Agriculture durable

Agriculture et changement climatique : impacts, atténuation et adaptation

 

 

L’agriculture doit s’adapter aux répercussions considérables du changement climatique, tout en produisant de la nourriture pour une population en augmentation. Respecter les engagements pris en matière de changement climatique, de sécurité alimentaire et de commerce soulève des difficultés et ouvre des perspectives à l’industrie agroalimentaire.

L’agriculture est l’un des rares secteurs capables de contribuer à la fois à l’atténuation et à la séquestration des émissions de carbone et il est nécessaire de tenir compte de l’empreinte carbone de l’agriculture, en particulier si cette activité est prise en considération dans les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, il reste à résoudre les problèmes que soulèvent l’étendue et la variabilité des estimations, ainsi que la complexité de la prise en compte du changement indirect de l’affectation des sols et l’incertitude qui lui est inhérente.

L’action publique jouera un rôle dans le renforcement de l’aptitude de l’agriculture à s’adapter au changement climatique, tout en contribuant également à la réalisation d’autres objectifs environnementaux. Les travaux menés par l’OCDE continueront de soutenir le processus qui fera suite à la Conférence de Copenhague sur le changement climatique tenue en décembre 2009. 


Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, en 2004, l’agriculture a été directement responsable de 14 % des émissions anthropiques mondiales de gaz à effet de serre (GES), mais l’incertitude scientifique laisse penser que ce pourcentage pourrait être beaucoup plus élevé. L’utilisation des terres, les changements d’affectation des terres et la foresterie représentent pour leur part 17 %.

Émissions mondiales de GES par secteurs


L’agriculture est particulièrement vulnérable au changement climatique. Il ressort des projections à l’horizon 2050 que les températures moyennes mondiales augmenteront, que le temps sera plus variable, et que cela aura des conséquences sur les types de production agricole et leur distribution à l’échelle mondiale. Le changement climatique détériorera aussi les conditions de vie de beaucoup de gens qui sont déjà vulnérables, en particulier dans les pays en développement, parce qu’ils manquent de ressources et ne sont pas couverts comme il faudrait par une assurance.

Ces impacts aggravent les problèmes clés auxquels sont confrontés les pouvoirs publics, dont la nécessité de produire davantage de nourriture pour une population croissante. Dans la mesure où les projections annoncent plus de 9 milliards d’habitants sur la planète en 2050, la production alimentaire devra avoir doublé d’ici là par rapport à aujourd’hui.


Répercussions du changement climatique sur l’agriculture dans l’OCDE

Source : réalisé à partir de la contribution du Groupe de travail II au Quatrième rapport d’évaluation du GIEC

Parallèlement, pour limiter l’élévation future de la température mondiale à 2° C, comme le recommande le GIEC, il faudra réduire les émissions anthropiques mondiales de GES de 50 % au moins d’ici à 2050, par rapport au niveau atteint en 1990. Pour l’instant, les émissions de l’agriculture ne sont pas plafonnées, mais plusieurs pays membres de l’OCDE mettent d’ores et déjà en œuvre des plans d’atténuation.

Outre la réduction des émissions de l’agriculture elle-même, la séquestration du carbone dans les sols agricoles peut contribuer sensiblement à la compensation des émissions des autres secteurs. Du point de vue des objectifs à long terme de la politique climatique, certaines possibilités d’atténuation offertes par l’agriculture affichent un coût compétitif par rapport à certaines solutions non agricoles.

Il est difficile de mesurer les émissions de GES des activités agricoles. Premièrement, la production est extrêmement morcelée (les exploitants sont nombreux) et elle s’inscrit dans un large éventail de conditions géographiques et climatiques, en vertu de quoi les émissions sont non seulement très variables, mais aussi très difficiles et très chères à mesurer précisément. Deuxièmement, une très grande incertitude scientifique demeure, du fait que les émissions de GES imputables à l’agriculture sont soumises aux interactions complexes de nombreux facteurs tels que les conditions météorologiques, le type de sol, le relief et les pratiques de production.

Il est difficile également de rendre compte des changements indirects de l’affectation des sols liés à la production agricole. La récente flambée des prix alimentaires dans le monde a mis en évidence l’influence des politiques agricoles sur les marchés mondiaux des produits alimentaires et de l’énergie. En particulier, les liens entre la production de biocarburants à partir de produits agricoles (souvent subventionnée), les changements d’affectation des sols qui en découlent et les prix des aliments démontrent qu’il importe d’anticiper les conséquences dans leur diversité.

Atténuation
Si l’on s’en tient aux possibilités offertes par les technologies existantes pour réduire les émissions de GES dans l’agriculture, une forte atténuation peut être obtenue moyennant l’amélioration de la gestion des terres cultivées et des pâturages, la remise en état des sols dégradés et des changements d’affectation des terres (agroforesterie, par exemple). Les émissions imputables à l’élevage peuvent être limitées grâce au perfectionnement de l’alimentation des animaux et de la gestion des effluents.

Qui plus est, les terres cultivées et les pâturages sont à même de retenir des quantités considérables de carbone et donc de contribuer à compenser les émissions d’autres sources, tout en améliorant la qualité et la santé des sols.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires, notamment en vue de déterminer :

  • le potentiel technique et économique de diverses solutions d’atténuation et de séquestration, sans négliger l’analyse du cycle de vie ;
  • comment résoudre les pressions liées à l’affectation indirecte des terres avec les biocarburants de deuxième génération ;
  • comment réduire les émissions de GES dues aux cultures et à l’élevage.


Adaptation
Les conditions pourraient s’améliorer dans certaines régions du monde, mais dans l’ensemble, on s’attend à ce que le changement climatique ait un effet négatif sur la production agricole mondiale si rien n’est fait. Les concentrations accrues de GES dans l’atmosphère rendent d’ores et déjà inévitable une certaine modification du climat.

De plus, compte tenu des longs délais nécessaires pour que les efforts d’atténuation aient une incidence, une adaptation des producteurs sera indispensable. Celle-ci passera par exemple par la modification des pratiques de gestion des exploitations et l’adoption de nouvelles variétés, de nouveaux végétaux ou de nouvelles races animales plus adaptés aux conditions climatiques de demain.

A mesure que la production agricole augmentera, le déficit de ressources se fera de plus en plus sentir, notamment dans le cas de l’eau. L’agriculture représente globalement environ 70 % des prélèvements mondiaux d’eau douce (45 % dans les pays de l’OCDE). On s’attend à ce que le changement climatique modifie le calendrier saisonnier des précipitations et de la fonte des neiges et à ce que cela se traduise par une multiplication et une aggravation des inondations et des sécheresses. Il sera nécessaire d’appliquer plus systématiquement les principes de la durabilité à la gestion de l’agriculture, qu’elle soit irriguée ou non, afin de réduire les risques qui en résulteront pour la production.

Action publique
L’action publique peut jouer un rôle important dans la perspective d’assurer la viabilité de l’agriculture face au changement climatique. Les réformes de la politique agricole, notamment dans l’optique du découplage, réduisent les distorsions de la production de certains produits. Les futures réformes pourraient mieux cibler certains résultats environnementaux, par exemple en favorisant les techniques de production qui engendrent peu d’émissions de GES ou qui les limitent au minimum.

Les moyens d’action propices à l’atténuation et à l’adaptation devront être renforcés. Ils seront probablement plus efficaces s’ils s’inscrivent dans des stratégies à long terme liées aux réformes de la politique agricole, à la gestion des risques, à la recherche-développement et aux démarches fondées sur les lois du marché. Parmi les exemples figurent les assurances récolte et les assurances contre les catastrophes naturelles, la recherche sur les variétés végétales et les races animales mieux adaptées aux nouvelles conditions climatiques, et les incitations à l’utilisation rationnelle de l’eau.

Pour aider l’agriculture à faire face au changement climatique et à l’augmentation de la demande d’aliments, il est nécessaire que les pouvoirs publics adoptent une démarche cohérente qui aboutisse à :

  • assurer un cadre d’action stable qui transmette des signaux sans ambiguïté aux consommateurs et aux producteurs quant aux coûts et aux avantages des activités d’atténuation/séquestration des GES ;
  • fixer un prix réel ou implicite au carbone, de manière à inciter les producteurs et les consommateurs à investir dans les produits, technologies et procédés qui provoquent peu d’émissions de GES ;
  • stimuler l’application des technologies existantes et investir dans la R-D sur les nouvelles technologies permettant de réduire les émissions de GES et d’accroître la productivité ;
  • accroître les moyens permettant de mieux comprendre et mesurer les effets de l’agriculture sur les GES  pour évaluer les progrès accomplis au regard des objectifs nationaux et internationaux relatifs au changement climatique ;
  • améliorer la capacité d’adaptation des producteurs au changement climatique et indemniser les catégories les plus vulnérables.

A la suite de la Conférence de Copenhague, l’OCDE continuera à examiner le rôle des changements d’affectation des terres dans l’agriculture (et les liens avec la sylviculture), à développer des outils pour analyser l’élaboration et la mise en œuvre de politiques performantes afin que l’agriculture puisse s’adapter au changement climatique et l’atténuer, et à faciliter le partage entre les pays de leurs expériences relatives aux mesures destinées à faire face au changement climatique dans l’agriculture.

 

Références

OCDE (2009): "Climate Change and Agriculture: Impacts, Adaptation, Mitigation and Options for the OECD" [COM/TAD/CA/ENV/EPOC(2009)13] – disponible uniquement en anglais.
Note: l’accès à ce document se fait par l’intermédiaire d’un compte OLIS : http://olisweb.oecd.org/

 

 

 

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