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La Suisse devrait procéder à des réformes qui permettent à ses filières agricoles compétitives de s’épanouir

 

27/03/2015 - La Suisse devrait réduire les obstacles aux échanges et limiter le niveau des paiements directs versés aux agriculteurs, dans le cadre d’une action plus vaste ayant pour but d’améliorer la compétitivité de son secteur agricole, d’après un nouveau rapport de l’OCDE.

Il ressort de la publication intitulée Examen des politiques agricoles de l'OCDE - Suisse 2015 que l’adoption de mesures respectant davantage les mécanismes du marché se traduirait par une augmentation de la production de produits de qualité et au coût compétitif, ce qui doperait les industries alimentaires suisses tributaires de matières premières agricoles locales.

Ce rapport de l’OCDE examine les réformes appliquées à la politique agricole depuis le milieu des années 1990, ainsi que la compétitivité globale du secteur alimentaire suisse. De nouvelles réformes y sont proposées pour atteindre divers objectifs commerciaux, sociaux et environnementaux à un coût moins élevé pour la collectivité.

« La Suisse a pris des mesures fortes pour réformer sa politique agricole, mais elle doit poursuivre sur sa lancée au moyen de nouvelles réductions de sa protection aux frontières et de nouvelles modifications de son système de paiements directs aux agriculteurs », a déclaré Frank van Tongeren, chef de la Division des politiques agricoles et commerciales à la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE, à l’occasion d’une présentation à Berne. « Le processus de réforme doit être conçu de manière à réconcilier les objectifs potentiellement contradictoires de la politique agricole suisse actuelle », a t il ajouté.

L’OCDE suggère d’inscrire l’organisation des paiements aux agriculteurs dans un système à deux vitesses. D’une part, un mécanisme de paiements directs différenciés garantirait la fourniture de biens et services répondant à des attentes de la société, concernant par exemple la préservation des paysages cultivés et de la biodiversité.

D’autre part, les producteurs potentiellement compétitifs devraient avoir une marge de manœuvre plus grande pour optimiser leur production et répondre aux signaux du marché. Des mesures facilitant le changement structurel pourraient être adoptées à cet effet, comme des aides à l’investissement limitées dans le temps et la formulation de plans de désengagement.

Les recommandations de réformes s’appuient sur une analyse détaillée des coûts relativement élevés, pour les consommateurs et contribuables suisses, des mesures de soutien à l’agriculture, qui représentent actuellement environ 1 % du PIB. Les réformes menées depuis le début des années 1990 ont sensiblement réduit les distorsions du marché, mais le niveau du soutien agricole en Suisse est parmi les plus élevés de la zone OCDE, comme en témoigne l’estimation du soutien aux producteurs (ESP), et deux fois supérieur à la moyenne de l’OCDE.

Réformer la politique de soutien à l’agriculture pourrait avoir des retombées notables sur la compétitivité des filières de l’industrie alimentaire suisse qui sont principalement tributaires de matières premières agricoles locales. Abaisser le coût des intrants et maintenir, tout en améliorant, l’image de marque des produits suisses aux yeux des consommateurs locaux et étrangers serait probablement plus viable que protéger le secteur contre la concurrence, estime l’OCDE.

L’expérience positive de l’ouverture du marché suisse du fromage à la concurrence de l’UE, depuis 2007, et l’élimination des quotas laitiers, en 2009, montrent que le secteur agricole est capable de s’adapter. D’après l’OCDE, mieux aligner les prix agricoles entre la Suisse et l’UE entraînerait pour les consommateurs des gains supérieurs aux pertes des agriculteurs et des contribuables.

Le rapport de l’OCDE souligne que les mesures agricoles ont des effets relativement positifs sur l’environnement. Il y est recommandé de renforcer le rôle de la réglementation et de réduire celui des paiements directs pour résoudre les problèmes environnementaux en agriculture.

Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent contacter Frank van Tongeren, chef de la Division des politiques agricoles et commerciales à la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE (tél. portable : +33 6 15 72 01 18), ou la Division des médias (tél. : +33 1 45 24 97 00).

 

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