PISA à la Loupe N°38 blog : Les jeunes de 15 ans sont-ils bons en résolution de problèmes ?

 

Les jeunes de 15 ans sont-ils bons en résolution de problèmes ?

Face à des économies et des sociétés devenant toujours plus complexes, notre réussite, tant sur le plan personnel que professionnel, est de plus en plus déterminée par notre capacité à nous adapter à la nouveauté, à apprendre de nos erreurs et à tester de nouvelles approches. S’agit-il de compétences que l’école enseigne aux jeunes de 15 ans d’aujourd’hui ?

L’enquête PISA 2012 s’est intéressée à cette question en proposant une évaluation spécialement dédiée à la résolution créative de problèmes. Les élèves de 44 pays et économies ont pris part à cette évaluation informatisée qui les invitait à résoudre des problèmes interactifs inspirés de la vie réelle, comme trouver la cause à l’origine du dysfonctionnement d’un lecteur MP3 ou planifier un itinéraire. L’objectif était d’évaluer leur capacité à résoudre des problèmes dont la solution n’est pas immédiatement évidente et de démonter ainsi leur ouverture à la nouveauté, leur capacité à accepter le doute et l’incertitude, et leur aptitude à raisonner et apprendre dans des situations ne relevant pas de contextes scolaires.

Les résultats de l’enquête PISA, publiés aujourd’hui, montrent que les élèves de Singapour et de Corée, suivis de ceux du Japon, obtiennent de meilleurs résultats en résolution de problèmes que les élèves de tous les autres pays et économies participants. Dans ces pays, les élèves présentent des qualités d’apprentissage telles que la rapidité, une très grande curiosité et la capacité à résoudre des problèmes non structurés s’inscrivant dans des contextes non familiers. Quatre autres économies partenaires d’Asie de l’Est se classent entre la 4e et la 7e place : Macao (Chine), Hong-Kong (Chine), Shanghai (Chine) et le Taipei chinois (par ordre décroissant de leur score moyen). Le Canada, l’Australie, la Finlande, l’Angleterre (Royaume-Uni), l’Estonie, la France, les Pays-Bas, l’Italie, la République tchèque, l’Allemagne, les États-Unis et la Belgique (par ordre décroissant de leur score moyen) obtiennent tous des résultats supérieurs à la moyenne de l’OCDE, mais inférieurs à ceux du premier groupe de pays et économies susmentionnés.  

Le simple fait qu’un élève obtienne de bons résultats dans les matières scolaires fondamentales ne garantit pas sa bonne performance en résolution de problèmes. En Australie, au Brésil, en Corée, aux États-Unis, en Italie, au Japon, à Macao (Chine), en Angleterre (Royaume-Uni) et en Serbie, les élèves affichent un niveau de compétence en résolution de problèmes significativement plus élevé, en moyenne, que celui des élèves d’autres pays dont la performance en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences est similaire. Ces résultats indiquent, par exemple, que les meilleurs élèves d’Australie et des États-Unis ne se contentent pas d’assimiler les matières du programme ; ils apprennent également à élargir leurs connaissances et à utiliser ces dernières dans des situations ne relevant pas de contextes scolaires. Dans certains pays, toutefois, ces résultats peuvent également être le signe que les établissements d’enseignement n’exploitent pas toujours au maximum le potentiel de leurs élèves dans les matières scolaires fondamentales.

Nombre des pays et économies les plus performants en résolution de problèmes sont ceux qui obtiennent une performance supérieure à celle escomptée dans les tâches d’acquisition de connaissances, qui requièrent un niveau élevé de compétences de raisonnement et de capacités d’apprentissage autodirigé. D’un autre côté, par comparaison avec des élèves présentant un niveau similaire de performance globale, les élèves du Brésil, de Corée, des États-Unis et d’Irlande obtiennent les meilleurs résultats en résolution de problèmes interactifs, qui demandent aux élèves d’explorer la situation du problème afin de trouver des informations pertinentes et d’adapter leur stratégie en fonction des informations qu’ils découvrent à mesure qu’ils avancent dans la résolution. Pour résoudre des problèmes interactifs, les élèves doivent se montrer ouverts à la nouveauté, accepter le doute et l’incertitude, et oser utiliser leur intuition pour amorcer une solution. 

Les jeunes de 15 ans d’aujourd’hui sont les Robinson Crusoé d’un avenir qui nous reste encore largement inconnu. Ils devront s’adapter à un environnement en constante évolution, occuper des emplois qui n’existent pas aujourd’hui, en se servant d’outils dont ils n’ont rien appris à l’école. La capacité de chacun à s’adapter, apprendre, être ouvert à la nouveauté et toujours prêt à tirer des leçons de ses erreurs est donc essentielle pour surmonter les obstacles et réussir dans ce monde imprévisible.

Les résultats de l’évaluation PISA des compétences en résolution de problèmes montrent le rôle essentiel que les enseignants et les établissements d’enseignement peuvent jouer pour préparer les élèves à affronter – et à résoudre – le type de problèmes qui se présentent presque tous les jours au XXIe siècle. Dans les pays et économies les plus performants en résolution de problèmes, les élèves ne se contentent pas d’assimiler les matières du programme obligatoire ; ils apprennent également à transformer les problèmes de la vie réelle en autant de possibilités d’apprentissage – en se montrant inventifs dans la recherche de solutions et en menant des raisonnements ciblés à partir de situations ne relevant pas de contextes scolaires.

Pour consulter le rapport complet (en anglais)

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