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Coopération transfrontalière et réseaux de gouvernance en Afrique de l'Ouest

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Publié le 13 janvier 2017

Également disponible en: Anglais

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Cette publication examine la contribution des acteurs impliqués dans la coopération transfrontalière au processus d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. S’appuyant sur une méthodologie innovante, appelée analyse des réseaux sociaux, cet ouvrage propose une cartographie des relations formelles et informelles qui lient les acteurs impliqués dans les réseaux de gouvernance transfrontaliers. Il éclaire notamment les effets des frontières sur les échanges d’information et les relations de pouvoir entre acteurs. L’analyse du potentiel de coopération de plusieurs indicateurs régionaux montre ensuite que les frontières affectent diversement la capacité des espaces à développer des initiatives transfrontalières. Ces deux résultats sont combinés à la perception que les décideurs politiques ont des zones frontalières prioritaires en matière d’intégration régionale. Cette analyse croisée propose des bases pour des politiques territorialisées plus propices au développement de la coopération transfrontalière en Afrique de l’Ouest.

TABLE DES MATIERES

Le Club
Préface
Avant-propos et remerciements
Résumé
Vers une nouvelle approche de la coopération transfrontalière4 chapitres disponibles
Coopération transfrontalière en Afrique de l'Ouest, rapprocher les travaux de recherche et les politiques
Une approche relationnelle de la coopération transfrontalière en Afrique de l'Ouest
Régionalisme, intégration régionale et régionalisation en Afrique de l'Ouest
Analyse des réseaux sociaux et coopération transfrontalière en Afrique de l'Ouest
La coopération transfrontalière : potentiels, réseaux et priorités politiques4 chapitres disponibles
Cartographier le potentiel de coopération transfrontalière des régions ouest-africaines
Intégration ouest-africaine et paysage institutionnel
Les réseaux de politiques publiques transfrontaliers ouest-africains
Représentations spatiales et coopération transfrontalière en Afrique de l'Ouest
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Le rapport en bref :

(Cliquez sur les cartes pour les agrandir)

 

Le rapport propose une étude innovante du potentiel de coopération des régions ouest-africaines, de la structure des réseaux de politiques publiques transfrontaliers et de la vision spatiale qu’en ont les acteurs politiques. Le résultat de ces analyses sont autant d’arguments de la contribution des espaces frontaliers au processus d’intégration régionale. 

L'étude est conduite au niveau régional et dans trois espaces: (1) le fleuve Sénégal - traversant le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée ; (2) le Liptako-Gourma - couvrant les zones voisines du Mali, du Burkina Faso et du Niger, et (3) le lac Tchad - du Niger et Nigéria à l'ouest, au Tchad, Soudan et République centrafricaine à l'est.


La publication évalue d'abord dans quelle mesure les disparités économiques, politiques et sociales sont une source de synergies ou d'obstacles à la coopération transfrontalière.

Sept indicateurs sont retenus: population, ressources hydrauliques, ressources agricoles et pastorales, langues, statut légal des frontières, stabilité politique et pauvreté. Leur analyse croisée identifie les régions d'Afrique de l'Ouest dotées du plus grand potentiel de coopération transfrontalière ; représentées par les lignes bleues les plus épaisses.

La cartographie confirme l’hétérogénéité spatiale de la région ouest-africaine avec une répartition inégale des lignes épaisses sur le territoire.


Cette carte se concentre sur l'un des indicateurs (potentiel de population) dans la zone frontalière Niger-Nigéria. L'analyse permet de spatialiser les limites géographiques actuelles et potentielles des interactions socio-économiques. La région est particulièrement propice à la coopération transfrontalière, en raison du grand réseau de villes et de marchés situés des deux côtés de la frontière qui offrent des opportunités pour le commerce transfrontalier.

L’indicateur calcule le nombre d’habitants pouvant potentiellement être attirés en moins de 4 heures d’un marché frontalier. La qualité et le nombre de réseaux routiers, le couvert végétal et la présence de frontières sont pris en compte. Les temps de trajet les plus courts figurent en bleu foncé et les plus longs en rose.

En outre, le modèle calcule la population pouvant théoriquement être atteinte si les délais aux frontières se réduisaient d'une heure (part vert foncée du camembert). Plus cette part est grande, plus le marché gagnerait à la fluidification des frontières.


La grande diversité des acteurs de la coopération transfrontalière et leurs relations complexes sont visualisées par l’analyse des réseaux sociaux. Celle-ci permet de cartographier les relations entre les acteurs et leur influence.

Le réseau des organisations de coopération transfrontalière apparait proche d’une structure centre-périphérie dans laquelle les acteurs centraux interagissent de préférence avec d’autres acteurs centraux, tandis que ceux de la périphérie n’interagissent pas entre eux mais avec le cœur du réseau.


Cette carte dite «carte mentale», résulte d'une enquête auprès d’un échantillon de 137 acteurs de la coopération transfrontalière. Ces acteurs sont invités à représenter les limites de ce qu’ils considèrent comme l’espace d’action prioritaire de la coopération transfrontalière sur une carte topographique. Les différentes cartes superposées montrent s’il existe un consensus sur le lieu où la coopération politique devrait avoir lieu.

Dans la vallée du Sénégal il existe des interprétations différentes du périmètre d’action de la coopération transfrontalière. Les acteurs ne s’entendent pas non plus sur l’espace le plus central, diversement localisé dans la vallée du fleuve ou entre Mali et Burkina Faso.

Dans le Liptako Gourma les acteurs s’entendent à la fois sur le périmètre et le centre de la coopération transfrontalière. Les cartes mentales montrent des cercles concentriques organisés autour de l’espace de jonction entre Niger, Burkina Faso et Mali.

Dans le bassin du lac Tchad, les acteurs s’entendent sur le centre de la coopération transfrontalière, mais pas sur son extension spatiale. Les cartes montrent des cercles concentriques basés sur N’Djamena mais leur étendue géographique varie fortement, allant jusqu’en République centrafricaine, au sud du Cameroun et au centre du Niger.

En général, l’émergence d’un consensus sur l’étendue de la coopération transfrontalière est un signe de maturité des systèmes de gouvernance locaux : les acteurs ont eu le temps de construire et de partager une vision commune des espaces où la coopération transfrontalière devrait prendre place.


Cette carte identifie les zones prioritaires pour la coopération transfrontalière en Afrique de l'Ouest selon les cartes mentales des interviewés. Plus la couleur est foncée, plus les décideurs s’accordent à reconnaître la zone comme prioritaire. Les espaces reconnus comme prioritaires sont notamment la conurbation Lagos-Cotonou, le pays haoussa, le Dendi (Gaya-Malanville-Kamba), le nord du Togo (Sinkansé, Burkina Faso) et le triangle Sikasso-Korhogo-Bobo Dioulasso (SKBo). Trois de ces cinq régions sont situées sur le pourtour du Nigéria.


Pour en savoir plus: