Agriculture Ministerial in 2010 › Marchés, prix et sécurité alimentaire : que nous réserve l’avenir ?
Selon les Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2009, au cours des dix années à venir, les prix réels devraient s’établir au niveau observé pendant la décennie qui a précédé la flambée de 2007 08 ou au dessus. La sécurité alimentaire va continuer de figurer en très bonne place parmi les préoccupations politiques internationales. La solution au problème passera nécessairement par une augmentation des investissements dans l’agriculture et par l’application de mesures de lutte contre la pauvreté. |
Principales évolutions du marché
La hausse spectaculaire des prix mondiaux des produits agricoles de base a été suivie d’une chute rapide provoquée par l’augmentation de la production, elle-même consécutive à la montée des prix, et par un fléchissement de la demande qu’est venu accentuer le déclenchement de la crise économique mondiale. La morosité de l’économie en général va contenir les prix des produits de base pendant un à deux ans encore, après quoi ils devraient se redresser à la faveur de la reprise de l’activité.
La situation varie d’un produit à l’autre, mais d’après les projections, les prix moyens en termes réels (c’est-à-dire corrigés de l’inflation) devraient s’établir sur les dix années qui viennent au niveau observé pendant la décennie qui a précédé la flambée de 2007 08 ou au dessus.
Les prix moyens des productions végétales devraient être plus élevés de 10 à 20 % en termes réels ; en ce qui concerne les huiles végétales, on s’attend à une hausse des prix réels de plus de 30 %.
Dans le cas de la viande, les prix réels ne devraient pas dépasser la moyenne de 1997 2006, et la baisse des revenus des consommateurs au début de la période de projection aura tendance à encourager la consommation de produits moins chers que les autres, favorisant la viande de volaille par rapport à la viande bovine. Les prix moyens des produits laitiers en termes réels seront probablement un peu plus élevés jusqu’en 2018, notamment celui du beurre, en raison de la hausse des prix de l’énergie et des huiles végétales.
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La production mondiale d’huiles végétales devrait dépasser la moyenne de 2006 08 de 40 % en 2018, et celle de graines oléagineuses, de tourteaux d’oléagineux, de viande de volaille, de beurre et de poudre de lait entier devrait progresser de plus de 30 %.
Abstraction faite du blé et des céréales secondaires, les Perspectives de l’OCDE et de la FAO prévoient que la production de produits agricoles de base migrera des pays développés vers les régions en développement, notamment vers les pays émergents et à revenu intermédiaire. Cette redistribution est particulièrement prononcée dans le cas de la viande et des produits laitiers.
Augmentation de la consommation et des échanges
Stimulée par la croissance démographique et la hausse des revenus, mais aussi par l’urbanisation et la propagation du régime alimentaire occidentale, riche en protéines animales, l’augmentation de la consommation de produits agricoles devrait elle aussi être imputable en grande partie au monde en développement. La consommation de tourteaux d’oléagineux (dans l’alimentation du bétail) dans les pays en développement aura progressé de près de 60 % en 2018 par rapport à la moyenne de 2006 08, la consommation de beurre et de viande de volaille de quelque 50 %, et celle d’huiles végétales de 40 % environ.
L’évolution de la production et de la consommation mondiales concourra au développement prévu des échanges, lequel permettra aussi de satisfaire le désir croissant de variété des produits auquel les producteurs locaux n’auront pas la capacité de répondre, qu’il s’agisse de quantité, de qualité ou de prix.
L’augmentation prévue des importations et des exportations est plus élevée dans les pays en développement que dans la zone de l’OCDE pour presque tous les produits. L’essor continu du commerce sud-sud est une caractéristique essentielle des Perspectives. Néanmoins, les pays de l’OCDE continueront de jouer un rôle prédominant dans les exportations de blé, de céréales secondaires et de la totalité des produits laitiers.
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C’est dans les pays en développement que les exportations devraient progresser le plus sensiblement : |
De plus, il y a toujours eu des liens importants entre les prix de l’énergie et les prix des produits agricoles. Sous l’effet de la montée en puissance du secteur des biocarburants, le lien avec les marchés du pétrole brut est désormais plus dynamique, en particulier dans le cas des productions végétales.
Essor des biocarburants
Les marchés des biocarburants sont en grande partie tributaires des obligations imposées par les pouvoirs publics, entre autres mesures de soutien. D’après les prévisions, l’essor rapide de la production de biocarburants, destiné à répondre à l’obligation d’atteindre une consommation prédéterminée, continuerait d'exercer une pression à la hausse sur les prix des matières premières comme le blé, le maïs, les graines oléagineuses et le sucre. Il reste cependant des incertitudes car les interventions des pouvoirs publics pourraient changer et d’autres facteurs comme l’évolution des prix du pétrole brut ou des technologies de deuxième génération sont imprévisibles.
Le Brésil reste numéro un du marché. L’augmentation de la consommation nationale d’éthanol carburant découle principalement du développement du parc de véhicules flex-fuel (qui devrait représenter près des deux tiers du parc de véhicules à moteur à allumage commandé au Brésil en 2018). L’augmentation des exportations confortera le Brésil dans sa position de premier fournisseur mondial, les exportations nettes atteignant près de 12 milliards de litres en 2018, soit 90 % des exportations mondiales d’éthanol.
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Projections du marché de l’éthanol au Brésil |
Contribution des prix alimentaires à l’inflation
Les prix des produits de base ont fortement chuté, mais les prix des aliments restent élevés dans de nombreux pays.
Le poids des produits alimentaires dans l’indice des prix à la consommation (IPC) varie beaucoup d’un pays à l’autre. Dans les pays à revenu élevé, ces produits comptent pour 10 à 20%, mais dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le pourcentage est sensiblement plus élevé et se situe souvent entre 40 et 60 %. Comme l’illustre la figure ci-dessous, la contribution des prix alimentaires à l’inflation dans son ensemble, y compris dans les périodes où ces prix augmentent, reste relativement limitée dans les pays de l’OCDE, mais elle est tout à fait significative dans les pays à revenu moins élevé comme le Kenya, l’Inde et le Brésil.
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Contribution des prix des aliments à la variation en pourcentage de l’IPC |
En résumé, la récente flambée des prix alimentaires a recentré l’attention sur la production et les marchés agricoles. Les enjeux et les facteurs déterminants que les responsables de l’action publique doivent prendre en compte sont notamment les suivants :
Références
Pour plus d'informations, visiter www.agri-outlook.org