Etude économique de la Zone Euro 2009 : Principaux Enjeux

 

Contenu | Résumé Résumé | Obtenir cette publication | Information complémentaires
Retour à la page principale

 

Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 1 de l'Etude économique de la Zone Euro,  publiée le 14 Janvier 2009.

 

Contenu

 

La priorité pour tous les pays membres est de trouver des solutions à la crise financière et de les mettre en œuvre rapidement.

La zone euro est parvenue à un niveau élevé de stabilité macroéconomique durant la première décennie de l’union économique et monétaire. L’un des principaux atouts a été la fin des désordres et des réajustements qui affectaient les taux de change. Toutefois, les turbulences que traversent les marchés de capitaux depuis l’été de 2007 et leur intensification depuis la mi septembre 2008 ont eu de lourdes conséquences pour l’économie mondiale. Même si le marché américain des prêts hypothécaires à haut risque est la cause immédiate de ces turbulences, les marchés de capitaux et les institutions financières de la zone euro ont pris part au cycle prolongé du crédit observé ces dernières années et ont subi de plein fouet l’aggravation des tensions sur les marchés de capitaux. C’est la première crise financière que connaît la zone euro. Aujourd’hui, la priorité pour tous les pays membres est de trouver des solutions à la crise financière et de les mettre en œuvre rapidement. Face à ces évolutions, il faut éviter les mesures qui anéantiraient les objectifs à plus long terme. La réponse qui s’impose devant la possibilité d’une déstabilisation financière met en cause un grand nombre d’intervenants : les autorités de régulation financière, les instances de surveillance, les banques centrales et les ministères des Finances.


La tourmente financière a contribué à faire entrer l’économie dans la récession. La croissance économique devrait rester faible jusqu’en 2010.

L’activité économique a commencé de se ralentir durant la première partie de 2007 et elle n’a cessé de s’affaiblir, la production reculant aux deuxième et troisième trimestres de 2008. Les cinq années précédentes s’étaient caractérisées par une reprise soutenue de l’activité, à la faveur d’une vive progression des exportations et de l’investissement. La demande ayant eu tendance à se rapprocher des capacités, la politique monétaire a été durcie à partir de décembre 2005. L’euro s’est régulièrement apprécié et, au milieu de 2008, il avait progressé de 30 % en termes effectifs nominaux par rapport au milieu de 2002. Il se maintient à un niveau élevé malgré sa baisse récente. Depuis que s’est amorcé le ralentissement de la croissance, la zone euro a subi trois grands chocs macroéconomiques : les prix de l’énergie et des produits alimentaires ont fortement augmenté, le cycle mondial du crédit s’est retourné, ce qui s’est traduit par de graves turbulences prolongées sur les marchés internationaux de capitaux, et le cycle de l’immobilier a atteint son point haut dans plusieurs pays. L’effet global de ces chocs a commencé de se faire sentir dans la zone euro, bien que l’appréciation de l’euro ait eu un effet d’amortissement sur les prix à l’importation, l’intensité pétrolière de la production soit plus faible, le cycle du logement soit moins prononcé, les bilans des ménages soient relativement sains et les activités financières qui se trouvent au cœur de la crise soient plus distanciées. Les dernières prévisions de l’OCDE estiment que la production continuera de s’affaiblir au quatrième trimestre de 2008 et au premier semestre de 2009, avant de se reprendre progressivement. La croissance ne devrait pas dépasser le taux tendanciel avant la fin du deuxième semestre de 2010.


Malgré la récente réduction des taux directeurs, les conditions financières ne sont pas particulièrement acccommodantes.

La politique monétaire a été durcie entre la fin de 2005 et juillet 2008, le taux directeur passant de 2 à 4¼ pour cent devant l’aggravation des risques d’instabilité des prix. Les taux directeurs ont été réduits de 50 points de base en octobre 2008 en coordination avec six autres banques centrales du fait de la baisse des prix des produits de base, du ralentissement de l’inflation et du recul des anticipations inflationnistes. Une nouvelle réduction de 50 points de base est intervenue début novembre. De plus, l’intensification des turbulences financières durant la deuxième moitié de septembre 2008 a aggravé les risques de ralentissement de la croissance et a diminué encore les risques d’instabilité des prix. Les taux réels ex ante paraissent maintenant proches ou inférieurs à leur moyenne sur longue période. Mais les écarts de taux restent marqués du fait des turbulences financières et les banques pratiquent des conditions de crédit plus restrictives qu’avant ces turbulences, bien que le rythme d’expansion du crédit au secteur non financier ne se soit ralenti que progressivement. Le taux de change nominal s’est fortement apprécié malgré un léger recul depuis le printemps de 2008. Bien que les taux directeurs aient nettement été réduits récemment, les conditions financières ne sont pas particulièrement accommodantes.


Les autorités monétaires doivent être prêtes à réagir en cas de désancrage des anticipations inflationnistes.

L’inflation s’est nettement accélérée depuis le début de 2007, atteignant 4 % au milieu de 2008. Auparavant, elle restait proche – mais au dessus – du niveau correspondant à la définition de la stabilité des prix par la Banque centrale européenne. La nette recrudescence de l’inflation tenait en grande partie à une flambée imprévue des prix mondiaux de l’énergie et des produits alimentaires, sur laquelle la politique monétaire ne peut guère exercer d’influence. L’inflation tendancielle (hors énergie et produits alimentaires) est demeurée inférieure à 2 % et la hausse dans les services a été stationnaire, à environ 2½ pour cent. Cela montre qu’il n’y a pas eu jusqu’à présent d’amples effets de second tour, bien que les coûts unitaires de main d’œuvre se soient accélérés, traduisant la persistance des pressions sur les prix. En outre, la hausse du coût de l’énergie freine la croissance potentielle. L’inflation globale diminue depuis juillet 2008 et si le récent fléchissement des prix des produits de base est durable, elle pourrait descendre nettement au-dessous de 2 % au cours de 2009 selon les prévisions de l’OCDE. Avec une faible croissance de la production, le sous emploi des ressources pourrait être marqué dès lors que la croissance potentielle ne se ralentit pas trop, ce qui atténuera les pressions sous jacentes sur les salaires et les prix. Avec de telles prévisions, un nouvel assouplissement de la politique monétaire serait possible, mais ce scénario est entouré d’une extrême incertitude. Si les conditions financières devaient être plus restrictives que prévu ou l’activité se contractait très rapidement, de plus fortes baisses des taux d’intérêt pourraient être nécessaires. En revanche, si les tensions inflationnistes sont plus prononcées que prévu, la marge de manœuvre sera limitée. Les autorités monétaires doivent être prêtes à réagir en cas de désancrage des anticipations inflationnistes.


La BCE a mis en place un cadre sophistiqué de politique monétaire, mais pourrait faire davantage pour améliorer la communication de ses prévisions et son analyse monétaire.

L’euro a su s’affirmer comme une monnaie stable et la BCE a mis en place un cadre sophistiqué de politique monétaire. Durant les dix premières années de l’union monétaire, l’inflation a été proche de 2 % en moyenne – en dépassant légèrement ce chiffre – et elle est restée aux alentours de ce niveau relativement faible aussi bien par rapport au passé que par rapport aux autres économies développées. Ce résultat a pu être obtenu grâce à la stratégie à deux piliers de la BCE. Une communication claire est un volet essentiel de ce succès, mais il faudrait apporter certaines améliorations. La BCE devrait diffuser auprès du public des prévisions faisant apparaître des profils trimestriels à un horizon suffisamment lointain pour permettre d’absorber totalement les effets immédiats des chocs et des changements de politique ; cela pourrait aider à la formation des anticipations d’inflation. Mais toute amélioration des prévisions actuelles devra être pleinement conforme à la stratégie à deux piliers de la BCE, qui relie déjà les anticipations inflationnistes aux évolutions monétaires. Dans ce contexte, des explications plus détaillées et plus régulières concernant les analyses conduites pour le pilier monétaire du cadre de la BCE informeraient mieux le public sur les conséquences de la croissance monétaire actuelle pour l’inflation future et sur la façon dont les taux directeurs sont fixés. La décision qu’a prise le Conseil des gouverneurs en 2007 d’étoffer son analyse monétaire sur plusieurs aspects bien définis devrait remédier au besoin d’informations supplémentaires.


La BCE a utilisé son cadre d’action pour améliorer la liquidité des marchés et limiter la hausse des taux d’intérêt du marché, même si ceux-ci dépassent leur niveau antérieur aux turbulences.

L’instabilité financière actuelle s’est traduite par de fortes turbulences sur les marchés monétaires. Éprouvant des difficultés à évaluer leurs engagements sur le marché américain des prêts hypothécaires à haut risque, les banques ont été réticentes à se faire crédit. En conséquence, les taux d’intérêt des marchés monétaires ont fortement augmenté. La BCE et les autres banques centrales ont fourni des liquidités au système bancaire via différents types d’opérations de refinancement. L’apport de liquidités supplémentaires a enrayé l’accroissement des écarts de taux sur les marchés monétaires durant la première vague de turbulences monétaires, mais avec la recrudescence des tensions financières en septembre et au début d’octobre 2008, ces écarts se sont considérablement creusés, ce qui a donné lieu à de nouvelles injections coordonnées de liquidités de la part de la BCE et des autres banques centrales. La BCE n’a guère dû modifier son cadre d’action, car un large éventail de garanties était déjà accepté, un grand nombre d’institutions avaient accès à ses opérations monétaires et les banques doivent respecter un niveau relativement élevé de réserves, lesquelles sont rémunérées. La BCE a tiré parti de la flexibilité de ce cadre pour améliorer la liquidité des marchés, en particulier à partir de la mi septembre 2008, lorsque les turbulences se sont aggravées. Par exemple, elle a introduit une adjudication à taux fixe d’un montant illimité pour ses principales opérations de refinancement et elle a allongé la liste des garanties éligibles. L’action de la BCE et ses campagnes de communication ont contribué à limiter la hausse des taux d’intérêt du marché, même si ceux-ci dépassent leur niveau antérieur aux turbulences. Il faudrait prendre en compte les leçons à tirer de ces événements pour la tarification des garanties et la maîtrise des risques. 

 

Obtenir cette publication

 

Pour consulter l'édition complète de l'Etude économique de l'OCDE de la Zone Euro :

  • Les souscripteurs et lecteurs dans des organismes qui y souscrivent on le droit d'y accéder par SourceOCDE, notre bibliothèque en ligne.

  • Ceux qui ne souscrivent pas ont la possibilité de l'acheter à notre Librairie en ligne.

  • Passer commande auprès de votre distributeur local.

  • Les fonctionnaires gouvernmentaux disposant d'un compte (inscription) doivent cliquer sur l'onglet "Publications" sur Olis.

  • Les journalistes accrédités ont la possibilité de demander l'accès à un site protégé par un mot de passe .

Télécharger la Synthèse (en pdf). La Synthèse contient les évaluations et recommandations de l'OCDE.

 

Informations complémentaires

Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de la Zone Euro du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org.

Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par  Nigel Pain, Jeremy Lawson, Sebastian Barnes et Marte Sollie  sous la direction de Peter Hoeller. La recherche statistique a été effectuée par Isabelle Duong.

 

 

 

Also Available

Countries list

  • Afghanistan
  • Afrique du Sud
  • Albanie
  • Algérie
  • Allemagne
  • Andorre
  • Angola
  • Anguilla
  • Antigua-et-Barbuda
  • Antilles Néerlandaises
  • Arabie Saoudite
  • Argentine
  • Arménie
  • Aruba
  • Australie
  • Autorité Nationale Palestinienne
  • Autriche
  • Azerbaïdjan
  • Bahamas
  • Bahreïn
  • Bangladesh
  • Barbade
  • Belgique
  • Belize
  • Bermudes
  • Bhoutan
  • Bolivie
  • Bosnie-Herzégovine
  • Botswana
  • Brunéi Darussalam
  • Brésil
  • Bulgarie
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Bélarus
  • Bénin
  • Cambodge
  • Cameroun
  • Canada
  • Cap-Vert
  • Caïmanes, Îles
  • Centrafricaine, République
  • Chili
  • Chine (République populaire de)
  • Chypre
  • Colombie
  • Comores
  • Congo, La République Démocratique du
  • Corée
  • Corée, République Populaire Démocratique de
  • Costa Rica
  • Croatie
  • Cuba
  • Côte D'ivoire
  • Danemark
  • Djibouti
  • Dominicaine, République
  • Dominique
  • Egypte
  • El Salvador
  • Emirats Arabes Unis
  • Equateur
  • Erythrée
  • Espagne
  • Estonie
  • Etats Fédérés de Micronésie
  • Etats-Unis
  • Ethiopie
  • ex-République yougouslave de Macédoine (ERYM)
  • Fidji
  • Finlande
  • France
  • Gabon
  • Gambie
  • Ghana
  • Gibraltar
  • Grenade
  • Groenland
  • Grèce
  • Guatemala
  • Guernesey
  • Guinée Équatoriale
  • Guinée-Bissau
  • Guinéee
  • Guyana
  • Guyane Française
  • Géorgie
  • Haïti
  • Honduras
  • Hong Kong, Chine
  • Hongrie
  • Ile de Man
  • Ile Maurice
  • Iles Cook
  • Iles Féroé
  • Iles Marshall
  • Iles Vierges Britanniques
  • Iles Vierges des États-Unis
  • Inde
  • Indonésie
  • Iraq
  • Irlande
  • Islande
  • Israël
  • Italie
  • Jamaïque
  • Japon
  • Jersey
  • Jordanie
  • Kazakstan
  • Kenya
  • Kirghizistan
  • Kiribati
  • Koweït
  • l'Union européenne
  • Lao, République Démocratique Populaire
  • le Taipei chinois
  • Lesotho
  • Lettonie
  • Liban
  • Libye
  • Libéria
  • Liechtenstein
  • Lituanie
  • Luxembourg
  • Macao
  • Madagascar
  • Malaisie
  • Malawi
  • Maldives
  • Mali
  • Malte
  • Maroc
  • Mauritanie
  • Mayotte
  • Mexique
  • Moldova
  • Monaco
  • Mongolie
  • Montserrat
  • Monténégro
  • Mozambique
  • Myanmar
  • Namibie
  • Nauru
  • Nicaragua
  • Niger
  • Nigéria
  • Nioué
  • Norvège
  • Nouvelle-Zélande
  • Népal
  • Oman
  • Ouganda
  • Ouzbékistan
  • Pakistan
  • Palaos
  • Panama
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée
  • Paraguay
  • Pays-Bas
  • Philippines
  • Pologne
  • Porto Rico
  • Portugal
  • Pérou
  • Qatar
  • Roumanie
  • Royaume-Uni
  • Russie, Fédération de
  • Rwanda
  • République du Congo
  • République Islamique d' Iran
  • République Tchèque
  • Sahara Occidental
  • Saint-Kitts-et-Nevis
  • Saint-Marin
  • Saint-Vincent-et-les Grenadines
  • Sainte-Hélène
  • Sainte-Lucie
  • Salomon, Îles
  • Samoa
  • Sao Tomé-et-Principe
  • Serbie
  • Serbie et Monténégro (avant juin 2006)
  • Seychelles
  • Sierra Leone
  • Singapour
  • Slovaquie
  • Slovénie
  • Somalie
  • Soudan
  • Soudan du Sud
  • Sri Lanka
  • Suisse
  • Suriname
  • Suède
  • Swaziland
  • Syrienne, République Arabe
  • Sénégal
  • Tadjikistan
  • Tanzanie
  • Tchad
  • Thaïlande
  • Timor-Leste (Timor Oriental)
  • Togo
  • Tokelau
  • Tonga
  • Trinité-et-Tobago
  • Tunisie
  • Turkménistan
  • Turks et Caïques, Îles
  • Turquie
  • Tuvalu
  • Ukraine
  • Uruguay
  • Vanuatu
  • Venezuela
  • Viêt Nam
  • Wallis et Futuna
  • Yémen
  • Zambie
  • Zimbabwe