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Salle de presse

Les gouvernements devraient cibler des niveaux de dette prudents et les règles fiscales aideront à les atteindre

 

3/5/15-Les gouvernements devraient fixer des objectifs de dette prudents pour garantir que les finances publiques contribuent à promouvoir la croissance économique et la stabilité, selon une nouvelle publication de l’OCDE.

 

Le rapport Cibles de dette prudentes et cadres budgétaires  évalue les effets de la dette sur l’activité économique. En prenant en compte plusieurs critères, parmi lesquels l’efficacité de la politique budgétaire contracyclique et le lien entre la dette et l’investissement en infrastructures publiques, l’OCDE suggère que la dette brute au-dessus d’environ 80% du PIB a des conséquences néfastes sur la croissance.

 

Le rapport présente un cadre d’analyse robuste pour déterminer des cibles de dette prudents à moyen et long terme, et analyse les règles fiscales qui peuvent permettre aux gouvernements d’atteindre ces  objectifs.

 

« En grande partie due à une croissance atone, la dette publique a fortement augmenté durant la récente crise pour atteindre 111% du PIB en moyenne, dans l’ensemble de l’OCDE, en 2013 : le niveau le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale », a déclaré Catherine L. Mann, Chef Économiste de l’OCDE, pendant la présentation du rapport pendant les 15ème Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence.

 

« Nos travaux montrent que de tels niveaux de dette ont un impact négatif sur l’économie. Des objectifs de dette prudents à moyen terme fournissent un mécanisme d’engagement qui peut rassurer les marchés, diminuer les primes de risque et, le plus important, permettre de mener des politiques budgétaires actives pour stabiliser et favoriser la croissance à court terme» a-t-elle ajouté.

 

Les travaux empiriques de comparaison internationale présentés dans ce rapport définissent une « zone de danger » ou point de basculement au-delà duquel les effets négatifs de la dette entrent en jeu, pour trois groupes de pays :

  • Pour les pays avancés de l’OCDE, le seuil de dette se trouve dans un intervalle compris entre 70% et 90% du PIB.
  • Pour les pays de la zone euro, l’intervalle de seuil de dette est entre 50% et 70% du PIB. Cet intervalle prend en compte l’absence de politique monétaire au niveau national, la clause de non renflouement, l’absence de mise en commun de la dette, une plus grande dépendance aux financements étrangers et les difficultés à réagir aux chocs.
  • Pour les pays émergents, l’intervalle de seuil de dette est à un niveau plus bas entre 30% et 50% du PIB du fait de leur exposition aux renversements des flux de capitaux.

 

L’OCDE fournit des conseils pour l’établissement d’objectifs de dette prudents afin d’éviter un dépassement des seuils de dette (zone de danger) en cas de chocs importants négatifs, tout en garantissant un espace fiscal à court terme. Les niveaux de dette prudents prennent en compte les incertitudes entourant les variables macroéconomiques et sont ainsi spécifiques à chaque pays. Les  objectifs de dette prudents sont en moyenne de 15 points de pourcentage inférieurs aux seuils de dette, mais avec une large variation entre les pays.

 

Le rapport fournit également des recommandations sur la mise en place d’un cadre budgétaire qui promeut la discipline fiscale tout en permettant des politiques de stabilisation, notamment en minimisant les récessions à court terme. En particulier, l’analyse montre que la combinaison de règles d’équilibre budgétaire et de dépenses semble convenir à la plupart des pays.

 

« Des règles de dépenses bien conçues sont décisives pour assurer l’efficacité des règles d’équilibre budgétaire et peuvent simultanément renforcer la croissance à long terme, » a affirmé Mme Mann.

 

Plus d’informations sur la nouvelle publication de l’OCDE Cibles de dette prudentes et cadres budgétaires sont disponibles sur demande auprès de la Division média de l’OCDE (+33 1 4524 9700).

 

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