Salle de presse

Présentation du rapport : « Des Emplois pour les Jeunes – France »

 

Remarques d’Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE


Paris, 20 Mai 2009
 
Monsieur le Secrétaire d’État Chargé de l’Emploi, Monsieur le Haut Commissaire à la Jeunesse, Mesdames et Messieurs :


C’est un grand plaisir pour moi de présenter aujourd’hui le rapport de l’OCDE  « Des Emplois pour les Jeunes » pour la France. Ce rapport est rendu public alors que la France, comme l’ensemble des pays industrialisés, connaît actuellement la pire récession économique de la période d’après guerre.


La crise financière et économique est désormais une crise sociale. Selon nos dernières prévisions, le taux de chômage dans la zone de l’OCDE pourrait approcher les 10 % en 2010, contre 5.6 % en 2007 -- de loin, l’augmentation la plus forte et la plus rapide du chômage depuis la seconde guerre mondiale.


Dans tous les pays de l’OCDE, les jeunes sont souvent les premiers à perdre leur emploi alors même qu’ils n’ont généralement qu’un accès limité à la protection sociale. La France n’a pas échappé à cette tendance : en mars 2009, le taux de chômage des jeunes a atteint 21 %, soit 4 points de pourcentage de plus que la moyenne des pays de l’OCDE.


La priorité à court terme est de prendre des mesures ciblées sur les jeunes les plus à risque. Et je me réjouis que le Président Sarkozy ait lancé fin avril un plan d’urgence pour l’emploi des jeunes. C’est en effet maintenant qu’il faut agir car sinon les jeunes qui débutent sur le marché du travail en 2009, ceux qui forment la Génération 2009, courent un grand risque de devenir une génération sacrifiée.


Ce plan qui mise beaucoup sur les formations en alternance va très précisément dans la direction que nous préconisons dans notre rapport, et ce d’autant plus qu’il se place d’emblée dans une perspective de long terme. Il est très important que les mesures prises actuellement contribuent à répondre aux problèmes d’insertion de nature plus structurelle qui existaient avant même le début de la crise.


En effet, si la majorité des jeunes Français ne rencontrent pas de difficultés particulières pour trouver un emploi de qualité à la fin de leurs études, pour un groupe important de jeunes, s’insérer professionnellement en France est un processus long et difficile.


C’est le cas en particulier pour ceux qui sortent du système scolaire sans qualification, qui ont décroché tôt de l’école et qui bien souvent ne possèdent pas les savoirs fondamentaux de base. Il est crucial, dans la société de la connaissance qui est la nôtre aujourd’hui, d’offrir une « seconde chance à la qualification » à ces jeunes que nous appelons dans notre rapport les “laissés pour compte”. Le diplôme reste en effet un atout majeur contre le chômage en France. Dans les toutes premières années suivant la fin des études, le taux de chômage des jeunes sans qualification est environ quatre fois plus important que celui des diplômés du supérieur. L’une des mesures les plus pertinentes pour mieux insérer les jeunes en difficulté scolaire sur le marché du travail est le développement des contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Il s’agit d’un levier particulièrement efficace car il permet aux jeunes d’acquérir des compétences qui répondent aux besoins des entreprises tout en leur donnant une première expérience du travail.


Les subventions en faveur de l’alternance devraient donc bénéficier en priorité à ceux qui n’ont pas de diplôme ou de qualification, notamment  en période de crise, où ces jeunes risquent de se retrouver les derniers dans la « file d’attente » des demandeurs d’emploi et où les entreprises risquent de réduire leur offre de contrats d’apprentissage.


Mais, en France, la transition de l’école à l’emploi est aussi difficile pour un autre groupe de jeunes, ceux que nous appelons dans notre rapport « les débutants en mal d’insertion ». Ces jeunes débutants sont diplômés, souvent de l’université, mais ils mettent beaucoup de temps à se stabiliser dans l’emploi, même dans les périodes de forte croissance. Ces jeunes subissent de plein fouet les ajustements conjoncturels et sont les victimes principales de la forte segmentation du marché du travail en France.


Comme l’OCDE vient de le rappeler dans l’Étude économique de la France publiée le 28 avril dernier, poursuivre les réformes générales du marché du travail pour réduire cette segmentation reste donc une priorité. Mais il faut aussi mieux préparer les étudiants à l’entrée dans la vie active. Contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, on ne donne pas suffisamment au jeune Français la possibilité de tâtonner pour construire son avenir professionnel : il n’a pas le droit à l’erreur. Et ceci, alors même que les étudiants français sont parmi ceux des pays de l’OCDE qui ont le moins de contact avec le monde du travail pendant leurs études.


Pour rendre cette transition moins abrupte, il faudrait par exemple, rendre les stages en entreprise obligatoires avec délivrance de crédits dans toutes les filières de l’enseignement supérieur. Le travail étudiant devrait aussi être encouragé. Le taux d’emploi des jeunes étudiants français est parmi les plus faibles des pays de l’OCDE (environ 25 % des étudiants de 20-24 ans travaillent en France contre 34% en moyenne dans l’OCDE).  Dans des pays voisins comme les Pays-Bas ou le Danemark, les étudiants occupent tout au long de l’année pendant leurs études des emplois de quelques heures qui facilitent ensuite leur entrée sur le marché du travail car l’expérience acquise est valorisée par les employeurs. 


Il est important que les moyens supplémentaires pour combattre le chômage des jeunes, annoncés dans le plan d’urgence du Président Sarkozy, soient déployés vers les mesures d’accompagnement personnalisé pour une insertion durable dans la vie active et que l’articulation et le pilotage des dispositifs soient  bien coordonnés au niveau national et territorial.


Alors que nous préconisons d’augmenter les prestations sociales pour les travailleurs les plus vulnérables face à la crise, je me réjouis que plus de jeunes Français vont bénéficier de l’assurance chômage grâce à l’accord signé par les partenaires sociaux. Par ailleurs les jeunes demandeurs d’emploi qui n’ont travaillé que peu de temps vont toucher une prime exceptionnelle de 500€. Cela permettra d’éviter les risques de précarité accrue des jeunes aujourd’hui.


A terme cependant, il faudrait aussi envisager d’étendre le Revenu de Solidarité Active aux jeunes actifs de moins de 25 ans qui sont confrontés au risque de pauvreté. La France se singularise, en effet, parmi les pays de l’OCDE en n’accordant pas l’accès au principal dispositif d’aide sociale sous certaines conditions aux jeunes dès l’âge de la majorité. Aux Pays-Bas, au Danemark et bientôt en Australie, par exemple, les jeunes sans qualification perçoivent une aide sociale à condition de s’engager dans une formation qualifiante.


Mesdames et Messieurs,
En conclusion, je voudrais redire combien il est important de tout faire pour que la transition des jeunes de l’école à l’emploi soit réussie. Il faut créer les conditions pour que les jeunes Français, qui sont les plus pessimistes en Europe, retrouvent confiance dans leur avenir.


Notre rapport met l’accent sur la nécessité de mettre en place un programme d’ensemble cohérent et bien coordonné entre toutes les parties prenantes. Je pense que c’est dans cet esprit que le Président Sarkozy vous a confié la tâche, Monsieur Hirsch, de lancer une politique d’autonomie des jeunes visant à traiter les problèmes dans leur globalité.

Comment préparer les jeunes à entrer sur le marché du travail et à y progresser sera l’un des sujets abordés lors de la réunion des Ministres de l’emploi et du travail des pays de l’OCDE qui se tiendra à Paris les 28 et 29 septembre prochains, sur le thème général de la crise et l’emploi. Cette réunion sera une occasion unique de partager les expériences des pays de l’OCDE et de tirer les enseignements des politiques et des programmes menés par chacun. J’espère que je pourrai compter, Monsieur Wauquiez, sur votre participation active à cette réunion.


Je vous remercie.

 

Related Documents

 

La France doit soutenir en priorité l’emploi des jeunes les moins qualifiés

 

Countries list

  • Afghanistan
  • Afrique du Sud
  • Albanie
  • Algérie
  • Allemagne
  • Andorre
  • Angola
  • Anguilla
  • Antigua-et-Barbuda
  • Antilles Néerlandaises
  • Arabie Saoudite
  • Argentine
  • Arménie
  • Aruba
  • Australie
  • Autorité Nationale Palestinienne
  • Autriche
  • Azerbaïdjan
  • Bahamas
  • Bahreïn
  • Bangladesh
  • Barbade
  • Belgique
  • Belize
  • Bermudes
  • Bhoutan
  • Bolivie
  • Bosnie-Herzégovine
  • Botswana
  • Brunéi Darussalam
  • Brésil
  • Bulgarie
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Bélarus
  • Bénin
  • Cambodge
  • Cameroun
  • Canada
  • Cap-Vert
  • Caïmanes, Îles
  • Centrafricaine, République
  • Chili
  • Chine (République populaire de)
  • Chypre
  • Colombie
  • Comores
  • Congo, La République Démocratique du
  • Corée
  • Corée, République Populaire Démocratique de
  • Costa Rica
  • Croatie
  • Cuba
  • Côte D'ivoire
  • Danemark
  • Djibouti
  • Dominicaine, République
  • Dominique
  • Egypte
  • El Salvador
  • Emirats Arabes Unis
  • Equateur
  • Erythrée
  • Espagne
  • Estonie
  • Etats Fédérés de Micronésie
  • Etats-Unis
  • Ethiopie
  • ex-République yougouslave de Macédoine (ERYM)
  • Fidji
  • Finlande
  • France
  • Gabon
  • Gambie
  • Ghana
  • Gibraltar
  • Grenade
  • Groenland
  • Grèce
  • Guatemala
  • Guernesey
  • Guinée Équatoriale
  • Guinée-Bissau
  • Guinéee
  • Guyana
  • Guyane Française
  • Géorgie
  • Haïti
  • Honduras
  • Hong Kong, Chine
  • Hongrie
  • Ile de Man
  • Ile Maurice
  • Iles Cook
  • Iles Féroé
  • Iles Marshall
  • Iles Vierges Britanniques
  • Iles Vierges des États-Unis
  • Inde
  • Indonésie
  • Iraq
  • Irlande
  • Islande
  • Israël
  • Italie
  • Jamaïque
  • Japon
  • Jersey
  • Jordanie
  • Kazakstan
  • Kenya
  • Kirghizistan
  • Kiribati
  • Koweït
  • l'Union européenne
  • Lao, République Démocratique Populaire
  • le Taipei chinois
  • Lesotho
  • Lettonie
  • Liban
  • Libye
  • Libéria
  • Liechtenstein
  • Lituanie
  • Luxembourg
  • Macao
  • Madagascar
  • Malaisie
  • Malawi
  • Maldives
  • Mali
  • Malte
  • Maroc
  • Mauritanie
  • Mayotte
  • Mexique
  • Moldova
  • Monaco
  • Mongolie
  • Montserrat
  • Monténégro
  • Mozambique
  • Myanmar
  • Namibie
  • Nauru
  • Nicaragua
  • Niger
  • Nigéria
  • Nioué
  • Norvège
  • Nouvelle-Zélande
  • Népal
  • Oman
  • Ouganda
  • Ouzbékistan
  • Pakistan
  • Palaos
  • Panama
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée
  • Paraguay
  • Pays-Bas
  • Philippines
  • Pologne
  • Porto Rico
  • Portugal
  • Pérou
  • Qatar
  • Roumanie
  • Royaume-Uni
  • Russie, Fédération de
  • Rwanda
  • République du Congo
  • République Islamique d' Iran
  • République Tchèque
  • Sahara Occidental
  • Saint-Kitts-et-Nevis
  • Saint-Marin
  • Saint-Vincent-et-les Grenadines
  • Sainte-Hélène
  • Sainte-Lucie
  • Salomon, Îles
  • Samoa
  • Sao Tomé-et-Principe
  • Serbie
  • Serbie et Monténégro (avant juin 2006)
  • Seychelles
  • Sierra Leone
  • Singapour
  • Slovaquie
  • Slovénie
  • Somalie
  • Soudan
  • Soudan du Sud
  • Sri Lanka
  • Suisse
  • Suriname
  • Suède
  • Swaziland
  • Syrienne, République Arabe
  • Sénégal
  • Tadjikistan
  • Tanzanie
  • Tchad
  • Thaïlande
  • Timor-Leste (Timor Oriental)
  • Togo
  • Tokelau
  • Tonga
  • Trinité-et-Tobago
  • Tunisie
  • Turkménistan
  • Turks et Caïques, Îles
  • Turquie
  • Tuvalu
  • Ukraine
  • Uruguay
  • Vanuatu
  • Venezuela
  • Viêt Nam
  • Wallis et Futuna
  • Yémen
  • Zambie
  • Zimbabwe
  • Topics list