Résumés : Rendement et efficacité de l’enseignement supérieur

 

Quel apport réel ? Mise au point d’un modèle permettant de mesurer la valeur ajoutée de l’enseignement supérieur

Auteur : Dr Hamish Coates, Chargé de recherches, Australian Council for Educational Research (Australie)

 

L’évaluation des acquis des élèves joue un rôle de plus en plus central lorsqu’il s’agit de déterminer la qualité et la productivité de l’enseignement supérieur. Ce rapport passe en revue différentes approches visant à évaluer la valeur ajoutée de l’enseignement universitaire, et propose une méthodologie destinée aux établissements et aux systèmes d’enseignement supérieur.
L’auteur est d’avis que la mesure de l’apprentissage en termes de valeur ajoutée revêt, de nos jours, une importance clé pour l’assurance qualité de l’enseignement supérieur. Dans cette optique, il passe en revue les dernières tendances de grande ampleur observées en Australie, les aspects méthodologiques liés à la mesure et à l’évaluation de l’apprentissage des étudiants, et les instruments validés permettant de mesurer les capacités, les aptitudes génériques, les compétences spécifiques, l’aptitude au travail et l’implication des étudiants.
Quatre approches permettant de calculer cette valeur ajoutée sont ainsi analysées. La première donne une estimation de la valeur ajoutée en comparant les performances escomptées par rapport aux performances réelles, au moyen de données relevées lors des tests d’admission et des examens de routine. La deuxième approche procède à des comparaisons entre les résultats obtenus à l’issue d’évaluations objectives soumises à des groupes d’étudiants de première et de dernière année. La comparaison de l’implication des étudiants de première et de dernière année dans les principales activités d’apprentissage constitue une troisième méthode complémentaire d’évaluation de la valeur ajoutée de l’enseignement supérieur. Indépendante, la quatrième approche repose principalement sur l’avis des employeurs concernant les compétences des diplômés.
L’analyse de ces différentes approches permet ensuite à l’auteur d’en faire la synthèse en proposant une méthodologie pratique, fiable et modulable, permettant de mesurer la contribution de l’enseignement supérieur en termes de valeur ajoutée. Il s’agit d’une méthodologie sophistiquée, avec ce que cela implique en matière d’instrumentation, d’échantillonnage, d’analyse et de présentation des résultats. L’auteur propose une série d’études de cas pour illustrer le potentiel que présente cette méthodologie pour étayer les analyses comparatives de la performance des systèmes d’enseignement supérieur.

Minimiser le corpus de données utilisé pour évaluer les taux de réussite des différents programmes universitaires

Auteurs : Adrian Verkleij et Piet Vingerling, Université Libre d’Amsterdam (Pays-Bas)

 

Aux Pays-Bas, chaque université s’intéresse de près aux taux de réussite de ses étudiants ainsi qu’à la durée moyenne d’obtention d’un diplôme. Les données collectées par les services de recherche des EES sont présentées et analysées lors des réunions organisées, à intervalles réguliers, par les Doyens de facultés et le Comité de direction des universités. L’exploitation de ces données est toutefois limitée, du fait de certains facteurs tels que le manque de confiance dans leur fiabilité, les désaccords concernant leur signification et leur pertinence, la nécessité constante de disposer d’informations plus détaillées et, parallèlement, l’absence de temps nécessaire pour que les dirigeants d’universités et les responsables des services concernés puissent intégrer l’ensemble des informations produites.
C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place, à l’Université Libre d’Amsterdam, un système destiné à maximiser l’exploitation des données institutionnelles relatives au processus éducatif :
a) Les discussions relatives au consensus (insuffisant) entourant les objectifs sont distinctes de celles relatives à la qualité des données.
b) Les données produites ne concernent que des groupes d’étudiants homogènes, ce qui représente 80 à 90 % de la population totale des élèves, et permet de laisser de côté tous les détails concernant les 10 à 20 % restants.
c) Nous nous efforçons de visualiser la performance des étudiants de façon simple, à l’aide de schémas et de diagrammes, plutôt que de tableaux et de chiffres.
d) Nous avons formulé un certain nombre de règles applicables à ces discussions ; celles-ci indiquent notamment quelles questions peuvent être posées, et quelles questions ne peuvent l’être.
La mise en œuvre simultanée de ces quatre mesures a largement contribué à accroître l’efficacité du débat entre les Doyens et la Direction de l’université, de même que l’efficacité du processus de collecte des données.

Concevoir un système d’évaluation fiable et reproductible permettant de déterminer la valeur de l’enseignement supérieur, tout en améliorant son rendement et son efficacité

Auteurs : Professeur Helen M. Garnett, Université Charles Darwin (Australie) ; Professeur Goran Roos, Intellectual Capital Services (Londres, Royaume-Uni) et Dr Stephen Pike, Intellectual Capital Services (Londres, Royaume-Uni)

 

L’Université Charles Darwin est un établissement public régional implanté dans une région d’Australie qui connaît, à l’heure actuelle, un développement rapide. L’Université a pour objectif de renforcer les capacités locales et, par le biais de ses activités de recherche et de son engagement auprès de la communauté locale, de répondre aux besoins de sa région - ce qui, en soi, est un problème complexe. Il est en effet essentiel que l’Université réponde aux attentes de la société, qu’elle s’efforce en permanence d’améliorer la qualité et qu’elle soit considérée comme offrant, dans toutes ses initiatives, un rapport coûts-avantages satisfaisant.
CDU s’est donc efforcée d’utiliser des mesures rigoureuses, fiables et reproductibles pour dresser un tableau permettant d’évaluer la « valeur des travaux de recherche ». Au cours des premières phases du projet, l’engagement des parties prenantes indiquait que, de leur point de vue, il n’était pas suffisant de mesurer simplement la valeur des travaux de recherche, et qu’il était en revanche essentiel de mesurer « la valeur des activités de recherche menées à CDU ». Le bien-fondé de cette remarque a été mis en évidence, et la méthodologie à employer a été choisie, à savoir une mesure conjointe de la hiérarchie des valeurs. Cette approche a permis de déterminer quels étaient les points prioritaires aux yeux des parties prenantes, d’évaluer les performances de CDU et d’identifier les domaines dans lesquels des mesures correctrices de petite envergure pouvaient se traduire par une nette amélioration de la valeur des travaux de recherche, donc du rapport coûts-avantages et du rendement. Les résultats de cette étude serviront de point de départ à un accord de financement avec le gouvernement ou d’autres organismes de financement, cet accord prévoyant un suivi des performances et un processus d’optimisation du rapport coûts-avantages.

Les mécanismes de financement, un levier clé pour améliorer la qualité et la rentabilité de l’enseignement supérieur

Auteurs : Steven G. Stav, Directeur Général, Council for Higher Education (CHE) (Israël) et Galit Eizman, Council for Higher Education (CHE) (Israël)

 

À l’heure actuelle, l’un des principaux défis que doivent relever les systèmes d’enseignement supérieur consiste à maximiser la qualité des retombées de l’éducation et ce, sans porter atteinte à la rentabilité. Dans cette optique, il nous semble bon de rappeler que les modèles de financement ne sont pas seulement des outils permettant d’allouer des fonds publics aux établissements d’enseignement supérieur dans le respect des principes d’équité : ils constituent plutôt de puissants leviers pour réaliser les objectifs ambitieux mentionnés plus haut. Les mécanismes de financement comportent des mesures incitatives qui influencent les pratiques organisationnelles des établissements d’enseignement supérieur, en guidant ces derniers sur la voie d’objectifs préétablis. Efficaces, ces méthodes permettent ainsi d’atteindre des résultats d’une qualité optimale, sans porter atteinte à l’autonomie des EES. Au moment d’élaborer un modèle de financement, les responsables politiques doivent éviter l’écueil qui consisterait à utiliser un modèle déséquilibré, accordant une importance excessive à la qualité des retombées, au détriment de l’amélioration du rendement, ou inversement. Les auteurs de ce rapport présentent le modèle de financement appliqué à l’heure actuelle en Israël comme un exemple-type permettant d’illustrer leur propos. Initialement, le modèle de financement israélien avait pour objet d’améliorer la qualité des retombées de l’enseignement supérieur sans porter atteinte à la rentabilité. On ignore malheureusement si ce modèle a porté ses fruits en termes de qualité ; par ailleurs, en termes financiers, tout porte à croire qu’il ait été contre-productif. Dans ce rapport, les auteurs proposent un nouveau modèle de financement, qui tient compte à la fois des impératifs de qualité et de rentabilité de l’enseignement supérieur.  

Pourquoi ancrer les stratégies de développement durable dans l’enseignement supérieur : les raisons d’ordre économique

Auteur : Nizar Abdallah, Élève siégeant au Conseil d’administration de Presidio, Presidio School of Management (États-Unis)

 

Le développement durable figure désormais parmi les principales priorités politiques, compte tenu des inquiétudes suscitées par le réchauffement climatique. Pour être en mesure de relever les défis environnementaux du XXIe siècle, nous devons intensifier et généraliser les efforts de sensibilisation environnementale menés auprès de la population mondiale. Le moyen le plus efficace de promouvoir le développement durable consiste à renforcer, par l’éducation, les capacités de tous les acteurs concernés à l’échelon mondial. Dans cette perspective, universités et facultés s’imposent naturellement comme les chefs de file du développement durable. Ce statut de chefs de file leur permet en effet d’élaborer des stratégies axées sur une solution mondiale ; en tant que centres d’apprentissage, elles peuvent sensibiliser les étudiants aux questions liées au réchauffement climatique, à l’énergie et à la notion de viabilité au sens large, et les inciter à prendre des initiatives dans ces différents domaines.
La sphère économique reconnaît elle aussi l’importance clé de la protection environnementale. Les chefs d’entreprises déplorent pourtant l’absence du cadre conceptuel qui leur permettrait d’intégrer l’environnement à leur processus décisionnel. Parallèlement, la complexité des problématiques environnementales nécessite une nouvelle génération de scientifiques et de chercheurs, présentant davantage de compétences interdisciplinaires, notamment en termes de capacités de communication et d’étude des systèmes.
Ce rapport analyse le volet économique de l’enseignement supérieur dans les pays développés, s’intéressant plus particulièrement à l’offre et à la demande d’outils permettant l’intégration des questions environnementales dans les programmes d’enseignement supérieur. L’auteur de ce rapport met en évidence une impulsion provenant du marché, et le potentiel de retour sur investissement élevé qui existe de nos jours ; ceux-ci s’expliquent  par la nécessité actuelle et future de former des diplômés dotés d’une solide base scientifique et conceptuelle, leur permettant ultérieurement d’apporter, dans le cadre professionnel, des solutions aux grands défis environnementaux mondiaux.

Pédagogie, technologie et valeur ajoutée : L’apport des technologies de pointe dans le domaine de l’enseignement supérieur

Auteur : Nancy Knowlton, SMART Technologies

 

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) affectent profondément les universités et autres établissements d’enseignement supérieur du monde entier. On note, d’une part, le nombre extravagant d’outils technologiques, la vitesse de leur introduction sur le marché et les problèmes liés à l’interopérabilité et à l’intégration, notamment dans les cadres d’apprentissage complexes que sont les EES. Cette révolution numérique se caractérise, d’autre part, par les difficultés très réelles associées à la nécessité de former le corps enseignant et le personnel administratif à l’utilisation des TIC. Car nous ne pouvons ignorer que dans cette course au progrès technologique, l’avenir appartient à ceux qui sauront maîtriser les technologies à mesure qu’elles se multiplient. Dans cette présentation, Nancy Knowlton (SMART Technologies) jette un éclairage nouveau sur ces questions et nous fait part de 21 ans d’expérience de l’introduction des TIC dans les établissements primaires et secondaires, mais aussi dans les établissements d’enseignement supérieur du monde entier. À cette occasion, elle nous invite une fois encore à considérer les TIC comme un simple moyen, et non comme une fin en soi.




 

 

 

 

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