Assurance et retraites

9ème Conférence internationale de la Fédération Française de l'Assurance (FFA): « L’assurance dans un monde en disruption »

 

Remarques d’Angel Gurría

Secrétaire général de l’OCDE

Paris, France, 27 octobre 2017

(As prepared for delivery)

 

 


Madame la Directrice Générale Odile Renaud-Basso, Monsieur le Président de la FFA Bernard Spitz, Mesdames, Messieurs,


C’est un grand plaisir de participer à la clôture de cette 9ème édition de la Conférence internationale de la Fédération Française de l’Assurance sur le thème de « L’assurance dans un monde en disruption ».

 

La disruption est notre nouvelle réalité, dans le secteur de l’assurance, ainsi que plus largement dans nos économies et nos sociétés. Qu’elle soit réglementaire, technologique ou politique, elle induit d’importantes transformations au sein de votre secteur. En particulier, nous devons favoriser les opportunités et les bienfaits des nouvelles technologies, tout en minimisant les effets négatifs.

 

Précisément pour répondre aux changements engendrés par la transition vers une économie de plus en plus digitalisée, l’OCDE a lancé une initiative majeure “Going Digital” qui vise à faire de la transformation numérique un vecteur de croissance et de bien-être. Ce défi touche aussi l’assurance.

 

Le secteur de l’assurance fait face aux ruptures technologiques

Le secteur de l'assurance joue un rôle essentiel dans la résilience financière des individus, des entreprises et des gouvernements face aux ruptures technologiques. Il offre aux individus protection et stabilité pour réagir à des perturbations ayant un impact sur leur vie.

 

Le rapport de l’OCDE La technologie et l’innovation dans le secteur de l’assurance (publié en septembre) montre que les investissements dans les start-ups liés aux assurances augmentent d’année en année, pour atteindre en 2016 environ 1.7 milliards de dollars, dont environ 3% sont dirigés vers des start-ups françaises. Les investissements stratégiques des grands assureurs français ainsi que le capital-risque public représentent une part significative de ces investissements.

 

La transformation des systèmes numériques et la dépendance accrue à leur égard permettent l’expansion du secteur à de nouveaux marchés, notamment celui de la cyber-assurance. Ce dernier représente environ 3,5 milliards de dollars de primes (en 2016), principalement aux Etats-Unis. Cela ne représente que 1% de la taille du marché de l'assurance non-vie, mais avec un rythme de croissance d’environ 20% par an, il ne peut être ignoré. Il est crucial de renforcer son efficacité afin d’atténuer les risques de la disruption.

 

Renforcer la cyber-assurance pour une meilleure gestion des risques de la disruption

Une plus grande pénétration de la couverture d’assurance pour le cyber-risque pourrait contribuer de manière significative la gestion des risques cybernétiques. Au mois de mai dernier, l'OCDE a remis son rapport Soutenir le développement d’un marché de la cyber assurance efficace aux ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G7 à ce sujet.

 

Permettez-moi de partager avec vous quelques-unes des recommandations figurant dans le rapport.

 

Premièrement, il est fondamental de renforcer la qualité et la fiabilité des données sur l'exposition au cyber-risque afin d’accélérer le développement du marché et consolider la gestion globale du cyber-risque. Pour combler les lacunes du secteur, une plus grande collaboration public-privé entre les autorités de réglementation, qui établissent les exigences de notification et de divulgation ; et les compagnies d'assurance, qui collectent les données, est nécessaire.

 

Deuxièmement, il est important d'harmoniser la terminologie au sein des différents groupes. Cela permettra d’augmenter la valeur des données pour toutes les parties et d’améliorer la capacité du secteur de l'assurance à souscrire et offrir une couverture pour le cyber-risque.

 

L'OCDE publiera également un rapport sur Améliorer le rôle de l’assurance dans la gestion du cyber risque le 11 novembre prochain. J’espère que celui-ci contribuera aux discussions sur la manière dont le secteur de l’assurance peut contribuer à une meilleure gestion de ces risques.

 

Nous travaillons à cet égard étroitement avec la FFA, qui accomplit un travail important pour améliorer le fonctionnement du marché de la cyber assurance en apportant son expertise aux entreprises, en particulier aux Petites et Moyennes Entreprises, et en encourageant ses membres à être clairs quant à la couverture qu'ils offrent. Ceci touche aussi à l’élaboration de politiques réglementaires qui facilitent l’adaptation à ces disruptions.

 

Adapter les politiques réglementaires au développement du secteur

Il est essentiel que nous continuions à œuvrer pour l’adaptation des politiques réglementaires afin qu’elles favorisent l'innovation tout en garantissant la protection des assurés.

 

La réglementation peut contribuer de manière significative à surmonter les obstacles au développement du marché de la cyber-assurance, notamment en ce qui concerne la transparence.

 

Par exemple, le Règlement général sur la protection des données de l’UE et la Directive sur la sécurité des réseaux et de l'information, dont les mises en œuvre sont prévues pour 2018, devraient apporter une transparence bienvenue concernant les cyber incidents et leurs impacts. L’OCDE continuera de travailler sur le renforcement de l’évaluation des incidents de sécurité digitale et sur l’élaboration d’une taxonomie commune qui, à terme, devrait améliorer la valeur des données disponibles aux compagnies d’assurance.

 

La technologie peut aussi s'avérer particulièrement utile dans le développement des politiques réglementaires du marché de l’assurance, particulièrement dans les pays où les pratiques et les réseaux traditionnels ne sont pas encore bien établis. Par exemple, la RegTech, où la technologie est utilisée pour renforcer la conformité à la réglementation de l'assurance, peut être un outil puissant pour œuvrer à cet effet.

 

Mesdames, Messieurs,

Le secteur de l’assurance est l’un des piliers invisibles de nos économies et sociétés. Nous devons l’aider à tirer le meilleur parti des technologies digitales. Pour garantir une stabilité financière et promouvoir une croissance inclusive, il est nécessaire de fournir une protection des assurés adéquate et un meilleur développement de marchés des assurances. À cet effet, un dialogue continu entre le secteur privé et le secteur public demeure essentiel.

 

L'OCDE s'engage à continuer à travailler avec la FFA sur ces fronts, afin que le secteur de l’assurance fournisse la stabilité et la protection nécessaires pour que la disruption soit un moteur de croissance inclusive et durable.  Merci.

 

 

Voir aussi

Travaux de l'OCDE portant sur "Going Digital" (en anglais)

 

 

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