atténuer la volatilité : Une transparence accrue des marchés peut réduire la volatilité des prix. Davantage d’efforts sont nécessaires pour perfectionner les systèmes internationaux et nationaux de suivi et de surveillance des perspectives des marchés. Ceci inclut de meilleures données sur la production, les stocks et les échanges pour les produits les plus sensibles en matière de sécurité alimentaire.

L’élimination ou la réduction des distorsions liées à des politiques publiques comme les restrictions aux importations ou aux exportations ou, pour les biocarburants, les mesures de soutien et les obligations peuvent aussi contribuer à réduire la volatilité des prix.

L’information et la transparence sur les marchés à terme devraient être améliorées pour aller vers une harmonisation des mesures entre les différentes bourses d’échange.

Cibler l’assistance aux personnes pauvres et adopter des stratégies de gestion des risques

Gérer la volatilité : Les filets de sécurité sociaux peuvent être pertinents pour protéger les consommateurs les plus vulnérables contre les hausses des prix alimentaires tandis que les filets de sécurité pour les producteurs peuvent contrebalancer de faibles revenus en maintenant leur capacité à s’approvisionner en intrants et à rester dans le système productif.

Des réserves d’urgence pour une assistance ciblée aux personnes pauvres sont utiles pour réduire l’impact des prix élevés. Davantage d’efforts sont requis pour que des dispositifs de gestion des risques axés sur le marché soient disponibles aux plus petits producteurs. Cela inclut l’utilisation de contrats à terme et des marchés à terme des produits.

Les gouvernements peuvent également adopter des stratégies de gestion des risques comme des dispositifs d’assurance pour financer les importations de produits alimentaires en cas de déficit de la production nationale causé par le mauvais temps ou avoir recours à des contrats à option pour bloquer leurs achats d'importations d'aliments.