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Salle de presse

Table ronde virtuelle des femmes dirigeantes sur le COVID-19 et l’avenir : plaçons les femmes et les filles au centre des mesures de réponse

 

21/04/2020 - Le 20 avril 2020, Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes, et Gabriela Ramos, Directrice de Cabinet et Sherpa de l’OCDE au G20, ont organisé et présidé la Table ronde virtuelle des femmes dirigeantes sur le COVID-19 et l’avenir en vue d’atténuer l’impact négatif disproportionné de la pandémie de COVID-19 sur les femmes et les filles, et de définir et hiérarchiser des mesures d’intervention propices à l’adoption d’une trajectoire de reprise davantage axée sur l’égalité femmes-hommes.

Les femmes dirigeantes (voir la liste complète ci-dessous), notamment des cheffes d’État et de gouvernement, assurant les fonctions de Présidente, Première ministre et Vice-présidente, ainsi que des représentantes de la société civile, des responsables de mouvements mondiaux en faveur des femmes et des chefs de file de la jeunesse, ont porté la voix des femmes de différents secteurs afin de mettre en commun leurs recommandations sur la base de leur expérience de la crise et de l’avant-crise. Les échanges dynamiques et constructifs ont confirmé que l’impulsion des femmes est plus que jamais nécessaire pour faire face à la crise.

Les femmes dirigeantes sont convenues que la promotion de l’égalité femmes-hommes et des droits des femmes est essentielle pour traverser cette pandémie ensemble, pour s’en remettre plus rapidement et pour bâtir un avenir meilleur. Elles ont exhorté les gouvernements et l’ensemble des parties prenantes à placer les femmes et les filles au centre de la lutte et à intégrer pleinement la force mobilisatrice et la contribution des femmes dans les efforts déployés pour faire face au COVID-19 et dans les mesures adoptées en faveur de la résilience et de la reprise.

La parole des femmes étant peu présente dans les sphères de décision, y compris avec cette crise, la Table ronde a permis de présenter des mesures nécessaires pour empêcher que la crise ne se traduise par un recul important de la sécurité et du bien-être des filles et des femmes dans le monde entier.

Pendant la réunion, Phumzile Mlambo-Ngcuka a fait la déclaration suivante : « L’un des aspects les plus dévastateurs de cette pandémie est la façon dont les violences faites aux femmes, y compris les violences domestiques, augmentent de façon si brutale dans un si grand nombre de pays. Les gouvernements devraient tous déclarer comme essentiels les services de prévention et d’intervention face à ce fléau. Cela passe notamment par l’ouverture de numéros d’urgence et de refuges. Non seulement les femmes doivent obtenir l’attention et les ressources dont elles ont besoin aujourd’hui, mais ces ressources doivent perdurer après la pandémie. En outre, les mesures de relance socioéconomique devraient inclure des dispositions spécialement ciblées sur les femmes ».

Gabriela Ramos a fait la déclaration suivante : « Dans un monde inégalitaire, une crise sanitaire telle que celle qui nous frappe aujourd’hui a des effets délétères démesurés sur les femmes. Représentant 70 % du personnel de santé dans le monde, la moitié des médecins et 95 % du personnel de soins de longue durée dans les pays de l’OCDE, les femmes assurent la majorité des activités de soin, à la fois rémunérées et non rémunérées. Elles risquent leur vie, et pourtant leur rémunération, leur statut, leur reconnaissance sociale et leur visibilité sont limités. En outre, les femmes sont potentiellement surexposées à ces répercussions économiques vu qu’elles sont surreprésentées dans l’économie informelle, sans protection sociale suffisante. Pour faire simple, deux options s’offrent à nous pour faire face à la crise : nous pouvons soit laisser ces effets démesurés exacerber les inégalités existantes, soit faire en sorte que les mesures de réponse et de relance prennent résolument en compte la problématique femmes-hommes pour une sortie de crise par le haut – et notre choix est clair. Le monde d’après le Covid-19 ne sera plus jamais le même, et il nous incombe à tous d’améliorer le sort des femmes ».

 

Participantes :

 

Cheffes d’État et représentantes gouvernementales

  • S.E. Sahle-Work Zewde, Présidente de l’Éthiopie
  • S.E. Katrín Jakobsdóttir, Première ministre de l’Islande et Présidente du Council of Women World Leaders
  • S.E. Marta Lucía Ramírez, Vice-Présidente de la Colombie
  • Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations
  • Nadine Gasman, Présidente de Inmujeres Mexico

 

Représentantes de la société civile

  • Anne-Birgitte Albrectsen, Directrice générale de Plan International
  • Hibaaq Osman, Présidente du Think Tank for Arab Women, El Karama, The Dignity Fund
  • Jaha Dukureh, Fondatrice de Safe Hands for Girls et Ambassadrice de bonne volonté de l’ONU-Femmes pour la région
  • Michelle Nunn, Présidente-Directrice générale de Care USA
  • Roopa Dhatt, Présidente de Women in Global Health
  • Salam Al-Nukta, Chef de file de la jeunesse et Membre du Groupe de travail des Jeunes Pékin +25
  • Shantel Marekera, Chef de file de la jeunesse et Membre du Groupe de travail des Jeunes Pékin +25
  • Tarana Burke, Fondatrice du mouvement #MeToo

 

Organisations intergouvernementales et philanthropie

  • Aya Chebbi, Émissaire de l’Union africaine pour la jeunesse
  • Bineta Diop, Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité
  • Gabriela Cuevas Barron, Présidente de l’Union interparlementaire
  • Helena Dalli, Commissaire européenne à l’égalité
  • Jayathma Wickramanayake, Envoyée de l’ONU pour la jeunesse
  • Kalpana Kochhar, Directrice de département au Fonds monétaire international
  • Natalia Kanem, Directrice exécutive du FNUAP
  • Silvana Koch-Mehrin, Présidente de Women Political Leaders
  • Stefania Giannini, Sous-Directrice générale de l'UNESCO pour l'éducation

 

Les participants à la Table ronde ont défini plusieurs domaines d’action clés : 

 

Systèmes de santé et activités de soins : Si les femmes représentent 70 % du personnel de santé au niveau mondial, elles sont peu nombreuses aux postes décisionnels et occupent principalement des emplois situés au bas de l’échelle de rémunération. Pour faire face aux effets immédiats de la crise, les professionnelles de santé ont été contraintes d’assumer de très lourdes responsabilités.

  • Assurer des conditions de travail convenables aux professionnels de santé, notamment en leur fournissant des équipements de protection adaptés, en assurant l’égalité hommes-femmes en matière de rémunération et de présence aux postes décisionnels, et en veillant à ce que le temps de travail effectué reste raisonnable.
  • Veiller à ce que soient pris en compte les besoins des femmes, aussi bien en tant que membres du personnel soignant qu’en tant que patientes, et allouer des financements suffisants à la protection de la santé des femmes et de leurs droits en matière sexuelle et de procréation.

 

Impact économique : Le confinement est indispensable pour sauver des vies, mais il a des conséquences terribles sur le bien-être économique des populations à travers le monde. On estime que 2.7 milliards de travailleurs, soit 81 % environ de la population active mondiale, sont actuellement concernés par des mesures de confinement. Les femmes qui ont des responsabilités familiales, les travailleurs informels, les ménages aux revenus modestes et les jeunes sont particulièrement vulnérables.

  • Assurer une protection sociale adéquate aux femmes qui risquent de perdre leur emploi et leurs revenus. Cette protection sociale peut prendre différentes formes : aides financières pour les travailleurs licenciés, médiation en vue de reporter le paiement des services publics collectifs et des loyers et de suspendre les expulsions, et élargissement de l’accès à la couverture maladie.
  • Dispenser un soutien social adapté aux femmes qui occupent un emploi informel, notamment en étendant l’accès aux allocations de chômage aux travailleurs atypiques et informels.
  • Accompagner les jeunes qui perdent leur emploi pendant cette crise et qui pourraient avoir du mal à retrouver du travail une fois qu’elle sera terminée. Assurer l’accès aux plateformes numériques de formation et de développement des compétences, ainsi qu’aux outils numériques permettant aux jeunes d’accéder à des offres d’emploi adaptées.
  • Apporter un soutien aux travailleurs ayant des responsabilités familiales, sous différentes formes : allocations pour garde d’enfants, accès aux structures d’accueil des jeunes enfants pour les personnes qui travaillent dans des secteurs considérés comme essentiels, modalités de travail flexibles, et aides financières pour les employeurs qui accordent des congés rémunérés à leurs salariés.
  • Encourager les entreprises à exercer une diligence raisonnable afin d’évaluer les effets négatifs potentiels et avérés de la crise sur les femmes travaillant dans les chaînes d’approvisionnement.

 

Violence fondée sur le sexe : Avant la crise, plus d'une femme sur trois avait déjà subi soit des violences conjugales physiques et/ou sexuelles, soit des violences sexuelles non conjugales. Ces chiffres sont en hausse depuis le début de la crise. On enregistre dans certains pays une augmentation de plus de 30 % des appels d’urgence et les services d’aide peinent à faire face à la situation.

  • Intégrer les initiatives prises pour prévenir et éliminer toutes les formes de violence contre les femmes dans les plans d’action adoptés pour répondre à la crise du COVID-19.
  • Désigner comme essentiels les refuges réservés aux victimes de violence domestique et augmenter les ressources qui leur sont allouées, ainsi qu’aux groupes de la société civile en première ligne.
  • Désigner des lieux sûrs pour que les femmes puissent dénoncer les violences qu’elles subissent sans se mettre en danger, y compris en ligne.
  • Développer les campagnes de sensibilisation, notamment ciblées sur les hommes.

 

Les femmes, la paix et la sécurité, et l’aide humanitaire : Les effets disproportionnés qu’a cette crise sur les femmes, qu’elles soient professionnelles de santé ou qu’elles assument des responsabilités familiales, sont décuplés dans les pays en développement. Par ailleurs, les budgets d’aide sont menacés, les pays donneurs investissant massivement dans la protection de leurs propres populations.

  • Veiller à ce que les femmes puissent exercer leur initiative dans les actions humanitaires et dans les zones de conflit.
  • Assurer l’accès aux services de base pour les catégories de femmes les plus en marge de la société, comme les femmes autochtones vivant en zone rurale, les réfugiées et les immigrées.
  • Développer des projets d’aide humanitaire conformément aux normes sur l’élimination de l’exploitation et des atteintes sexuelles et du harcèlement sexuel.

 

Pour de plus amples informations et analyses sur l’impact de la crise du COVID-19 sur les femmes, veuillez consulter la Note de synthèse de l’OCDE : Women at the core of the fight against COVID-19 crisis et la Note des Nations Unies : The impact of COVID-19 on Women.

Pour toute demande d’information ou d’entretien avec les co-Présidentes de la Table ronde, les journalistes sont invités à prendre contact avec les Divisions des médias de l’OCDE (news.contact@OECD.org) et de l’ONU Femmes (media.team@unwomen.org).

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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