Partager

Salle de presse

La Chine doit poursuivre sur la voie des réformes pour une croissance durable, plus verte et plus inclusive

 

16/04/2019 - La croissance chinoise continue de ralentir au fur et à mesure de son rééquilibrage, face aux vents contraires des tensions commerciales et de l’affaiblissement de l’économie mondiale, qui sapent les exportations et sont sources d’incertitudes. Selon un nouveau rapport de l’OCDE, les politiques publiques devraient privilégier des stratégies à long terme pour que l’accroissement de la consommation intérieure et les services soient les moteurs de la croissance, qu’ils améliorent l’efficience économique et assurent demain une croissance durable, plus verte et plus inclusive.

Dans la toute dernière Étude économique de la Chine que publie l’OCDE, les facteurs à l’origine du ralentissement de l’économie chinoise sont examinés, ainsi que les mesures qui seraient susceptibles de stimuler la qualité de la croissance future et d’assurer un partage plus équitable de ses fruits. En dépit du ralentissement observé, le taux de croissance devrait être supérieur à 6 % cette année et l’an prochain et l’économie chinoise devrait poursuivre sa convergence vers les économies plus avancées, selon les estimations établies dans cette Étude.

Présentée à Pékin par le Secrétaire général adjoint Ludger Schuknecht, l’Étude souligne la montée des risques financiers du fait du niveau élevé de la dette des entreprises et recommande que la création d’un marché unique des produits et du travail soit une priorité pour gagner en productivité et en inclusivité. 

« La Chine demeure le principal moteur de la croissance économique mondiale et poursuit sa convergence avec les économies avancées en dépit du ralentissement », a déclaré M. Schuknecht. « Et pourtant, la Chine est à la croisée des chemins, face à de sérieux facteurs d’adversité intérieurs comme extérieurs pour maintenir solidement sa position sur le long terme. Les politiques publiques doivent chercher à assurer une économie qui fonctionne mieux et soit porteuse d’une croissance stable et inclusive, au profit de tous ». 

Selon l’Étude, il faudrait un meilleur équilibre dans les échanges et l’investissement. L’action publique devrait viser un nouvel abaissement des droits de douane à l’importation, le démantèlement des obstacles non tarifaires et des restrictions à l’entrée et à l’activité de entreprises étrangères sur le marché chinois, notamment des obligations imposées en matière de formation de co-entreprises ou de transferts de technologie. 

Si les autorités chinoises ont beaucoup fait pour remédier aux risques financiers, la politique de relance budgétaire actuelle devrait éviter, selon l’Étude, d’orienter le crédit en faveur des entreprises publiques et des collectivités locales. Les plafonds d’endettement devraient être fixés en prenant en compte les recettes des administrations infranationales.

Une politique budgétaire prudente devrait permettre d’affecter les ressources aux secteurs à rendement maximal, tels que l’éducation, la santé et la protection sociale, et d’éviter les inefficiences dans l’affectation de ces ressources en laissant aux banques la possibilité de mieux tarifier le risque de crédit. Le risque serait mieux perçu avec des procédures de résolution ordonnée des défaillances. Selon l’Étude, la qualité, le périmètre et le calendrier de diffusion des informations budgétaires pourraient être améliorés.

D’importants gains d’efficience pourraient être réalisés dans toute l’économie, toujours selon l’Étude, notamment en réduisant les obstacles internes qui freinent la concurrence sur les marchés de produits et la mobilité de la main-d’œuvre. Le renforcement de l’État de droit, la limitation des pouvoirs de certains départements de l’administration et la mise en place de règles d’application claires et précises, qui limiteraient les possibilités de décisions discrétionnaires, permettraient de lutter contre le protectionnisme à l’œuvre au niveau local. La réglementation de la lutte contre les monopoles et ses modalités d’application pourraient être renforcées, les procédures de marchés publics pourraient être plus transparentes, respecter la neutralité technologique et être ouvertes à tous les acteurs.

D’autres mesures pour stimuler l’efficience économique sont identifiées dans l’Étude : renforcer la protection des droits de propriété intellectuelle ; supprimer progressivement les garanties implicites accordées aux entreprises publiques et leur permettre de faire faillite ; et réduire la participation de l’État dans les secteurs commerciaux non stratégiques.

Pour assurer l’égalité des chances, il est recommandé à la Chine de répartir de manière plus égale les ressources de qualité dans les domaines de l’éducation et la santé afin de dissuader les populations de gagner les mégapoles. Pour une plus grande équité, la Chine devrait lever progressivement les restrictions d’accès aux services publics imposées aux résidents des villes ne possédant pas de hukou (permis de résidence) et in fine, mettre fin à cette condition de permis pour accéder aux services. Il faudrait également centraliser le financement de certains postes de dépenses, notamment de la masse salariale des secteurs de l’éducation et de la santé, réformer la fixation des seuils et des plafonds de cotisations de sécurité sociale et élargir la réforme de la fiscalité.

Enfin, l’Étude recommande que pour une croissance plus verte, la Chine soit plus stricte dans son application de la réglementation environnementale, qu’elle augmente le barème des amendes infligées aux pollueurs et qu’elle relève les taxes environnementales, en particulier celles frappant les combustibles fossiles. Enfin, il faudrait mettre un terme à la construction de centrales à charbon et développer les investissements dans les installations de dépollution, le traitement des eaux résiduaires et l’assainissement dans les zones rurales.  

Une synthèse de cette Étude économique de la Chine, reprenant ses principales conclusions, peut être consultée à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/fr/eco/etudes/economie-de-la-chine-en-un-coup-d-œil/.

 

Pour obtenir de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter Lawrence Speer (+33 1 45 24 79 70) à la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00), à Paris.

 

Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier. 

 

Documents connexes