Etude économique de la Suisse 2009 : Sortir de la crise

 

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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 1 de l'Etude économique de la Suisse , publiée le 15 janvier 2010.

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La récession a été profonde et a déclenché des mesures de politique monétaire décisives

Comme dans la plupart des pays de l’OCDE, la crise financière et économique mondiale a précipité l’économie suisse dans une profonde récession, en raison de l’ouverture du pays au commerce international et du poids relativement élevé de l’intermédiation financière dans l’activité économique. La Suisse a jusqu’ici mieux supporté l’impact de la crise mondiale que ses principaux partenaires commerciaux, grâce à une spécialisation sectorielle dans des produits manufacturés moins sensibles au cycle, au levier financier modéré des emprunteurs nationaux dans le secteur non financier privé, à la résilience du crédit intérieur et à l’absence d’un cycle du logement. L’intervention de l’État et de la banque centrale à l’appui de l’UBS, première banque du pays, a aussi contribué à contenir les effets de la crise. L’exposition du secteur public à des pertes potentielles en raison du programme de renflouement est modérée au regard des autres pays, malgré le poids considérable des plus grosses banques dans l’économie. La Banque nationale suisse (BNS) a agi de façon décisive pour maintenir la liquidité sur le marché du crédit interbancaire, en ramenant à un taux proche de zéro les taux d’intérêt sur ses opérations de pension, contribuant à la réduction des marges des taux sur les prêts interbancaires, en intervenant pour stopper l’appréciation du franc suisse et en achetant des obligations libellées en francs suisses. La politique budgétaire prudente menée dans le passé autorisait une relance budgétaire en 2009 et 2010, mais la stimulation a été modeste par rapport aux autres pays de l’OCDE : elle devrait représenter environ 0.6 % du PIB en 2009 et en 2010.


La reprise semble engagée, mais le dispositif de relance devra être retiré avec précaution

Le PIB réel de la Suisse a continué de décroître au second trimestre, mais à un rythme bien plus faible qu’au paravent. Les indicateurs précurseurs montrent qu’une reprise est en cours. Selon les dernières prévisions de l’OCDE, l’activité devrait se contracter de 2 % en 2009 et la croissance devrait reprendre à un rythme de 1 % en 2010 et de 2 % en 2011, avec un taux de chômage qui pourrait atteindre 5 %. Le calendrier de sortie de crise sera crucial pour la politique monétaire et budgétaire. La reprise restant fragile, l’orientation monétaire expansionniste actuelle devra être maintenue jusqu’à ce que la reprise se raffermisse et que les pressions déflationnistes s’estompent. Il faudra toutefois éliminer progressivement la relance monétaire pour que la stabilité des prix à moyen terme ne soit pas menacée par l’excédent de liquidité qui a été créé. De même, il faudrait éviter que l’orientation de la politique budgétaire devienne restrictive en 2010, car certains cantons vont sans doute annuler en partie la relance budgétaire en 2010 par suite d’un durcissement des règles budgétaires. Un renforcement de la coopération budgétaire entre les cantons et la Confédération faciliterait la mise en œuvre d’un dosage approprié des politiques, à la fois dans la phase de reprise du cycle actuel et à plus long terme, tout en veillant à l’indépendance budgétaire des cantons garantie par la constitution.


Contribution de la valeur ajoutée du secteur financier à la croissance économique

Contributions au taux de croissance en glissement annuel, à prix constants

 

Source: OCDE, base de données des Perspectives économiques, n° 86 ; Secrétariat d'Etat à l'Économie (SECO).

 

La crise aura sans doute un impact durable sur l’économie

À moyen terme, la crise financière mondiale aura sans doute d’importantes répercussions en Suisse. La récession actuelle devrait entraîner une poussée sans précédent du chômage, qui risque d’être en partie persistante. Étant donné la longueur des périodes de chômage et le caractère de moins en moins procyclique des entrées d’immigrants, l’efficacité des activités de placement des services publics de l’emploi doit être réexaminée, comme le préconisait la précédente Étude, notamment dans le domaine de l’aide sociale. Le gouvernement a présenté un projet de législation abaissant la durée d’indemnisation du chômage pour certains travailleurs à partir de 2011. Les marges d’expansion des services financiers se sont sans doute amenuisées. Malgré tout, l’offre de crédit relativement souple au lendemain de la crise dénote un ajustement à la baisse limité de la production potentielle du fait de la contraction du stock de capital. La croissance était forte durant les années qui ont précédé la crise, sous l’impulsion de la demande extérieure, et elle s’était doublée d’une nette progression de l’emploi. La faiblesse passée de la croissance de la productivité tendancielle semble persister. L’écart de productivité macroéconomique vis-à-vis des pays les plus performants est très sensible. Dans le but de promouvoir une croissance durable et plus vigoureuse, les politiques structurelles (réglementation du secteur financier, politiques des marchés de produits et de l’éducation, par exemple) appellent des améliorations, qui sont résumées ci-dessous.


Chômage et travail horaire réduits ¹
Données trimestrielles, non désaisonnalisées

 

1. En pourcentage de la population active.
2. Les données du troisième trimestre 2009 concernent uniquement le mois de juillet.
Source: OCDE, base de données des Principaux indicateurs économiques, et Secrétariat d’État à l’Économie (SECO).

 

Une fois la reprise engagée, la politique budgétaire devra relever les défis à long terme

L’impact de la crise financière mondiale sur les finances publiques sera probablement durable, compte tenu du recouvrement différé d’impôts, de la charge budgétaire liée à l’aggravation du chômage et du poids considérable des recettes fiscales liées à l’activité des marchés de capitaux. Si des mesures correctives ne sont pas prises, les résultats budgétaires fédéraux risquent fort de transgresser la règle du frein à l’endettement, qui exige un budget équilibré sur l’ensemble du cycle. Il faut définir le plus tôt possible les coupes à pratiquer pour respecter les règles d’équilibre budgétaire aux niveaux fédéral et infranational dans le moyen terme, par exemple par une réforme des programmes de dépenses de santé, comme le préconisait l’Étude 2007.


En outre, dans l’hypothèse de programmes sociaux inchangés, la transition démographique devrait alourdir les dépenses publiques annuelles à raison de 5 % du PIB à l’horizon 2050. Le fardeau du vieillissement incombera principalement à l’administration fédérale. Les autorités sont fermement résolues à respecter la règle du frein à l’endettement, qui réduira le ratio dette publique/PIB avant la survenue du vieillissement démographique. De plus, le gouvernement devrait engager des réformes pour neutraliser en partie la hausse tendancielle des coûts du vieillissement, en particulier par une réforme du premier pilier à prestations définies du système de retraite.


Les finances publiques restent sujettes à des engagements éventuels relativement faibles  (6 % du PIB), qui découlent de l’exposition de la BNS aux actifs compromis transférés à un fonds spécial. Cependant, l’ampleur des bilans des intermédiaires financiers d’importance systémique - 600 % du PIB au total pour les deux plus grands établissements bancaires - fait que la défaillance de l’un d’entre eux pourrait se révéler très coûteuse. On peut penser que les marchés financiers sont devenus sensibles au lien entre le risque de défaut des intermédiaires financiers et les primes de risque sur la dette publique. Des mesures destinées à réduire le risque de défaillance d’un intermédiaire de grande taille et l’aléa moral résultant du soutien public aux intermédiaires défaillants (voir ci-après) sont donc cruciales pour prévenir les risques à long terme pour les finances publiques et maintenir les coûts d’emprunt à un bas niveau.


Prix des contrats d’échange sur le risque de défaillance au titre de la dette publique
et de la dette bancaire¹


  1. Toutes les séries commencent à partir du 16 janvier 2009, date à compter de laquelle on dispose de données sur la dette publique souveraine suisse.
Source: Datastream.


Les résultats en matière de productivité sont bien plus faibles que dans les pays de l’OCDE les plus performants

Le PIB par habitant de la Suisse est l’un des plus hauts de la zone OCDE et bénéficie de forts taux d’emploi, mais la productivité globale reste bridée par des résultats médiocres dans les secteurs abrités de la concurrence internationale, de sorte que le niveau général des prix des biens et services est encore élevé. Les coûts du logement contribuent plus particulièrement à la cherté de la vie. Il faut approfondir les réformes de la réglementation des marchés de produits indiquées dans les précédentes Études, notamment en améliorant les conditions-cadres dans les industries de réseau, en ouvrant davantage les marchés publics à la concurrence et en démantelant davantage les mécanismes de protection de l’agriculture nationale.

 

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Informations complémentaires

Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de la Suisse du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org.

Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par  Andrés Fuentes, Charles Pigott et Eduardo Camero sous la direction de Pierre Beynet. La recherche statistique a été effectuée par Patrizio Sicari. L'étude a également bénéficié du travail de consultants externes.

 

 

 

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