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On s’attend à ce que la viande de volaille devienne le secteur carné le plus important.
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Situation du marché
La situation du marché du secteur de la viande se caractérise par des prix nominaux à la production élevés pour toutes les viandes, qui s’expliquent, du côté de la demande, par une croissance rapide des économies en développement et, du côté de l’offre, par les coûts élevés des intrants, notamment des céréales fourragères et de l’énergie consommée par exemple pour le transport et le stockage en entrepôt frigorifique. Les coûts des aliments pour animaux ayant tendance à se stabiliser quelque peu, une amélioration de la rentabilité devrait permettre l’expansion du secteur. Ces facteurs ont tendance à susciter des réactions plus marquées du côté de la demande intérieure dans les pays en développement, en faveur notamment des viandes meilleur marché et des morceaux de viande (volailles), ainsi que dans les zones où prédominent des systèmes de production à faible consommation d’intrants, tels que les pâturages.
Du point de vue des politiques mises en œuvre, l’ouverture accrue des échanges internationaux de viande que pourrait provoquer l’adhésion à l’OMC de la Fédération de Russie, gros importateur de volaille et de viande porcine, instaurera un environnement commercial favorable pour le secteur. En ce qui concerne la volaille, la viande porcine et la viande ovine, la production et les échanges devraient augmenter à court terme, mais pour ce qui est de la viande bovine, ils devraient dans un premier temps être freinés par la réduction des effectifs du cheptel opérée ces dernières années dans les grandes régions exportatrices.
Principaux éléments des projections
- La forte hausse des prix des céréales fourragères ces cinq dernières années est désormais en train de se répercuter sensiblement sur toute la chaîne de commercialisation, pour se refléter dans une hausse des prix de la viande, à l’exception de la volaille dont la filière a déjà fait l’objet d’ajustements. Selon les projections, pour les viandes bovine, porcine et ovine, les prix devraient rester élevés tout au long de la prochaine décennie et ils devraient se maintenir en termes réels à des niveaux supérieurs respectivement d’environ 11 %, 17 %, et 4 % aux valeurs de la période de référence (2009-11). Pour la volaille, les prix réels devraient rester proches des niveaux actuels. Pour toutes les viandes, les prix réels se situent actuellement à leur plus haut niveau depuis 15 à 20 ans, et une modération n’est guère à prévoir tant que les prix des aliments pour animaux et de l’énergie resteront élevés.
- Des prix plus élevés de la viande induiront une réaction du côté de l’offre, quoique limitée à la fois par le coût plus élevé des intrants et par la concurrence sur les terres et sur l’eau. L’effet combiné de ces facteurs ralentira la croissance de la production mondiale de viande qui s’établira à 1.8 % par an au cours de la période étudiée, contre 2.2 % par an pendant la décennie précédente. D’après les projections, la production de viande bovine devrait s’accroître de 1.8 % en moyenne par an, tandis que celles de viande porcine et de viande ovine devraient progresser respectivement de 1.4 % et de 1.8 %. La volaille reste le secteur dont la croissance est la plus rapide puisque, d’après les projections, celle-ci devrait être de 2.2 % par an. Les pays en développement vont augmenter leurs parts de la production mondiale dans toutes les catégories de viande, et, à la fin de la période, celles-ci s’élèveront à 58 % pour la viande bovine, 64 % pour la viande porcine, 63 % pour la volaille et 78 %, pour la viande ovine. Les économies d’échelle continueront à entraîner une concentration de la production sous la forme d’une réduction du nombre des unités agricoles et d’un accroissement de leur taille, non seulement dans les pays développés, mais de plus en plus dans les pays émergents. Ce changement structurel continuera d’accroître la consommation de céréales fourragères à des fins de production de viande.
- La viande est l’un des principaux produits agricoles dont la consommation mondiale continue de progresser à un rythme élevé. Dans les pays en développement, cette progression sera à l’origine de 82 % de l’augmentation de la consommation mondiale au cours de la période considérée. La consommation par habitant augmentera de 3.2 kg par an, la viande de volaille représentant 70 % de cette augmentation. Par rapport à la période de référence, les pays développés consommeront en 2021 3.6 kg supplémentaires de viande par habitant, qui seront constitués en majeure partie par de la volaille, à l’exception de l’Europe orientale où la consommation de viande rouge conserve un fort potentiel de croissance.
- Malgré les prix élevés de la viande pendant toute la période de projections, les importations de viande par les pays en développement devraient progresser sous l’effet de la croissance démographique et de l’augmentation des revenus, ainsi que de la forte élasticité-revenu de la demande. De même, les prix élevés se traduiront par des recettes d’exportation soutenues, ce qui encouragera les grands pays exportateurs de viande à investir sur les marchés internationaux malgré la forte incidence des interdictions d’importation au titre de la sécurité des aliments et des restrictions sanitaires..