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Salle de presse

Le Danemark est un donneur de premier plan mais les coupes budgétaires et les coûts des réfugiés sont sources de risques

 

22/07/2016 - Le Danemark est depuis longtemps un apporteur d’aide au développement généreux, en particulier pour les pays les plus démunis, et il a la réputation de fournir un soutien souple et de grande qualité. Cependant, selon un nouveau rapport que lui consacre l’OCDE, la réduction du budget de l’aide et l’augmentation rapide des coûts des réfugiés constituent pour ce pays d’importants défis.

 

L’Examen par les pairs du CAD consacré au Danemark en 2016 souligne qu’avec un budget de l’aide estimé à 2.6 milliards USD en 2015, soit 0.85 % de son revenu national brut, le Danemark fait partie du petit groupe de pays dont le rapport APD/RNB dépasse régulièrement l'objectif de 0.7 % souscrit à l'échelon international. En 2014, le Danemark a orienté l’équivalent de 0.26 % de son RNB vers l'aide aux pays les plus pauvres, proportion bien supérieure à l’objectif de 0.15‑0.20 % fixé par les Nations Unies.

 

Pourtant, il est prévu de ramener le ratio APD/RNB du Danemark à 0.7 % à compter de 2016. Or, ce recul du budget, accompagné de réductions des effectifs et de réformes organisationnelles, ainsi que le triplement attendu des dépenses consacrées aux réfugiés, portées à 30 % de l’APD brute du pays en 2016, vont peser sur les programmes d’aide au développement et la planification de l’aide.

 

« Au fil des ans, le Danemark a fait preuve d’un solide engagement en faveur de la lutte contre la pauvreté et de l’aide humanitaire et il a fourni des orientations sur les droits de l’homme et l’égalité hommes-femmes aux fins du Programme de développement durable à l’horizon 2030 », indique le Directeur par intérim de la Direction de la coopération pour le développement de l’OCDE, Mario Pezzini. « Il va maintenant lui falloir veiller à ce que la baisse du budget de l’aide et l’augmentation rapide des coûts des réfugiés ne compromettent pas cet excellent bilan ».

 

L’avant-projet de nouvelle stratégie de coopération pour le développement qui doit être examiné par le Parlement danois ultérieurement cette année, renforce la cohérence et l’intégration de l’aide humanitaire et de l’aide au développement. Cependant, le Danemark ne dit rien pour le moment de l'origine potentielle des nouveaux fonds destinés aux réfugiés.

 

D'après l'Examen, la nouvelle stratégie de coopération pour le développement doit aussi garantir que les dotations destinées aux organisations multilatérales sont conformes aux objectifs fixés. Le Danemark est un partenaire apprécié des organisations multilatérales, pourtant la part de ses contributions au budget central de celles-ci est passée de 70 % de l’ensemble des dotations multilatérales en 2010 à 45 % en 2014. Cette tendance devrait se poursuivre à mesure que les ressources allouées au budget général des organisations multilatérales seront réorientées au profit de projets thématiques spécifiques.

 

L’Examen souligne par ailleurs que le Danemark pourrait faire davantage pour ménager l'équilibre entre ses objectifs commerciaux et la place privilégiée accordée à la lutte contre la pauvreté dans le cadre de sa coopération pour le développement. En particulier, le suivi de l’effet de levier et de l’impact sur le développement de ses apports d’aide gagnerait à être amélioré.

 

Chaque membre du CAD est soumis à un examen tous les cinq ans dans le but de suivre ses efforts, de lui demander de rendre compte de l’exécution des engagements qu’il a pris et de formuler des recommandations d’amélioration. Cet exercice prend appui sur des informations recueillies auprès de fonctionnaires du pays examiné et d’un pays partenaire ‑ pour l’examen du Danemark, le Ghana ‑ ainsi que de représentants de la société civile et du secteur privé. En savoir plus sur les examens par les pairs du CAD.

 

Le Danemark a pleinement donné suite à sept des quinze recommandations formulées dans le dernier examen par les pairs qui lui a été consacré en 2011, et il en a partiellement mis en œuvre six.

 

Une version librement intégrable du rapport est disponible, ainsi que des informations sur les versions téléchargeables et imprimées ; une visualisation interactive des données de l’aide du Danemark par rapport à d’autres donneurs est également disponible. Pour obtenir davantage d’informations, ou s’entretenir avec l’auteur du rapport, les journalistes sont invités à prendre contact avec Elvira Berrueta-Imaz de la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

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