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Industrie et mondialisation

Contenu en émissions de dioxyde de carbone des échanges internationaux

 

Dernière mise à jour: avril 2019

Les Tableaux Internationaux des Entrées-Sorties (TIES) de l'OCDE, combinés avec les statistiques sur les Emissions de CO2 liées à la combustion de fioul et d'autres statistiques industrielles, permettent d'estimer les rejets de CO2 liés à la demande; à savoir, la répartition entre les économies de la demande finale (la consommation des ménages et l'investissement des secteurs d'activitésdu contenu en dioxyde de carbone émis n'importe où dans le monde, le long des chaînes de production.

La base de données sur le Contenu en émissions de CO2 des échanges (TECO2) rassemble des indicateurs qui mettent en regard les schémas des émissions de dioxyde de carbone liées à la demande et celles liées à la production (émissions induites par la consommation des ménages et des secteurs d'activités d'un territoire). Mesurer les émissions de CO2 contenues dans les échanges extérieurs permet d'appréhender, dans son ensemble, l'impact des systèmes de production mondiaux sur l'environnement. 

Sont présentées dans la base de données TECO2 : 

  • Les émissions de CO2 imputables à la production (i.e. selon les pays émetteurs)
  • Les émissions de CO2 induites par la demande finale intérieure (i.e. selon les pays de la demande)
  • Les exportations nettes d'émissions de CO2
  • Les émissions par habitant ; fondées sur la production et la demande
  • L'origine géographique des émissions contenues dans la demande finale

 

Accès direct aux indicateurs 

 

En 2015, la Chine, les États-Unis, l'Union européenne (EU28), l'Inde, le Japon et la Fédération de Russie étaient en tête des pays et régions qui concentraient le plus d'émissions de dioxyde de carbone, tant sur le plan de la demande que de la production. Depuis 2005, les rejets de CO2 imputables à la demande et à la production ont fortement augmenté en Chine et en Inde, tandis qu'ils sont à la baisse aux États-Unis et dans les pays de l'Union européenne. La Chine est l'économie qui enregistre les plus forts volumes d'émissions associées à la demande ou à la production. Même si, depuis 2005, la Chine a augmenté de plus de 75% son volume de CO2 par habitant du fait de la demande, les États-Unis ont, pour leur part, plus que triplé le leur.

 

 

Principaux émetteurs de dioxyde de carbone, 2005 et 2015

Source: OCDE (2019), Contenu en émissions de CO2 des échanges internationaux, http://oe.cd/io-co2.

 

La différence (en net) entre les émissions de dioxyde de carbone liées à la production et celles dues à la demande est illustrée dans le graphique ci-après. Il apparait que les pays de l'OCDE sont, dans l'ensemble, considérés comme des importateurs nets de contenu en carbone (en effet, la ligne bleue, se rapportant aux émissions induites par la demande, se situe au-dessus de la ligne bleue en pointillés qui, elle, représente les émissions imputables à la production), tandis que les économies non Membres de l'Organisation font généralement figure d'exportateurs nets. A noter que la bande bleue (représentant les importations nettes de la zone OCDE) et la bande verte (correspondant aux exportations nettes de la zone hors OCDE) sont de même largeur, ce qui signifie que les importations nettes du contenu en CO2 de la zone OCDE coïncident avec les exportations nettes du contenu en CO2 de la zone hors OCDE. Le graphique indique que depuis 2005, les importations nettes en contenu CO2 des pays de l'Organisation n'ont cessé de diminuer.

 

CO2 Emissions-OECDvsNon-OECD

 

‌Cependant, les pays de l'OCDE ne sont pas tous nécessairement des importateurs nets de carbone, de même, certaines économies non Membres ne sont pas forcément des exportateurs nets de carbone. En 2015 par exemple, le Canada, la Corée et les Pays-Bas figuraient au rang des exportateurs nets dans la zone OCDE, tandis que hors zone OCDE, l'Argentine et le Brésil apparaissaient comme des importateurs nets. Parmi les Membres de l'OCDE et du G20, l'Australie, les États-Unis et l'Arabie saoudite (avec 18.3 tonnes de CO2concentrent, à eux trois, les plus forts volumes de dioxyde de carbone par habitant du point de vue de la demande, en outre, leurs émissions excèdent, en moyenne, près de 10 fois celles des trois plus faibles émetteurs par habitant, que sont le Brésil, l'Indonésie et l'Inde (avec 1.9 tonnes de CO2).

 

CO2 Emissions-PerCapita

 

 

Méthodologie

Les émissions imputables à la demande sont calculées à partir des données de l'AIE sur les Emissions de CO2 dues à la combustion et des Tableaux Internationaux des Entrées-Sorties (TIES) de l'OCDE (édition 2018) . Ces deux sources permettent d'estimer les intensités des émissions de carbone imputables à la production, pour chaque secteur d'activité et chaque pays. Combinés avec la matrice inverse de Leontief des TIES, les indicateurs d'intensité permettent d'obtenir les coefficients multiplicateurs des émissions induites par la demande finale.

Les émissions de carbone attribuables à la demande finale, FD_CO2, sont calculées comme suit :

CC = diag(EF) (I-A)-1 Y

diag(EF) est le matrice diagonale du vecteur EF, de taille KN (i.e. K*N), et dont les valeurs correspondent aux intensités d'émissions de carbone par unité de production et par pays (i.e. les facteurs d'émissions), avec K = nombre de secteurs d'activités et N = nombre de pays ;

A est la matrice des coefficients intermédiaires fondée sur l'ensemble des pays et par conséquent, (I-A)-1 est la matrice inverse de Leontief calculée pour tous les pays : ces deux matrices sont toutes deux de taille KN x KN ;

Y est la matrice de taille KN x N correspondant à la demande finale de tous les pays ;

CC est la matrice des résultats, de taille KN x N. Elle présente en ligne les secteurs d'activités et les pays d'où proviennent les émissions de carbone et en colonne, les pays de la demande finale où les émissions sont consommées ;

Le contenu en CO2 total de la demande finale par pays est quant à lui, estimé comme suit :

FD_CO2[c] = colsum(CC) + FNLC

colsum(CC) est le vecteur 1 x N correspondant au total des émissions incorporées dans la consommation des biens et services finals ;

FNLC est un vecteur de taille 1 x N correspondant aux émissions directement imputables à la consommation finale. Ces émissions proviennent généralement des transports routiers privés, mais peuvent également être imputables à d'autres types d'utilisations, tels que la cuisson au gaz. Pour tenir compte de l'ensemble des émissions, il est nécessaire d'ajouter les émissions directes à celles figurant dans la matrice CC. De même, pour comptabiliser toutes les émissions liées à la production, il faut ajouter aux lignes de la matrice CC les valeurs de FNLC (distribuées en premier lieu aux secteurs de la fabrication de produits pétroliers et à ceux de la fabrication et distribution d'électricité, de gaz et d'eau).

 

 

Référence: 

Wiebe, K. S. and N. Yamano  (2016), "Estimating CO2 Emissions Embodied in Final Demand and Trade Using the OECD ICIO 2015: Methodology and Results". OECD Science, Technology and Industry Working Papers, No. 2016/5, OECD Publishing, Paris, doi.org/10.1787/5jlrcm216xkl-en.

 

Toute question ou requête peut être envoyée à stan.contact@oecd.org, en précisant CO2 dans le titre de votre message. 

Veuillez citer la base de données comme suit : OCDE, Contenu en CO2 des échanges (TECO2), Avril 2019. 

 


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