Les Ministres des Affaires sociales des pays de l’OCDE se réuniront à Paris, les 31 mars et 1er avril 2005, pour examiner comment les politiques sociales peuvent aider les individus et les familles à réaliser pleinement leur potentiel et favoriser la croissance économique. De grands progrès ont été accomplis, sur le plan social, dans tous les pays. Mais des problèmes subsistent. Différents types de risques restent, aujourd’hui encore, trop largement présents : risque de pauvreté dans l’enfance, risque d’exclusion du travail aux âges de forte activité, et risque d’isolement et de perte d’autonomie durant la vieillesse. Les politiques sociales actives, qui encouragent l’indépendance économique des individus, apportent des solutions à ces problèmes. Des mesures s’imposent d’urgence avant que le phénomène du vieillissement de la population ne rende les réformes plus difficiles encore.
Les Ministres réfléchiront aux mesures à prendre pour relever ces défis sur le plan social. Ils examineront aussi la question de la définition des droits et responsabilités en matière de politique sociale avec des organisations non gouvernementales. Les débats s’articuleront autour de quelques grands axes :

Comment investir au mieux dans les familles et dans les enfants - Investir dans les familles permet de donner aux enfants le meilleur départ possible dans la vie, et c’est un moyen de stimuler la croissance économique. En aidant les parents à gagner leur vie et à faire face à leurs obligations familiales, on réduira le risque de voir les enfants grandir dans la pauvreté et dans un certain abandon. Des mesures destinées à promouvoir le développement des enfants et à aider à concilier la vie de famille et l’activité professionnelle sont indispensables. Mais les pouvoirs publics ne peuvent tout faire seuls – il faut que le monde du travail s’adapte aux contraintes des parents. Des politiques favorables aux familles pourraient aussi stimuler les taux de natalité.

Comment instaurer un meilleur équilibre de la politique sociale entre les générations - Le vieillissement de la population exige un nouvel équilibre des politiques sociales et des dépenses entre les générations. Il faut réformer les systèmes de pension et de prise en charge de longue durée, ce que certains pays de l’OCDE ont, d’ailleurs, d’ores et déjà entrepris de faire. Les droits à pension ont souvent été réduits et les mécanismes qui poussaient à des retraits précoces de l’activité ont été corrigés. Ces mesures aideront à limiter la pression sur les dépenses de pension, mais elles pourraient aussi engendrer un risque accru de pauvreté chez les pensionnés. Un suivi attentif et des filets de sécurité appropriés seront indispensables pour éviter que les personnes âgées ne connaissent des situations de pauvreté à l’avenir. Il convient aussi de trouver le moyen d’assurer l’accès à une prise en charge de longue durée de qualité à ceux qui en ont besoin sans faire peser une charge excessive sur les contribuables d’âge actif ou sur les soignants.

Comment concevoir des politiques sociales actives pour lutter contre la pauvreté - Les pays de l’OCDE doivent privilégier les politiques sociales actives. Cela signifie réorienter les bénéficiaires de prestations vers l’emploi pour ne pas les maintenir dans des situations de dépendance. On sait que certaines politiques sociales actives sont efficaces. On peut citer, par exemple, les aides sociales et les aides à l’emploi, lorsqu’elles sont bien conçues ; les mesures destinées à valoriser le travail ; l’obligation faite aux bénéficiaires de prestations de rechercher un emploi ou de suivre une formation ; et une meilleure coordination entre les différentes agences publiques. Mais il ne suffit pas d’assurer l’accès à un emploi : encore faut-il aider les gens à conserver leur emploi et à avoir une évolution professionnelle. Il ne s’agit pas seulement de favoriser le passage de l’aide sociale à l’emploi mais de promouvoir le bien être dans l’emploi.

Comment définir les droits et responsabilités des différents acteurs de la société dans le domaine de la protection sociale - Les pouvoirs publics ne peuvent pas tout faire : les individus, les employeurs et les intervenants locaux ont, eux aussi, des responsabilités à assumer en matière de politique sociale. Les individus peuvent souhaiter un plus large choix de services ; les intervenants locaux comprennent mieux que les autorités centrales les besoins de ceux qui sont avec eux dans une relation de proximité ; et il est de l’intérêt des employeurs de jouer un plus grand rôle dans le domaine de la protection sociale. Les entreprises qui réussiront, à l’avenir, auront dans leur effectif des parents, des personnes handicapées et des travailleurs d’un certain âge. Mais les pouvoirs publics auront toujours un rôle éminent à jouer en garantissant l’égalité d’accès aux services et en veillant à la continuité de la qualité des services sociaux dispensés par le secteur privé.

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Accroître les chances de chacun - Pour une politique sociale active au bénéfice de tous

Cet ouvrage montre qu'une protection sociale bien conçue est un atout vital à l’appui du développement social.

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