Résumés : Mesures prises par les établissements pour évaluer et améliorer la qualité

 

Comment asseoir notre positionnement mondial : mise en œuvre d’une réforme stratégique de transformation

Auteurs : Simon Donoghue, Directeur du Groupe de travail Stratégie, Université de Leeds (Royaume-Uni) et Mike Kennerly, Université de Leeds (Royaume-Uni)

Ce rapport présente une étude de cas consacrée à l’élaboration et au déploiement d’une stratégie institutionnelle au sein d’une grande et prestigieuse université britannique très active dans le domaine de la recherche. Ce processus a été conçu de façon à tirer parti de la renommée et du classement internationaux de l’université, mais aussi de ses valeurs clés et de sa mission ; il permet d’ancrer solidement la réforme qui fera de l’Université de Leeds un établissement d’envergure mondiale.
Tous les pays s’accordent à dire que l’approche retenue, étayée par les meilleures pratiques internationales, est à l’avant-garde des stratégies déployées en la matière. L’université a en effet défini un « cadre stratégique » liant systématiquement ses aspirations en termes d’impacts sociaux (mission), de réputation et de positionnement (vision) aux objectifs, aux mesures et aux thèmes qui sous-tendent ces retombées stratégiques.
L’approche mise en œuvre consiste à effectuer une série de mesures en vue d’évaluer chacune des retombées stratégiques à tous les niveaux de l’université, l’objectif étant d’aider ses dirigeants à hiérarchiser les priorités. Les auteurs soulignent la nécessité de garantir parallèlement l’adhésion de la communauté universitaire à cette stratégie et la mise en œuvre de mécanismes de suivi des progrès.
L’étude de cas propose une analyse utile de la façon dont un établissement bien établi peut engager une réforme en vue d’améliorer la qualité, la réputation et l’impact de son offre de programmes. L’université réalise actuellement des avancées considérables en mettant en œuvre un programme majeur de réforme stratégique. Le rapport étudie les volets et thèmes clés de ce programme, allant de la direction, de la communication et de la prise en compte des mesures successives de la progression, à l’ancrage de la stratégie institutionnelle à tous les niveaux de la communauté universitaire. Il s’achève en proposant un aperçu des enseignements tirés, qui s’avéreront utiles à tout EES désireux d’engager une réforme stratégique de grande ampleur.

 

Réformer les évaluations pour déclencher une amélioration de la qualité dans l’enseignement et l’apprentissage universitaires : une étude de cas australienne

Autuer: Stuart Campbell, Pro Vice-Chancelier, Univeristé Western Sydney

 

L’amélioration de la qualité et des pratiques de l’évaluation des étudiants constitue un véritable défi pour les responsables de l’enseignement supérieur. À l’échelle internationale, la nécessité de réexaminer les pratiques en matière d’évaluation est unanimement reconnue. Parallèlement, le monde entier se préoccupe des classements et normes de qualité des universités. Le présent article décrit un processus de réforme des évaluations mis en œuvre à l’Université de Western Sydney. Cette initiative d’une durée d’un an a supposé la définition simultanée de nouvelles politiques d’évaluation, d’un guide et de regroupements de pratiques autour de l’évaluation. Le processus de réforme exerce des impacts bien au-delà de la pédagogie : il touche également les processus de gestion, le renouvellement des programmes, les positions envers le rôle central de l’étudiant, les bourses pour l’enseignement supérieur, les modalités de gouvernance, le développement professionnel et les relations de travail. En résumé, le présent article pose que les réformes des évaluations des étudiants constituent un puissant moteur pour l’amélioration de la qualité dans l’apprentissage, l’enseignement et plus encore, et qu’elles lancent des défis aux dirigeants de l’enseignement supérieur dans une vaste gamme de domaines de gestion.

 

Quel rôle le corps enseignant doit-il jouer dans le cadre de l’obligation redditionnelle des universités ?

Auteur : Elaine El-Khawas, Professeur de politique de l’enseignement, Université George Washington (États-Unis)

Bien que le principe de responsabilité appliqué à l’enseignement supérieur suscite un vif débat politique dans de nombreux pays, celui-ci porte principalement sur des objectifs élargis ou des approches axées spécifiquement sur les établissements. Les acteurs du secteur prêtent en revanche peu d’attention au rôle clé des universitaires dans la conception et la mise en œuvre des systèmes permettant d’évaluer les retombées de l’apprentissage. Or les principes mêmes sur lesquels se fonde, de longue date, l’autonomie des universités conduisent tout naturellement à assigner aux membres du corps enseignant un rôle central dans le processus d’obligation redditionnelle. Cette participation est d’ailleurs une nécessité : en effet, pour être effective, la mise en œuvre des procédures liées à l’obligation redditionnelle doit s’effectuer de façon décentralisée, afin de tenir compte de la spécificité des conditions propres à chaque discipline et à chaque niveau d’études. Les universitaires doivent ainsi prendre part à une série de tâches, consistant notamment à concevoir les supports d’évaluation ; à les tester et à les affiner au vue des résultats obtenus ; à analyser puis à mettre à profit les résultats en matière d’obligation redditionnelle ; et enfin à s’adapter en conséquence par le biais de nouveaux programmes ou de nouvelles modalités d’enseignement. L’auteur de ce rapport propose un modèle de processus permettant aux membres du corps enseignant de contribuer à l’analyse des retombées de l’apprentissage pour les élèves de l’enseignement supérieur, ainsi qu’à l’utilisation de ces données. Le rapport identifie ainsi les différentes façons dont les associations professionnelles (nationales ou internationales) de professeurs d’universités pourraient rédiger des lignes directrices définissant les bonnes pratiques dans chaque discipline (commerce, enseignement, chimie, littérature, aide sociale, etc.). L’auteur avance également un certain nombre d’approches destinées à faciliter, pour les établissements d’enseignement supérieur, l’adoption de ces lignes directrices, et à inciter les universitaires à les appliquer dans le cadre d’une évaluation systématique des retombées de l’apprentissage dans chaque discipline.

 

Évaluer et améliorer l’enseignement et l’apprentissage en premier cycle aux États-Unis : L’enquête nationale sur l’implication des étudiants (National Survey of Student Engagement)

Auteur : Alexander C. McCormick, Directeur, National Survey of Student Engagement, Professeur agrégé, Indiana University School of Education (États-Unis)

 

Depuis 2000, plus de 1 200 facultés et universités américaines et canadiennes proposant un cursus en quatre ans ont pris part à l’enquête nationale sur l’implication des étudiants (NSSE) en vue de déterminer, selon des méthodes favorisant les comparaisons avec les EES de même niveau, dans quelle mesure leurs étudiants de premier cycle prennent part et sont exposés aux pratiques éducatives ayant une efficacité démontrée en termes d’apprentissage et de formation. La notion « d’implication des étudiants » recouvre deux grands volets. Le premier a trait au temps et aux efforts que les étudiants consacrent à leurs études et aux autres activités à visée éducative. Le second est lié à la façon dont les ressources, les programmes et autres opportunités d’apprentissage des établissements contribuent à induire, chez les étudiants, les facteurs menant à la réussite scolaire (persévérance, apprentissage effectif, satisfaction, obtention du diplôme, etc.). Ce second volet revêt une importance particulière, car il illustre la mesure dans laquelle les EES contribuent à la qualité de l’enseignement dispensé, et constitue, à ce titre, un levier que les facultés ou les universités peuvent actionner pour induire les évolutions requises.
Ce rapport analyse tout d’abord les origines de l’enquête NSSE et la place de celle-ci au sein des efforts menés aux États-Unis en vue d’évaluer les conditions d’enseignement et d’apprentissage et de promouvoir la transparence et l’efficacité. L’auteur s’intéresse ensuite aux considérations plus pratiques liées à l’évaluation, met en évidence les fondements conceptuels et empiriques de la notion d’implication des étudiants, présente l’instrument NSSE, analyse certains résultats liés à l’implication et à l’efficacité des établissements, et explique comment les EES peuvent mettre à profit ces résultats pour orienter leurs efforts d’amélioration. Le rapport s’achève avec une réflexion sur les tensions observées, à l’heure actuelle, aux États-Unis, entre les initiatives visant à promouvoir l’amélioration interne et la responsabilité externe d’une part, et la nécessité d’utiliser les données disponibles de façon responsable d’autre part.

 

Qualité et sélection des dirigeants d’établissements d’enseignement supérieur : un facteur de retombées de l’enseignement supérieur encore méconnu

Auteur : Ayodele Fajonyomi, Département de la formation continue et des services d’extension, Université de Maiduguri (Nigéria)

 

L’auteur de ce rapport descriptif et empirique formule un certain nombre de recommandations. Il prend pour point de départ trois postulats interdépendants. Tout d’abord, l’enseignement supérieur (ES) joue un rôle crucial dans le développement de l’individu et de la société. Deuxièmement, la qualité de l’enseignement supérieur dépend, dans une très large mesure, de celle de ses dirigeants, notamment à l’échelon des établissements. Troisièmement, la qualité des dirigeants de l’enseignement supérieur détermine la qualité des intrants, des processus et des retombées de l’enseignement supérieur. Or, bien que la qualité des dirigeants de l’enseignement supérieur soit une question primordiale compte tenu de ses nombreuses implications, ce thème n’a pas reçu l’attention requise de la part des chercheurs. Cette omission explique l’état de dysfonctionnement de l’ES, notamment au Nigéria et, probablement, dans de nombreux autres pays africains et asiatiques. Pour parvenir à ce constat, le rapport passe en revue les publications consacrées aux liens entre la qualité des dirigeants et l’efficacité de l’ES ; l’auteur rappelle qu’il incombe aux recteurs, aux vice-recteurs principaux et aux adjoints aux recteurs d’assurer la direction stratégique et la gouvernance des EES ; il présente également les qualités essentielles requises de la part des dirigeants pour garantir l’efficacité de l’ES. L’analyse bibliographique et le rappel des fonctions mentionnées ci-dessus ont donné lieu à un rapport préliminaire sur le thème « Caractéristiques requises pour être un dirigeant d’établissement efficace ». Les données utilisées ont été collectées auprès des participants à la conférence organisée par l’organisme central du secteur éducatif au Nigéria. En conséquence de ce qui précède, le rapport s’achève en formulant certaines recommandations à l’attention des acteurs chargés d’élaborer les politiques d’enseignement supérieur.

 

Améliorer la réussite des étudiants en passe d’abandonner leurs études : Rapport consacré aux expériences actuellement menées par les chercheurs canadiens

Auteur : Andrew Parkin, Directeur Général Adjoint, La Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire (Canada)

La principale retombée escomptée de l’entrée dans l’enseignement supérieur est l’obtention d’un diplôme. Les établissements d’enseignement supérieur (EES) doivent parvenir non seulement à recruter leurs étudiants, mais aussi à les accompagner jusqu’à l’achèvement de leurs études. En réponse à l’essor continu de l’accès à l’enseignement supérieur, les établissements doivent s’adapter à une clientèle étudiante plus diversifiée, dont une part accrue court parfois le risque, pour des raisons scolaires, financières ou culturelles, d’abandonner ses études avant d’avoir obtenu un diplôme. Pour maintenir la qualité de l’enseignement dispensé et éviter que les étudiants n’aillent droit à l’échec, les EES doivent commencer à mettre en place des programmes d’aide aux étudiants adaptés. Pour garantir une utilisation optimale des ressources, il est essentiel que ces programmes soient étayés par des données probantes collectées par le biais de la recherche. Les chercheurs de la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire ont donc initié une série d’expériences visant à évaluer l’efficacité de différents mécanismes d’aide. L’un de ces projets expérimentaux consiste à fournir un surcroît d’aide financière aux étudiants à faibles revenus et aux étudiants autochtones inscrits dans divers établissements.  Deux autres expériences, menées dans trois facultés et une université, consistent à proposer aux étudiants jugés en passe d’abandonner leurs études et aux étudiants autochtones un système combiné de soutien scolaire, de tutorat interélèves, de conseils en orientation et de soutien culturel. Bien que les résultats finaux de ces projets ne soient pas disponibles avant quelques années encore, ce rapport présente la façon dont ces expériences ont été conçues et mises en œuvre, et analyse certaines conclusions préliminaires. Il explique par ailleurs comment les EES peuvent mettre à profit les résultats de cette recherche expérimentale pour étayer les politiques qui permettront, en définitive, d’améliorer la qualité de l’expérience éducative proposée, donc d’en optimiser les retombées.

 

Indicateurs de qualité de l’enseignement et de l’apprentissage employés dans les universités australiennes

Auteur : Denise Chalmers, Professeur, Université Western Australia (Australie)

Cette étude nationale, qui vise à identifier et à déployer des indicateurs de qualité de l’enseignement et de l’apprentissage, répond à l’évidente nécessité d’avoir une approche standard permettant d’évaluer et de récompenser la qualité de l’enseignement (et des enseignants) dans l’enseignement supérieur. Pour identifier les programmes de qualité, il convient au préalable d’élaborer et de déployer des instruments de mesure et des indicateurs standards dans l’ensemble du secteur universitaire, ici australien.
La première phase de l’étude a consisté en une revue de la littérature complète et une étude des usages des indicateurs de qualité de l’enseignement et de l’apprentissage dans les universités australiennes
au niveau des établissements. Ce papier présente un panorama du contexte dans lequel les indicateurs de performance sont utilisés dans l’enseignement supérieur et décrit les types d’indicateurs : intrants, de réalisations, de processus et de résultats. Il apparaît que toutes les sortes d’indicateurs sont nécessaires pour refléter fidèlement l’image de l’université.
A partir de travaux de recherche empirique et de la littérature visant à identifier des indicateurs de formation et d’apprentissage par les étudiants, a été élaboré un cadre reflétant les dimensions de la qualité de l’enseignement supérieur. Ce cadre est actuellement utilisé dans 8 universités pilotes australiennes qui en évaluent l’utilité. Ce cadre est pour elles une manière de mettre en œuvre et de s’approprier des indicateurs d’enseignement et d’apprentissage aux multiples niveaux dans l’université, dans le but ultime de repérer des indicateurs communs, utilisables quelque soient les établissements et les disciplines.


 

 

 

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