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Salle de presse

Le Portugal peut mettre à profit sa reprise économique pour améliorer sa résilience

 

18/02/2019 - La reprise économique du Portugal repose maintenant sur une assise solide : le PIB a retrouvé ses niveaux d’avant la crise, le taux de chômage a baissé considérablement et la reprise de l’investissement et de la consommation intérieure se conjugue à la robustesse des exportations pour soutenir l’économie. Les efforts devraient maintenant porter sur la réduction des vulnérabilités afin d’améliorer la résilience face à d’éventuels chocs futurs : c’est ce qu’indique un rapport récent de l'OCDE.

Selon la dernière Étude économique du Portugal publiée par l'Organisation, la croissance du PIB s’établira à 2.1 % en 2019 et 1.9 % en 2020. La baisse du taux de chômage, qui devrait repasser en dessous de 7 %, et l’augmentation des revenus alimentent la consommation et stimulent l’activité économique qui bénéficie déjà de la bonne santé du tourisme et des secteurs manufacturiers dont la vigueur explique pour beaucoup la hausse de 60 % des exportations en volume que l’économie portugaise a connue entre 2009 et 2017.

Dans cette Étude, présentée à Lisbonne par le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría aux côté du Ministre adjoint au Premier ministre portugais et ministre de l’Économie M. Pedro Siza Vieira et du Ministre adjoint et Secrétaire d’État aux Finances M. Ricardo Mourinho Félix, on peut lire que le Portugal devrait maintenant saisir cette occasion pour consolider encore ses finances publiques et son secteur bancaire.

Pour améliorer les niveaux de vie et s’attaquer au problème de la pauvreté et des inégalités, dont les niveaux sont toujours élevés, le Portugal devrait aussi s’efforcer d’accroître la productivité, qui a marqué le pas ces dernières années, et de favoriser le retour à l’emploi des chômeurs de longue durée.

À quelque 120 % du PIB, la dette publique du Portugal recule, mais reste parmi les plus élevées de l’OCDE, ce qui limite la capacité du pays à réagir à des chocs externes. Pour réduire l’endettement, il faudra poursuivre l’assainissement en cours et prendre d’autres mesures pour compenser la hausse des coûts liés au vieillissement, notamment optimiser les dépenses de santé et continuer de limiter les possibilités de retraite anticipée. En ce qui concerne les recettes, le Portugal pourrait élargir sa base d’imposition en réduisant le nombre des exonérations de la taxe sur la consommation et en ayant davantage recours à des taxes environnementales.

Dans le secteur bancaire, il est nécessaire de réduire la part des créances douteuses et litigieuses, qui ont diminué depuis le pic atteint en 2016, mais qui restent importantes au regard des normes de l’OCDE.

« Le Portugal a fait d’immenses progrès pour rétablir la bonne santé de son économie depuis la crise financière, mais des défis subsistent au niveau des finances publiques et du secteur financier », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría. « Plus le Portugal œuvrera en faveur de la résilience pendant que son économie est en voie de redressement, plus il sera à même de résister à d’éventuels chocs à l’avenir, garantissant une reprise économique durable et qui profite à tous ». Lire le discours complet (en anglais).

Parmi les risques extérieurs qui pèsent sur les perspectives, on peut citer un ralentissement de l’activité économique chez les principaux partenaires commerciaux du Portugal, et de futurs relèvements des taux d’intérêt dans la zone euro.

L’Étude comprend un chapitre thématique consacré à l’efficience du système judiciaire et à son impact sur la productivité et les performances économiques. Il en ressort qu’en dépit des réformes récentes visant à réduire la durée de résolution des affaires civiles ou commerciales devant les tribunaux, les procédures y sont souvent plus longues que dans d’autres pays de l’OCDE. Le rapport souligne également l’importance de poursuivre les efforts visant à favoriser l’intégrité et à promouvoir la transparence tant dans le secteur public que privé, qui constitue une priorité majeure.

Le second chapitre thématique est consacré aux résultats à l’exportation du Portugal. Les exportations exprimées en pourcentage du PIB restent encore relativement modestes, et les auteurs recommandent que davantage d’efforts soient faits pour améliorer la compétitivité sur les marchés internationaux, s’ouvrir aux échanges extérieurs et participer aux chaînes de valeur mondiales. Pour y parvenir, le Portugal pourrait notamment lever les obstacles à la concurrence, encourager encore davantage les entreprises exportatrices à rivaliser en termes de prix et de qualité, et à déployer des efforts pour améliorer les infrastructures nationales et les compétences.

Une Synthèse de l’Étude économique reprenant les principales conclusions peut être consultée à www.oecd.org/economy/surveys/portugal-economic-snapshot/.

Pour toute information complémentaire, les journalistes sont invités à contacter le Service de presse de l’OCDE (+33 (0)1 45 24 97 00).

 

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