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L’OCDE, ONU Environnement et la Banque mondiale appellent à réorienter radicalement les financements pour favoriser un avenir bas carbone et résilient au changement climatique

 

28/11/2018 - L’OCDE, ONU Environnement et le Groupe de la Banque mondiale ont appelé aujourd’hui les dirigeants des pays du G20 à redoubler d’efforts pour permettre une réorientation radicale des investissements vers des infrastructures bas carbone et résilientes au changement climatique et limiter ainsi l’impact de la modification du climat.

Lors de la présentation d’un nouveau rapport intitulé Financing Climate Futures: Rethinking Infrastructure au Sommet du G20 à Buenos Aires, les trois organisations internationales ont déclaré que les gouvernements devaient adopter un programme d’action davantage porteur de transformations en faveur d’investissements bas carbone et résilients au changement climatique pour pouvoir, comme le prévoit l’Accord de Paris, ramener à zéro leurs émissions nettes de CO2 dans la deuxième moitié du siècle et renforcer la résilience climatique.

Le rapport Financing Climate Futures répond au Plan d’action énergie et climat pour la croissance du G20, adopté en 2017 à Hambourg, dans le cadre duquel les trois organisations ont été invitées à rassembler des informations sur les activités publiques et privées permettant de mettre les flux financiers en phase avec les objectifs de l’Accord de Paris. Il s’inscrit dans le prolongement de l’étude de l’OCDE intitulée Investing in Climate, Investing in Growth, présentée en 2017 dans le contexte de la Présidence allemande du G20, qui démontre que l’action climatique peut être compatible avec la croissance, à condition de conjuguer des politiques fortes en faveur du climat avec des réformes budgétaires et structurelles. L’initiative Financing Climate Futures vise à aider les pays à dépasser la politique des petits pas en matière de financement d’infrastructures bas carbone et résilientes, et à appliquer un programme porteur de transformations qui soit à la hauteur des défis climatiques. Elle bénéficie du soutien du ministère fédéral allemand de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire.

« Investir dans les infrastructures bas carbone et résilientes au changement climatique est primordial pour l’avenir de notre planète, et cet investissement peut aussi être un moteur de la croissance économique », a souligné Gabriela Ramos, Directrice de Cabinet du Secrétaire général de l'OCDE et Sherpa pour le G20. « Le défi des infrastructures crée des incitations en faveur de réformes qui peuvent permettre d’obtenir de meilleurs résultats sur les deux tableaux. Or, nous sommes en train de perdre du temps : pour réussir, nous devons passer à l’action beaucoup plus vite et procéder à une réorientation systémique qui suscite des billions de dollars d’investissements verts. »

Partant du constat que l’énergie, les transports, les bâtiments et les infrastructures de l’eau sont responsables de plus de 60 % des émissions de gaz à effet de serre, les auteurs du rapport décrivent six façons de mettre les flux financiers publics et privés, notamment ceux destinés aux infrastructures, en phase avec les objectifs de l’Accord de Paris. Elles comprennent l’amélioration de la planification et de la prévision, la prise en compte des questions climatiques dans l’ensemble des décisions budgétaires et le recours au levier des marchés publics pour favoriser des infrastructures bas carbone et résilientes.

Plusieurs mesures permettant de stimuler l’investissement bas carbone sont mises en avant dans le rapport :

  • Planifier des infrastructures résilientes et durables pour assurer un avenir résilient et bas carbone
  • Libérer l’innovation pour accélérer la transition vers des technologies, des modèles économiques et des services bas carbone
  • Veiller à ce que l’avenir bas carbone et résilient soit budgétairement viable
  • Remettre à plat le système financier à la lumière des risques et opportunités climatiques à long terme
  • Repenser le financement du développement dans l’optique du climat
  • Permettre aux administrations municipales de bâtir des sociétés urbaines peu polluantes et résilientes

L’investissement dans des infrastructures durables peut stimuler la croissance économique

Selon le rapport, il est primordial que l’investissement public et privé dans des infrastructures durables et faiblement émettrices monte en puissance pour renforcer la résilience et éviter que le « verrouillage au carbone » s’accentue.

Les analyses présentées dans le rapport Investing in Climate, Investing in Growth ont montré que la réorientation des investissements infrastructurels vers des options bas carbone, conjuguée à des réformes structurelles, pouvait accroître le PIB mondial de 5 % d’ici à 2050 en plus de faire baisser les émissions. Cela tient entre autres à la réduction des risques de dommages imputables aux événements météorologiques extrêmes. La transition des infrastructures polluantes vers des infrastructures vertes a un coût, mais qui est plus que compensé par les économies d’énergie réalisées. Selon les chiffres de l’OCDE, les gouvernements dépensent chaque année quelque 500 milliards de dollars pour subventionner le pétrole, le charbon et le gaz, et ils n’exploitent pas suffisamment le levier des dépenses publiques pour favoriser la décarbonation de l’économie en investissant dans les infrastructures bas carbone et l’innovation. Alors que la mise en service des centrales électriques en chantier et en projet multipliera quasiment par deux les émissions imputables à la production d’électricité, les incitations à opérer la transition vers les énergies et les infrastructures vertes demeurent faibles, et il en va de même des incitations à ne pas émettre de gaz à effet de serre, quel que soit le secteur.

« Il n’est pas possible d’ignorer la nouvelle réalité créée par les graves intempéries qui menacent les emplois, les habitations, la sécurité alimentaire et d’autres aspects essentiels de notre vie », a déclaré Kristalina Georgieva, Directrice générale de la Banque mondiale. « Les infrastructures construites aujourd’hui devront être en mesure d’affronter les changements climatiques de demain. Il faut d’urgence mettre en place des incitations et des réglementations appropriées pour accélérer le financement des projets tournés vers cet objectif. »

 

Les choses avancent, mais trop lentement

Dans le rapport final de l’Enquête sur la conception d’un système financier durable, publié en avril, ONU Environnement constate que, grâce aux avancées intervenues depuis quatre ans dans la réforme du système financier mondial, des financements ont commencé à être affectés à la durabilité et les conditions ont été créées pour la prochaine vague de mesures. Le souci de durabilité entre dans les mœurs des institutions financières et des autorités de réglementation, les émissions d’obligations vertes sont passées de 11 à 155 milliards USD entre 2013 et 2017, et on a pu observer une progression du nombre de mesures publiques en faveur de la finance durable (de 139 en 2013 à 300 en 2017) ainsi que de leur portée.

Néanmoins, il reste beaucoup à faire, surtout dans le domaine des infrastructures.

« Il reste seulement douze ans pour éviter les pires effets du changement climatique et il s’agit donc de réformer rapidement nos économies et nos sociétés, notamment en opérant la transition vers des infrastructures bas carbone », a souligné Joyce Msuya, Directrice exécutive adjointe d’ONU Environnement. « La puissance économique et l’influence politique du G20 seront essentielles pour débloquer les investissements nécessaires à cette transition. »

Lire le rapport


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