Salle de presse

Les économies africaines toujours en progrès pour la mobilisation des ressources intérieures

 

 

31/10/2018 – Le continent africain a confirmé les avancées réalisées depuis 2000 sur le plan de la mobilisation des ressources intérieures, les recettes fiscales étant restées stables en 2016 selon l’édition 2018 des Statistiques des recettes publiques en Afrique. D’après les données internationalement comparables concernant les 21 pays couverts par cette publication, le ratio moyen impôts/PIB (Afrique (21)) s’est établi à 18.2 % en 2016, au même niveau qu’en 2015, ce qui représente une nette amélioration par rapport au chiffre de 13.1 % enregistré en 2000.

 

Il ressort de la troisième édition des Statistiques des recettes publiques en Afrique, lancée officiellement à Paris à l’occasion du 18e Forum économique international sur l’Afrique, que le ratio impôts/PIB varie considérablement d’un pays à l’autre du continent africain, de 7.6 % en République démocratique du Congo à 29.4 % en Tunisie en 2016. Six pays - l’Afrique du Sud, Maurice, le Maroc, le Sénégal, le Togo et la Tunisie – affichent des ratios impôts/PIB supérieurs ou égaux à 20 % pour l’année 2016. En comparaison, le ratio moyen impôts/PIB est en 2016 de 22.7 % pour les pays d’Amérique latine et des Caraïbes et de 34.3 % pour les pays de l’OCDE.

 

Les Statistiques des recettes publiques en Afrique est une publication conjointe du Forum sur l’administration fiscale en Afrique (ATAF), de la Commission de l’Union africaine (CUA) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de son Centre de développement qui a également bénéficié du concours de l’Union européenne.


Couvrant désormais 21 pays, elle fait apparaître des tendances contrastées. Entre 2015 et 2016, les recettes fiscales rapportées au PIB ont augmenté dans 11 des pays couverts et diminué dans dix d’entre eux. C’est le Botswana qui a enregistré la plus forte hausse (1.3 point de pourcentage), suivi du Mali (1.2 point de pourcentage). C’est en République démocratique du Congo et au Niger en revanche que les baisses les plus sensibles (de plus de 2.0 points de pourcentage) ont été observées. Les variations des ratios impôts/PIB sont principalement dues à des facteurs économiques. Le déclin des prix du pétrole, conjugué à un ralentissement de l’activité des compagnies minières et pétrolières, est à l’origine du repli des recettes fiscales constaté en République démocratique du Congo et au Niger alors qu’au Botswana, les recettes ont été dopées par une forte expansion des ventes de diamants. Au Mali en revanche, le mouvement ascendant des recettes fiscales, exprimées en pourcentage du PIB, s’explique pour partie par le renforcement de l’administration fiscale.

 

Les économies africaines continuent de s’appuyer beaucoup sur la fiscalité des biens et des services, qui procure 54.6 % des recettes fiscales totales si l’on se réfère à la moyenne des 21 pays africains de cette publication). La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à elle seule représente 29.3 % des recettes fiscales perçues. La contribution de la fiscalité des revenus s’accroît cependant : les recettes provenant des impôts sur les revenus et les bénéfices représente 34.3 % des recettes fiscales totales à l’échelle du continent africain (21) en 2016 et elle a été le principal moteur de la croissance des recettes fiscales depuis 2000, celles-ci étant passées de 2.6 % du PIB à 6.2 % du PIB entre 2000 et 2016. Les recettes fiscales tirées de l’impôt sur les bénéfices des sociétés ont progressé de 1.4 point de pourcentage pendant cette période pour atteindre 2.8 % du PIB tandis que les recettes tirées de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ont été portées de 2.1 % à 3.0 % du PIB en 2016, un record historique.

 

La publication contient également des données relatives aux recettes non fiscales, dont le déclin se poursuit en moyenne en 2016 dans les 21 pays couverts, mais qui demeurent une source importante de recettes pour certains pays. Les recettes non fiscales, qui englobent des recettes tirées de ressources naturelles et des dons, ont excédé 5 % du PIB dans neuf des 21 pays couverts par la publication.

 

Les Statistiques des recettes publiques en Afrique est un volet important de la Stratégie de l’Union africaine pour l’harmonisation des statistiques en Afrique (SHaSA) et s’articule avec l’Agenda 2063 et l’ODD 17.1. L’édition 2018 contient un chapitre spécial consacré à la SHaSA, décrivant la démarche suivie pour mettre en place un système statistique efficace qui embrasse le développement et l’intégration de l’Afrique sur le plan politique, économique, social, environnemental et culturel ainsi que la contribution que la publication Statistiques des recettes publiques en Afrique peut apporter à la mise en application de cette démarche.

 

 

EN BREF

Recettes fiscales en pourcentage du PIB

  • Le ratio impôts/PIB moyen s’est établi à 18.2 % en 2016 en Afrique (21), soit 5.0 points de pourcentage de plus qu’en 2000, mais un chiffre identique à celui de 2015.
  • En 2016, les ratios impôts/PIB ont varié entre 7.6 % en République démocratique du Congo et 29.4 % en Tunisie. Six pays (Afrique du Sud, Maurice, Maroc, Sénégal, Togo et Tunisie) affichent des ratios impôts/PIB supérieurs ou égaux à 20 % en 2016.
  • L’augmentation des recettes fiscales, exprimées en pourcentage du PIB, depuis 2000 en Afrique est comparable à la hausse observée dans la région ALC (4.7 points de pourcentage) et sensiblement plus marquée que parmi les pays de l’OCDE sur la même période (0.4 point de pourcentage).
  • Entre 2015 et 2016, le ratio impôts/PIB a progressé dans 11 pays et baissé dans dix des 21 pays couverts alors qu’en 2015, il avait augmenté de 0.5 point de pourcentage en moyenne par rapport à l’année précédente dans 15 des 21 pays observés.

Structure des recettes fiscales

  • Les recettes de TVA ont augmenté, en pourcentage du PIB, de 2.0 points de pourcentage depuis 2000 en Afrique (21), le chiffre atteint en 2016 étant de 5.3 %. Elles représentent la part la plus importante des recettes fiscales en 2016, soit 29.3 %, un chiffre en hausse de 4.9 points de pourcentage depuis 2000. Le part des recettes provenant des impôts sur les échanges commerciaux a reculé de 17.9 % à 11.6 % des recettes fiscales totales sur la même période.
  • Les recettes provenant de l’imposition des revenus ont été le principal moteur de la croissance du ratio moyen impôts/PIB en Afrique (21) entre 2000 et 2016, lequel a augmenté de l’équivalent de 2.6 % du PIB sur la période pour atteindre 6.2 % du PIB en 2016. En moyenne, les recettes tirées de l’impôt sur les bénéfices des sociétés ont progressé en Afrique (21) de 1.4 point de pourcentage – passant de 1.4 % à 2.8 % du PIB – entre 2000 et 2016.
  • La structure fiscale moyenne en Afrique (21) est similaire à celle des pays de la région ALC bien que les cotisations de sécurité sociale soient nettement plus élevées en moyenne en Amérique latine et dans les Caraïbes. Le part moyenne des recettes tirées de l’impôt sur le revenu des personnes physiques dans les recettes fiscales totales est de 15.8 % en 2016 en Afrique (21), soit moins que la moyenne de l’OCDE (24.4 %), mais plus que la moyenne de la région ALC (9.7 %).
  • Les recettes non fiscales représentent en 2016 l’équivalent d’au moins 5 % du PIB dans neuf des 21 pays couverts. Tous, à l’exception de quatre d’entre eux, ont perçu en 2016 des recettes non fiscales inférieures, en proportion du PIB, à ce qu’elles étaient en 2015.

 

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