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Salle de presse

Le Mexique a besoin d’une nouvelle stratégie pour dynamiser sa croissance, lutter contre la pauvreté et améliorer le bien-être de tous

 

02/05/2019 - L’économie mexicaine se développe à un rythme modéré, portée par un cadre macroéconomique solide et par des exportations dont la vigueur tient à l’intégration poussée du pays aux chaînes de valeur mondiales. Selon un nouveau rapport de l’OCDE, le pays a désormais besoin d’une nouvelle stratégie pour doper sa croissance, faire baisser les niveaux élevés de pauvreté et d’inégalités et améliorer le bien-être de tous les Mexicains.

 

La toute dernière Étude économique du Mexique publiée par l’OCDE analyse les liens  entre la faiblesse des niveaux de vie et la stagnation de la productivité, l’insuffisance des résultats scolaires, la faiblesse de l’État de droit, les obstacles à la concurrence et la généralisation de l’économie informelle. Selon les prévisions établies dans cette Étude, la croissance devrait être d’environ 1.6 % cette année et de 2.0 % en 2020, avec en toile de fond une économie mondiale qui ralentit et des tensions commerciales qui perdurent et risquent de perturber les exportations, l’investissement du secteur privé et les chaînes de valeur mondiales.

 

Présentée à Mexico par le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría et par le ministre mexicain des Finances Carlos Urzúa, l’Étude aborde la nécessité de s’attaquer à la fracture grandissante entre l’économie du nord et du centre du pays, plus moderne et plus productive, et celle du sud, plus traditionnelle, cette fracture étant source d’inégalités et de pauvreté. On s’interroge également dans cette Étude sur la manière dont la mise en œuvre des réformes, des améliorations institutionnelles et des modifications du système de prélèvements et de prestations, récemment adoptées, pourrait mieux servir l’objectif d’une croissance inclusive et durable. 

 

« L’économie mexicaine a enregistré de bons résultats ces dernières années, mais elle traverse aujourd’hui une forte zone de turbulences provoquées par son environnement extérieur et par les difficultés structurelles du pays », a déclaré M. Gurría. « La seule réponse est de continuer à concevoir et à mettre en place de nouvelles réformes pour inspirer la confiance, améliorer la qualité de l’administration publique, multiplier les opportunités, réduire les inégalités et faire éclore une société plus solide et plus inclusive au service de tous les Mexicains ».

 

De toutes les réformes structurelles, l’amélioration de la qualité des institutions serait celle qui, en permettant de démultiplier l’impact de toutes les autres réformes des politiques publiques, serait la plus bénéfique pour la croissance, selon l’Étude. Il conviendrait de mener à bien le déploiement des dispositifs nationaux et locaux de lutte contre la corruption, récemment créés, et d’envisager parallèlement la création d’une agence anticorruption spécialisée indépendante, en tenant compte de la structure fédérale de l’administration. Des initiatives sont nécessaires pour pérenniser la viabilité et l’indépendance des nouvelles autorités de la concurrence et des instances de réglementation sectorielles.

 

 

Une nouvelle réforme fiscale est nécessaire pour améliorer le recouvrement de l’impôt, limiter la fraude fiscale et assurer le financement des investissements dans les infrastructures et des politiques publiques de lutte contre la pauvreté et les inégalités. Une vaste réforme des prélèvements et des prestations à moyen terme est suggérée dans L’Étude, qui aurait pour finalité d’élargir la base de la taxe sur la valeur ajoutée en diminuant le nombre d’exonérations et en supprimant les taux réduits, tout en assurant une compensation pour les ménages modestes par des aides ciblées. Il est également suggéré d’introduire plus de progressivité dans l’impôt sur le revenu des personnes physiques en abaissant le seuil d’entrée dans la tranche supérieure du barème, en réduisant encore le nombre de déductions fiscales et en recourant davantage à la fiscalité sur la propriété immobilière. Toujours selon l’Étude, il faudrait poursuivre l’action menée pour réduire les chevauchements entre programmes sociaux et les doublons parmi les bénéficiaires et en étendre le bénéfice aux populations pauvres qui aujourd’hui, ne perçoivent pas de prestations.

 

Des réformes sont également nécessaires pour réduire l’ampleur persistante de l’économie informelle au Mexique, qui pèse sur la croissance de la productivité et sur la capacité des finances publiques à servir des prestations et à faire de la redistribution. Une approche coordonnée pour lutter contre l’économie informelle devrait permettre d’alléger les formalités administratives liées à l’exercice d’une activité. La réduction des coûts liés au respect des obligations fiscales et à la création d’emplois nouveaux, ainsi que l’allégement des cotisations de sécurité sociale sur les bas salaires, sont autant de mesures identifiées comme souhaitables et possibles. 

 

L’amélioration des résultats scolaires aiderait à faire reculer les inégalités qui perdurent et à doper la croissance de la productivité. Selon l’Étude, les dépenses d’éducation devraient être recentrées sur la petite enfance, l’éducation préscolaire et l’enseignement primaire et secondaire, cependant qu’il faudrait faire davantage pour accroître les capacités d’accueil dans les quartiers pauvres et accompagner les enfants issus de milieux défavorisés.

 

La prise en compte des questions d’environnement et de gouvernance des métropoles dans l’élaboration des politiques publiques pourrait grandement améliorer à la fois la situation économique et l’environnement. La réforme de la gouvernance des grandes métropoles donnerait aux administrations locales la possibilité d’intégrer les questions d’aménagement du territoire, de transports publics et de logement dans leurs projets d’urbanisme, permettant ainsi de gagner en productivité et de réduire la congestion des réseaux et la pollution de l’air dont les ménages les plus modestes sont les premiers à souffrir. 

 

Une synthèse de cette Étude économique du Mexique, reprenant ses principales conclusions, peut être consultée à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/economy/mexico-economic-snapshot/

 

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à prendre contact avec Carolina Ziehl au Centre OCDE de Mexico, ou avec Lawrence Speer (+33 1 4524 7970) à la Division des médias de l’OCDE, à Paris (+33 1 4524 9700).

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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