L'innovation dans la science, la technologie et l'industrie

Perspective de la STI 1996

 

Résumé

 

La déréglementation, les progrès technologiques et la restructuration consécutifs à la récession du début des années 1990 ont clairement fait apparaitre le savoir comme le principal facteur de soutien à la croissance dans les pays de l'OCDE et d'ailleurs. L'émergence des "économies fondées sur le savoir " est une évidence qui transparait au travers d'un large éventail d'indicateurs statistiques et de tendances politiques.

La science et la technologie sont toujours plus important dans l'activité économique.
  1. L'action conjuguée d'une croissance économique faible, de la fin de la Guerre Froide et de pressions à la baisse sur les budgets publics a entrainé une chute de la R-D en pourcentage du PIB, avec une moyenne OCDE tombant de 2.4 pour cent en 1990 à 2.2 pour cent en 1993 ( Graphique 1 - anglais) ; la croissance de la R-D observée au début des années 1990 provient d'une hausse du financement privé, bien que le rythme d'augmentation des dépenses des entreprises, en particulier au Japon, soit resté bien en-deça dans ces années là de ce qu'il avait été dans les années 1980 ( Graphique 2 - anglais) ; à partir de 1993, près de 60 pour cent de la R-D sont financés, contre 67 pour cent exécutés, par le secteur des entreprises.
  2. L'importance acquise par les industries de haute technologie continue de croitre. Ce groupe est à l'origine en 1993 de près des deux tiers des dépenses privées de R-D de l'OCDE, de la majorité des gains à l'exportations ( Graphique 3 - anglais) et de la quasi totalité des gains d'emplois du secteur manufacturier depuis le début des années 1970. Ce sous-ensemble du secteur manufacturier jouit également de niveaux de salaire supérieurs à la moyenne et des taux de croissance de la productivité les plus élevés.
  3. Alors que les industries manufacturières de haute technologie représentent l'essentiel des dépenses privées de R-D, les dépenses de R-D de l'industrie non manufacturière (services) dépassent depuis le milieu des années 1980 dans les pays où elles ont pu être évaluées celles du secteur manufacturier ; la recherche dans le secteur des services représente traditionnellement un quart voire davantage de l'ensemble de la R-D des entreprises. ( Tableau 1 - anglais).
Les technologies de l'information et de la communication sont au coeur de l'accélération et de l'évolution de l'économie fondée sur le savoir.
  1. Les machines non électriques (y compris les ordinateurs) et électriques (y compris les équipements de communication) sont les secteurs manufacturiers ayant connu la croissance la plus rapide, sortant de la récession avec des taux de croissance supérieurs à 10 pour cent aux Etats-Unis, au Canada, en Finlande, en Irlande, en Suède et au Royaume-Uni.
  2. Les dépenses en capital associées à la fabrication de semi-conducteurs, pouvant être considérés comme l'élément fondamental de fabrication des technologies de l'information et de la communication, ont cru à un rythme de 20 pour cent ou plus entre 1992 et 1993 en Amérique du Nord et en Europe et à un rythme de plus de 34 pour cent entre 1993 et 1994 puis 1994 et 1995 en Amérique du Nord, en Europe et au Japon.
  3. Une part énorme de l'investissement dans les équipements d'information et de communication provient des industries de services telles que le secteur financier, les télécommunications et le commerce de détail (au-delà de 75 pour cent aux Etats-Unis et au Royaume-Uni). Ces investissements, conjugués à des réformes réglementaires, ont permis des gains de productivité dans les services, où les Etats-Unis disposent d'une longueur d'avance substancielle devant l'Europe et le Japon.
Dans l'économie fondée sur le savoir, le secteur des services revêt un nouveau rôle.
  1. Une part énorme (95 pour cent) des 65 millions nets d'emplois additionnels dans la population active de l'OCDE créés au cours des années 1980 provenait du secteur des services marchands. Cependant, cette augmentation notable semble être remise en cause avec la récession récente ( Graphique 4 - anglais). Contrairement aux précédentes récessions, au cours desquelles le secteur manufacturier tendait à jouer le rôle moteur, dans les années 1990 c'est la combinaison du secteur des services et du secteur manufacturier qui a provoqué le basculement.
  2. Au Royaume-Uni, au début des années 1980, la part du secteur manufacturier dans le recul du PIB était 10 fois supérieure à celle des services, tandis que, dans les années 1990, elle n'était plus qu'une fois et demie supérieure; de même, en Italie et au Japon la récession récente s'accompagnait pour la première fois d'un recul de la production du secteur des services par rapport aux niveaux une décennie et demie plus tôt; en même temps aux Etats-Unis et en France, le taux de croissance de la production des services restait positif, mais son déclin au cours des premières années 1990 était près de deux fois et demie à trois fois supérieur à celui constaté pendant le ralentissement des deux premières années 1980.
  3. Les développements technologiques ont consolidé la notion de monopoles naturels et sont devenus un élément moteur de la réforme réglementaire dans de nombreux pays Membres. Dans le secteur des télécommunications, le prix du coût total résidentiel s'est accru de 8.7 pour cent entre 1990 et 1994 dans les pays non concurrentiels alors qu'ils diminuaient de 3 pour cent dans les pays dotés d'un marché concurrentiel. Le taux de diffusion d'une nouvelle technologie de communication - téléphonie mobile (cellulaire) - est directement lié au cadre réglementaire dans lequel elle s'intègre ( Graphique 5 - anglais).
  4. Les services ont pris une importance croissante dans le commerce international, représentant un quart du commerce mondial en 1975 contre plus du tiers en 1993; et ils ont très nettement dépassé le secteur manufacturier en ce qui concerne les investissements directs étrangers en provenance et à destination des pays Membres de l'OCDE ( Graphique 6 - anglais) .
Comme tous les secteurs de l'économie tendent à s'appuyer sur le savoir, l'amélioration des compétences de la population active devient une condition préalable à la performance.
  1. A travers un grand nombre de pays de l'OCDE, le niveau des compétences, que ce soit dans le secteur manufacturier ou dans le secteur des services s'est accru au cours du temps.
  2. Cette tendance à la hausse est largement dûe aux changements intra-industries observés dans les pyramides d'emplois plutot qu'aux changements observés dans la structure industrielle avec le déplacement de l'activité économique du manufacturier vers les services.
  3. Concrètement, la plupart des nouveaux emplois créés dans le secteur manufacturier depuis les années 1980 sont des emplois hautement qualifiés de cols blancs.
  4. Ceci est confirmé par les tendances constatées dans l'embauche des chercheurs scientifiques dont le nombre pour 10 000 employés a considérablement augmenté dans l'industrie, en particulier dans le secteur manufacturier de haute technologie dans la zone Asie-Pacifique ( Table 2 - anglais) .
Les "Perspectives" et les implications politiques induites

La question clé est de savoir si cette transformation vers une économie fondée sur le savoir produira des emplois de haute qualité en nombre suffisant dans les pays de l'OCDE. De nombreuses technologies ont des effets importants, avérés ou à venir, sur la productivité et sur les emplois, effets qui ne commencent à se faire sentir qu'aujourd'hui.

En toute probabilité, les emplois de demain ne seront pas dans les industries d'aujourd'hui. Ils seront plutôt dans de nouvelles industries parmi lesquelles une forme hybride d'anciennes industries telles que les industries embryonnaires du "on-line" et du multimedia, qui sont en train de se fondre avec un certain nombre d'industries manufacturières et de services, notamment dans le hardware et le software informatique, les télécommunications (téléphonie, télévision et radio), les producteurs de contenus et les diffuseurs (audiovisuel et textuel) pour donner naissance à une nouvelle industrie.

  • Ceci souligne le besoin d'une amélioration des infrastructures économiques de base dans les systèmes de transports, de communication et d'éducation qui connectent les différents secteurs.
  • Il faut prendre en considération de nouvelles politiques, non centrées sur un pan isolé de l'économie mais plutôt tendant à améliorer l'efficience systémique. Des examples: élargir l'ensemble des projets auxquels les gouvernements apportent un soutien direct ou non à la recherche, entreprendre des projets de démonstration menés par les gouvernements pour le développement de nouvelles industries reposant sur les services et dérèglementer les services afin de permettre davantage d'expérimentation.

Bien qu'il y ait de bonnes raisons, de part l'histoire et les effets des innovations récentes d'être raisonnablement optimistes quant à la disponibilité de l'emploi, la nature des exigences en termes de compétences de ces nouveaux emplois et la nature de leur impact sur les revenus sont plus incertaines. Certains signes indiquent que les industries déjà existantes sont en train de procéder à une amélioration du niveau de compétences de leur employés et que cette tendance est susceptible de s'intensifier avec la diffusion continuelle des technologies de l'information et de la communication.

Ces technologies, la réorganisation induite des entreprises, la globalisation continue des économies de l'OCDE témoignent d'un changement des liens historiques unissant technologie, productivité et revenus. Des revenus supérieurs tirés de la productivité peuvent être réinjectés pour acheter des produits étrangers ou investir dans d'autres pays, élargissant ce qui constituait auparavant des systèmes nationaux ou régionaux plus fermés, et réduisant les risques que les gains de productivité et les nouveaux emplois émergent dans les mêmes lieux géographiques. Ceci, conjugué au fait que ces nouvelles technologies ont tendance à réduire les imperfections du marché, induit un panachage plus hétérogène des revenus.

  • Ces tendances mettent ceux qui ne possèdent pas les compétences recherchées dans une position périlleuse. Trouver un équilibre entre le besoin de dérèglementer, d'innover et de stimuler la croissance tout en prenant en compte ces pans de la société qui ne sont pas préparés à ces changements sera le principal défi pour cette fin de décennie.
  • En plus de mettre en place de nouvelles politiques qui reflèteraient la fusion du secteur manufacturier et des services, il apparait également important de prendre en compte les caractéristiques uniques des services dans les cadres politiques actuels, qui sont pour la plupart conçus à l'image du manufacturier. Des exemples:
    • la politique de l'emploi, qui devrait contenir le nombre grandissant de chômeurs dans les services alors même que la réforme réglementaire intensifie la concurrence sur les prix et qu'un plus forte exposition à la concurrence étrangère augmente l'insécurité de ces emplois;
    • la politique de la concurrence, qui devrait faire face à des pratiques anti-concurrentielles d'un genre nouveau alors que le recours aux réseaux d'entreprises s'accroît et que les frontières des marchés traditionnels explosent; et
    • la politique du commerce, qui devrait exiger de nouvelles approches multilatérales alors que la nature des services a accentué les différences entre les services marchands et non-marchands (santé, éducation), dans les cadres règlementaires (télécommunications), dans les attitudes culturelles (loisirs) et dans les points de références (pornographie, vie privée).

Au final, alors que la plus grande partie des économies de l'OCDE devenaient dépendantes des industries de haute technologie, le système scientifique se liait davantage aux directions financière, du merchandising et de la production des entreprises. S'est ajouté à ceci un climat budgétaire tendu dans de nombreuses capitales. Cette situation a eu quelques conséquences dont une plus grande anticipation d'une performance économique du système scientifique et un refus croissant d'investir dans la science "pour la science".

  • En terme de politique, ceci va accroitre la pression mise sur le système scientifique en faveur de projets plus appliqués et d'une plus étroite collaboration avec l'industrie au travers de méchanismes de transfert de technologie et de projets conjoints;
  • Ceci posera également la question de savoir si les efforts alloués à la recherche fondamentale sont suffisants et si les gouvernements jouent bien leur rôle déterminant dans le juste équilibrage de la R-D.

Dernière mise à jour 07 Novembre 2000

 

 

 

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