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Salle de presse

Le Portugal doit accroître son aide au développement et en améliorer la supervision

 

15/12/2015 - Le Portugal s’est efforcé de préserver son programme d’aide extérieure face à la crise économique, mais son budget d’aide a été fortement touché et des dispositions doivent être prises afin d’éviter qu’il ne diminue encore et de lui faire retrouver la trajectoire de progression requise pour pouvoir atteindre les objectifs adoptés au niveau international, selon un examen réalisé par l’OCDE.

Il ressort du dernier Examen de l’aide du Portugal par les pairs du CAD (seulement disponible en anglais) que l’aide publique au développement (APD) dispensée par ce pays a diminué pendant trois années consécutives pour s’établir à 419 millions USD en 2014, selon des données préliminaires. Ce chiffre représente 0.19 % de son revenu national brut (RNB), ce qui est inférieur à la moyenne des membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, de 0.3 %, et très éloigné de l’objectif de 0.7 % fixé dans le cadre des Nations Unies et adopté par les donneurs appartenant à l’UE.

Les examinateurs pensent que le volume de l’aide dispensée par le Portugal risque de se contracter encore si ce pays n’ouvre pas de nouvelles lignes de crédit, ou si la part des dons dans son aide n’augmente pas. La part de ses apports d’aide qui revêt la forme de prêts – à caractère concessionnel et souvent assortis de taux inférieurs à ceux du marché – est montée en flèche pour atteindre 41 % en 2013, contre 5 % en 2006. Le Portugal a ouvert 1.6 milliard EUR de crédit depuis 2001, mais à la date de 2015, les pays partenaires n’en avaient employé que 958 millions EUR sous forme d’emprunts, laissant une part non dépensée de 40 %. Cinq des 10 lignes de crédit ont expiré, et il en sera de même pour les cinq autres d’ici à 2017.

“Le Portugal apporte à bien des égards une contribution constructive au développement international. Citons notamment sa vision résolument tournée vers l’avenir, l’orientation géographique très marquée de ses efforts et son engagement à l’égard de ses pays partenaires, qui exercent une forte influence sur les projets d’aide. Il pourrait exploiter ces atouts avec plus d’efficacité s’il décidait d’accroître le volume de son aide, de délier celle-ci et d’améliorer la coordination et la supervision de son programme d’aide”, a déclaré Erik Solheim, Président du CAD.

La part de l’aide portugaise qui est liée à l’achat de biens et de services au Portugal est passée à 70 % en 2013, ce qui est très supérieur à la moyenne du CAD, de 14 %, et va à l’encontre des engagements que ce pays a pris en faveur de l’efficacité de l’aide. Le Portugal devrait s’attacher à éviter de conclure de nouveaux accords d’aide liée dans le cadre de sa programmation ultérieure ou au titre de ses futures lignes de crédit.

Les examinateurs estiment aussi que le Portugal devrait améliorer la coordination et la supervision, afin de garantir la qualité de son programme d’aide, conformément aux Objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies. Son modèle de développement, qui fait appel à 57 entités publiques dotées chacune d’un budget et d’une stratégie de mise en œuvre propres, permet de tirer parti de compétences très diverses, mais rend aussi difficile la mise en place de programmes d’aide cohérents. Son organisme de développement a été renforcé, mais pour la moitié du budget de l’APD bilatérale, sa contribution et son pouvoir de supervision sont encore insuffisants.

Le Portugal a consacré 0.07 % de son RNB aux pays les moins avancés en 2013, ce qui est loin de l’engagement d’en affecter 0.15 % à 0.20 % aux pays les plus pauvres selon l’objectif des Nations Unies. Les principaux bénéficiaires de l’aide portugaise sont le Cap-Vert, le Mozambique, le Maroc, l’Angola, Sao Tomé-et-Principe, le Timor-Leste, la Chine, la Guinée-Bissau, le Brésil et l’Afghanistan.

Chaque membre du CAD est soumis à un examen tous les cinq ans dans le but de suivre ses efforts, de lui demander des comptes sur l’exécution des engagements qu’il a pris, et de lui adresser des recommandations pour qu’il progresse. Cet exercice prend appui sur des informations recueillies auprès de fonctionnaires du pays examiné et d’un pays partenaire – en l’occurrence Sao Tomé-et-Principe – ainsi que de représentants de la société civile et du secteur privé. En savoir plus sur les examens par les pairs du CAD.

Le Portugal a pleinement mis en oeuvre cinq des 20 recommandations formulées lors du dernier examen par les pairs, effectué en 2010, et en a partiellement appliqué huit autres. Six recommandations n’ont pas été suivies d’effet, dont une sur la fixation d’objectifs intermédiaires pour l’augmentation de son APD, et une recommandation n’a pas été examinée.

Une version intégrable du rapport est disponible (en anglais), avec des informations sur les versions téléchargeables et imprimées, de même qu’un visuel interactif sur les données relatives à l’aide du Portugal comparée à celle des autres donneurs.

Pour obtenir davantage d’informations ou s’entretenir avec les auteurs du rapport, les journalistes sont invités à prendre contact avec Catherine Bremer de la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 80 97).


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