Produits laitiers - Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2012-2021

 

 
La consommation de produits laitiers devrait augmenter d’environ 30% d’ici 2021. 
   

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Situation du marché

Après une chute spectaculaire en 2009, les prix internationaux des produits laitiers sont remontés en 2010, et la tendance s’est nettement raffermie jusqu’au premier semestre 2011. Cette vigueur des prix a été surtout liée aux importations régulières de lait en poudre réalisées par l’Asie du Sud-Est, le Mexique et l’Afrique du Nord (l’Algérie, pour l’essentiel). La Chine, en particulier, a gardé un rôle déterminant pour les marchés mondiaux des produits laitiers car la demande, entretenue par l’essor rapide d’une classe moyenne dont le revenu disponible va en augmentant, a continué de dépasser l’offre intérieure, qui reste confrontée à des problèmes touchant la sécurité du lait.

La réaction de l’offre à l’échelle mondiale, stimulée par la grande rentabilité des activités et l’excellent état des pâturages en Océanie et dans certaines parties de l’Amérique latine, a au bout du compte orienté les prix à la baisse au second semestre 2011. Les gains de production se sont traduits par une augmentation des exportations, confirmant ainsi la croissance notable des échanges de produits laitiers enregistrée depuis 2009. Le volume des exportations a principalement augmenté à partir de la Nouvelle Zélande, de l’Argentine, des États-Unis et de l’Union européenne.

Le recul des prix internationaux des produits laitiers ne devrait être en rien comparable à celui de 2009, dès lors que les marchés mondiaux continuent de bénéficier de la forte croissance de la demande émanant des pays en développement.

 

Principaux éléments des projections

  • Durant la période considérée, les gains de production du secteur à l’échelle mondiale devraient être majoritairement (70 %) imputables aux pays en développement, en particulier à l’Inde et à la Chine. D’après les projections, le total de la production laitière des pays en développement dépassera celui des pays développés à partir de 2013. Le taux de croissance moyen de la production laitière pour la période de projection est estimé à 2 %, soit à peine moins que les 2.1 % enregistrés pour la décennie précédente. Le secteur laitier va rester parmi les secteurs pris en compte dans les Perspectives affichant l’essor le plus rapide.

  • Après une correction à la baisse par rapport aux niveaux record de 2011, les prix en termes nominaux devraient s’élever de 2 % par an environ à partir de 2014, étant donné la hausse des coûts de production et la progression de la demande dynamisée par l’accroissement de la population et des revenus (graphiques 9.1 et 9.2). En termes réels, il faut s’attendre durant la période de projection à une augmentation moyenne des cours mondiaux allant de 6 % (fromage) à 30 % (beurre) par rapport à la décennie antérieure. La volatilité des prix va sans doute demeurer préoccupante pour les perspectives du secteur, étant donné l’étroitesse persistante des marchés laitiers, qu’il s’agisse des volumes de lait échangés ou du petit nombre d’acteurs de poids dans le commerce d’exportation.

  • La croissance des échanges récemment observée devrait se poursuivre, en particulier pour le lait en poudre ; par rapport à la période de référence 2009-11, pour le lait en poudre, écrémé et entier, les augmentations prévues atteignent respectivement 34 % et 30 %, tandis qu’elles représentent 27 % pour le fromage et 20 % pour le beurre. Les marchés du beurre vont rester étroits, les volumes ne dépassant 1 million de tonnes qu’à la fin de la période de projection.

  • Dans les pays développés, la consommation de produits laitiers n’augmentera sans doute que faiblement (exception faite du fromage), tandis que dans les régions en développement, la consommation de tous les produits est appelée à faire un bond de quelque 30 % par rapport à la période de référence. Celui-ci s’explique par l’accroissement démographique, l’élévation des revenus et l’influence grandissante des chaînes de grande distribution et des entreprises multinationales qui facilitent l’accès des consommateurs aux produits laitiers.