La gestion de la recherche universitaire: Développer la recherche dans les nouveaux établissements

 

Résumé | Table des matières  | Comment obtenir cette publication 

Au XXIe siècle, l’enseignement supérieur promet d’évoluer dans un contexte changeant et complexe au sein des pays de l’OCDE. Ces dernières décennies ont été marquées par l’explosion du nombre et des types de prestataires d’enseignement supérieur partout dans le monde. De nouveaux établissements d’enseignement supérieur (EES) ont été créés sous les auspices de mécènes publics et privés, afin de répondre à de vastes objectifs socioéconomiques et politiques, contrairement aux universités anciennes, qui servaient principalement de vivier à l’élite.

Cependant, les nouveaux EES sont confrontés à de nombreux problèmes liés à leur statut. A mesure que la concurrence s’exacerbe entre les systèmes d’enseignement supérieur à l’échelle nationale et internationale, les obstacles se multiplient pour les nouveaux venus. Les gouvernements se demandent comment faire pour restructurer l’enseignement supérieur afin qu’il devienne un moteur économique plus efficace. Les étudiants et leurs parents sont également plus exigeants. La définition de l’activité de recherche et la mesure de ses résultats sont désormais des sujets relativement sensibles, alors que l’on s’interroge sur les établissements qui devraient faire de la recherche et sur la nature de cette activité. Comment les EES font-ils face à ces défis ? Comment essaient-ils de construire leur propre avenir ?

Compte tenu, d’une part, de l’importance grandissante de la concurrence et de la portée géopolitique de l’enseignement supérieur et de la recherche, et, d’autre part, du retard de développement de nombreux EES nouveaux, cette étude cherche à analyser les processus et les stratégies élaborés par les nouveaux EES pour développer leur activité de recherche. Cet ouvrage propose un panorama unique des expériences d’un groupe d’établissements qui n’a jusqu’à présent pas été défini ni exploré. Il examine les résultats d’une étude de fond portant sur 25 EES situés dans 16 pays : Australie, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Finlande, Grèce, Hong Kong Chine, Hongrie, Irlande, Japon, Nouvelle-Zélande, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Suède.

Date de publication : 12/10/2005
ISBN : 9264006958
246 pages


Résumé

Cette étude internationale analyse les procédures et les stratégies mises en place par les nouveaux établissements d’enseignement supérieur (EES) dans des pays de l’OCDE et des pays non membres afin de développer leur activité de recherche. Elle répond à trois objectifs : 1) proposer des orientations susceptibles d’aider les établissements qui cherchent à renforcer leurs capacités de recherche à faire face aux questions et aux défis que posent leur gestion stratégique et leur organisation; 2) présenter des recommandations, à l’usage des établissements et des décideurs, visant à renforcer le rôle de partenaire de tous les EES dans le cadre d’une stratégie socio-économique équilibrée à l’échelle nationale; et 3) mettre en avant les établissements créés après 1970 (ci-après désignés les nouveaux EES). Dans cet ouvrage, certains de principaux problèmes et défis auxquels font face les nouveaux EES sont identifiés et la façon dont ils sont traités est analysée. Plusieurs questions fondamentales sont pertinentes pour cette étude:


Table des matières

Chapitre 1 - Introduction

Le nouveau contexte de l’enseignement supérieur Il est largement admis que l’enseignement supérieur au XXIe siècle dans les pays de l’OCDE évolue dans un contexte nouveau et exigeant. L’émergence d’une société mondiale du savoir ou de l’information transforme en profondeur les modes de production et l’organisation sociale des pays industrialisés. Le savoir et la création de connaissances nouvelles sont aujourd’hui considérés comme les principaux moteurs des avantages matériels dont bénéficient les individus et les nations, à l’image de ce que représentaient auparavant l’agriculture, l’industrie ou le capital. On comprend mieux le processus d’innovation, avec ses liens dynamiques entre production de connaissances nouvelles, transfert de connaissances et résultats économiques : le savoir est devenu un produit. Il n’est donc pas surprenant de constater que les gouvernements attachent maintenant une importance stratégique bien plus grande aux décisions et à l’investissement concernant le renforcement des capacités de recherche. L’action publique se tourne de plus en plus vers l’attribution des ressources à la recherche-développement, la formation de capital humain/intellectuel par l’enseignement et la formation, la gestion et les dispositions institutionnelles nécessaires (propriété intellectuelle et services aux entreprises), ainsi que la capacité de capturer et d’appliquer ces produits intellectuels. La priorité et les dépenses accordées à l’enseignement supérieur sont en effet considérées aujourd’hui comme des composantes essentielles du positionnement géopolitique national. La production et la diffusion des connaissances, souvent regroupées sous le terme de recherche-développement, sont maintenant considérées comme des atouts pour la société.


Chapitre 2 - Les nouveaux établissements d’enseignement supérieur

Les nouveaux EES et leur problématique Les décideurs et les publications reconnaissent sans grande difficulté que la période qui suit la Deuxième Guerre mondiale et le Spoutnik ouvre une époque de changement rapide et considérable des structures, des prestations et de la demande d’enseignement supérieur dans le quasi totalité des pays de l’OCDE. L’importance de ces changements est d’ailleurs soulignée par des termes tels que massification, démocratisation, diversification, harmonisation, internationalisation et mondialisation. Plusieurs facteurs sont mis en évidence, y compris l’expansion économique et démographique, l’importance des découvertes scientifiques, l’importance accrue du niveau d’instruction et des possibilités professionnelles, la création et le fractionnement des disciplines et la professionnalisation des carrières dans l’enseignement. L’action conjuguée de pressions intérieures et extérieures, et notamment l’engagement actif d’organisations supranationales telles que la CEE/UE, l’OCDE, l’UNESCO et la Banque mondiale, a contribué à faire advenir ces changements. Entre la Deuxième Guerre mondiale et la fin des années 70, le nombre et la diversité des étudiants qui cherchaient à entrer dans l’enseignement supérieur ont augmenté rapidement, de même que les effectifs du personnel enseignant et de soutien et l’investissement public.


Chapitre 3 - Mission et culture de la recherche

Tous les EES participants déclarent que le développement des capacités de recherche est essentiel pour leur mission comme pour leur survie en tant qu’établissements. Nombre de nouveaux établissements se caractérisent par un fort ancrage dans l’économie régionale. On leur a demandé de privilégier les besoins locaux et régionaux, et plus spécifiquement, de former et de retenir dans la région une main-d’œuvre instruite. Pour atteindre cet objectif, on considérait à l’origine que leur rôle se bornait aux seules charges d’enseignement, l’accent étant mis sur la pertinence des connaissances et sur les applications. On a autorisé certains d’entre eux à mener des travaux de recherche limités, mais souvent en privilégiant les activités de développement et de conseil (uniquement). Toutefois, au fil du temps et de la dimension mondiale grandissante de la société du savoir, l’engagement des EES participants à proposer des qualifications économiquement utiles, susceptibles d’intéresser l’entreprise et à faire en sorte que l’activité universitaire accompagne le développement économique de leur région est devenu inextricablement lié à une offre de qualifications de haut niveau et au renforcement des capacités de recherche. Aussi la recherche est-elle considérée comme essentielle pour améliorer et préserver la qualité de l’enseignement, en d’autres termes, la recherche nourrit la pratique de l’enseignement.


Chapitre 4 - Gestion, organisation et financement de la recherche

Les mutations du contexte mondial et la diversification croissante des établissements contraignent nombre d’entre eux à évaluer leurs points forts afin d’acquérir un avantage concurrentiel. Parallèlement, les disciplines de recherche évoluent et les attentes en termes de pertinence et de production de la recherche changent et se font plus pressantes. Le financement public de base dont bénéficient les établissements s’accompagne désormais d’une exigence accrue de transparence comptable. Ces facteurs influent sur leur mode d’organisation et de gestion. Conformément à la tendance générale à adopter une démarche fondée sur la planification stratégique, les établissements d’enseignement supérieur se sont mis en devoir de définir des priorités pour mieux identifier les activités qu’ils doivent mener et non pas seulement celles qu’ils peuvent mener ou pour lesquelles ils disposent des meilleurs atouts. Or toutes les stratégies ne se valent pas, toutes les expériences ne sont pas transposables et tout plan d’action d’envergure doit être réaliste. Tous les établissements d’enseignement supérieur ont un passé et des traditions, mais aussi des ressources limitées. Par la définition des priorités, ils cherchent donc à exploiter au mieux des ressources restreintes (tant financières qu’humaines et matérielles) en recadrant leurs compétences en fonction de l’environnement extérieur et des aspirations nationales. Ce faisant, ils s’efforcent de hiérarchiser différents groupes de priorités entrant en concurrence. Ils doivent également trouver un équilibre entre les compétences existantes et celles à développer. Autrement dit, les priorités doivent être fixées en fonction, non pas seulement des succès présents, mais aussi des opportunités futures.


Chapitre 5 - Ressources humaines

Si les établissements d’enseignement supérieur s’attachent à encourager la constitution d’équipes de chercheurs, en dernière analyse la recherche est bel et bien une question de personnes. Les établissements ou départements caractérisés par une grande intensité d’activités et de résultats en la matière sont généralement composés d’individus qui allient curiosité intellectuelle et forte motivation professionnelle, désireux de prendre des initiatives et de travailler en coopération. Toutefois, bon nombre des EES et des observateurs indiquent que l’élaboration d’une stratégie de recherche et la définition de priorités ont fait naître des conflits, ainsi que des problèmes de relations humaines et sociales. Des changements s’ensuivent aussi dans les habitudes. Les nouvelles perspectives d’emploi universitaire influent sur la charge de travail, la titularisation, le salaire, le parcours professionnel et les promotions, non sans remettre en question et inquiéter les enseignants. Le fossé tend à se creuser entre les attentes nationales et celles des établissements vis-à-vis de la recherche, les aspirations du personnel et les ressources mises à la disposition de la recherche à l’échelle de l’établissement. L’essor de la recherche n’est pas dépourvu de coûts humains. 


Chapitre 6 - Les défis à relever pour les établissements

En matière de développement et de croissance économiques, l’opinion courante veut que le libre jeu des marchés permette une utilisation efficiente et rationnelle des ressources productives en termes de capital et de travail. Dans un tel scénario, on considère en règle générale qu’au niveau national, le sous-développement tient aux difficultés internes, notamment structurelles, rencontrées par le pays car l’environnement extérieur (l’économie régionale ou mondiale) est censé ne poser aucun problème. Dans cette vision, le fonctionnement du marché est optimal lorsqu’au niveau supranational, national ou infranational, l’intervention de la puissance publique est minimale. Certes un pays ou un individu peut être partie prenante en participant aux échanges ou en créant une entreprise, mais le marché constitue un environnement rude, autorégulateur, où le vainqueur rafle toute la mise. Néanmoins, des pays, des individus, des entreprises et des établissements efficaces et réactifs face à la demande sont en mesure d’exceller et de survivre avec succès. Des difficultés peuvent certes survenir sur le parcours, mais on estime en général que la croissance progresse selon une trajectoire linéaire.


Chapitre 7 - Les défis à relever pour les pouvoirs publics

Si nombre de difficultés évoquées par les nouveaux EES ne leur sont certes pas spécifiques, beaucoup d’établissements interrogés considèrent cependant que les instruments de l’action publique servent, explicitement ou implicitement, à renforcer la position des établissements bien établis. Certains soutiennent que les politiques publiques favorisent ces établissements, que les critères et les règles du financement de la recherche pénalisent les nouvelles disciplines et les nouveaux EES, qu’on ne se préoccupe pas suffisamment des besoins des entrants tardifs ou des nouveaux venus, et que la politique publique facilite la différenciation opérationnelle.


Chapitre 8 - Conclusion

Le lien entre l’enseignement supérieur et la recherche est l’une des règles non écrites qui prévaut depuis que Humboldt a fait de l’unité entre l’enseignement et la recherche l’élément central de sa nouvelle conception de l’université. Depuis, divers modèles de cette relation ont été élaborés, les Français privilégiant une dichotomie systémique, préhumboldtienne, entre enseignement et recherche. Ce débat a pris un tour plus vif au cours des dernières décennies, les uns plaidant, entre autres, pour la coexistence de ces deux activités comme le meilleur garant du transfert de connaissances ou pour une coexistence fondée sur la dynamique de l’économie/la société mondiale du savoir ou sur l’intérêt général, les autres mettant en avant l’incompatibilité croissante entre les deux activités du fait de différences en matière de besoins et de conditions de travail et des contraintes qui pèsent sur le financement public et sur les crédits des établissements et/ou de l’État. Bien que ce débat sorte du cadre de la présente publication, on voit que le rôle de la recherche est au cœur de pratiquement toutes les discussions sur l’enseignement supérieur.

 


Comment obtenir cette publication

Les lecteurs peuvent accéder à la version complète des Moderniser l'État en choisissant parmi les options ci-après :

  • Les souscripteurs et lecteurs dans des organismes qui y souscrivent ont le droit d'y accéder par SourceOCDE, notre bibliothèque en ligne.
    Ceux qui ne souscrivent pas ont la possibilité de l'acheter à notre librairie en ligne.
  • La fonction publique peut s'inscrire à Olisnet, "Recherche d'une publication".
  • Les journalistes accrédités ont la possibilité de demander l'accès à un site protégé  par un mot de passe.

 


 

 

 

 

Also Available