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L’architecture des régimes privés de retraite par capitalisation doit être améliorée

 

5/12/2016 - Les régimes de retraite évoluent en réaction aux défis auxquels ils sont confrontés. De plus en plus, des dispositifs de retraite dont les prestations sont adossées à des actifs viennent compléter le revenu servi à la retraite par des entités publiques, dans les pays de l’OCDE et dans le monde entier, notamment là où existe un lien direct entre cotisations, actifs et prestations. Cependant, selon un nouveau rapport de l’OCDE, l’architecture de ces dispositifs nécessite des améliorations. 

 

 

La publication OECD Pensions Outlook 2016 (« Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2016 ») analyse les mutations du paysage des pensions face à des enjeux tels que le vieillissement démographique, les répercussions de la crise économique et financière, et l’actuelle faiblesse de la croissance économique et des rendements financiers. 

 

Selon ce rapport, en 2015, les actifs des régimes de retraite par capitalisation représentaient plus de 50 % du PIB dans 13 pays de l’OCDE, contre 10 au début des années 2000. Au cours de la même période, le nombre de pays de l’OCDE dans lesquels les actifs des régimes privés de retraite par capitalisation sont supérieurs à 100 % du PIB est passé de quatre à sept.

 

Le rôle croissant des dispositifs de retraite par capitalisation est pour l’essentiel imputable aux régimes à cotisations définies qui établissent un lien direct entre cotisations, actifs accumulés et prestations de retraite. L’OCDE souligne toutefois que si ces régimes présentent des atouts de taille, ils transfèrent aussi aux individus une part plus grande des risques liés à la constitution d’une épargne-retraite (risque d’investissement et risque de longévité, par exemple) et de la prise de décision.

 

« Les régimes à cotisations définies offrent des avantages dans le contexte actuel de vieillissement démographique et de faiblesse de la croissance et des taux d’intérêt, mais comme il appartient à chacun désormais de prendre davantage de risques et de responsabilités dans la gestion du financement de sa retraite, nous devons nous attacher à améliorer leur architecture », a indiqué le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría lors du lancement du rapport à Paris.

 

Les principaux messages stratégiques de la publication sont les suivants :

 

  • Dans la plupart des pays de l’OCDE, la fiscalité de l’épargne constituée en vue de la retraite est globalement avantageuse sur tout le cycle de vie, mais l’ampleur de l’avantage varie. Dans 20 pays de l’OCDE au moins, les avantages fiscaux attachés à l’épargne-retraite (en termes relatifs) augmentent en même temps que les revenus. Recourir à des subventions forfaitaires et équilibrer les cotisations pourraient aider à cibler l’assistance sur les individus à plus faible revenu et empêcher tout nouveau creusement des inégalités à la retraite.

 

  • Il est nécessaire que soit mis en place un cadre cohérent pour la retraite afin d’accompagner et d’encourager le recours à des produits de rente, qui peuvent aider les particuliers à atténuer les risques d’investissement et de longévité. Cependant, la plus grande complexité des produits accroît le besoin de conseils financiers appropriés et d’informations financières intelligibles pour que les consommateurs soient en mesure d’acquérir des produits adaptés à leurs besoins. Elle montre bien, par ailleurs, la nécessité d’adapter le cadre réglementaire aux innovations observées dans la conception des produits et d’encourager une gestion des risques appropriée pour les contrats de rente.

 

  • Les responsables publics doivent s’assurer que les consommateurs bénéficient de conseils financiers appropriés en vue de leur retraite. Il convient de mettre en place des mesures permettant d’atténuer les conflits d’intérêts parmi les prestataires de conseils et de s’assurer qu’ils sont correctement qualifiés. Cela étant, il faut aussi veiller à ce que les conseils dispensés soient en permanence accessibles et abordables, le cas échéant en s’appuyant sur la technologie.

 

  • Le manque de connaissances financières pose de sérieux problèmes dans la mesure où les personnes sont de plus en plus responsables de la gestion de leur patrimoine pour la retraite. Il conviendrait d’assurer une éducation financière pour la planification de la retraite, et simultanément de mettre à la disposition de chacun des informations claires et concises sur la retraite, en les standardisant lorsque cela est possible (frais, performances des fonds, etc.). Tous les renseignements relatifs aux régimes individuels de retraite devraient être regroupées et pouvoir être utilisés à l’aide de calculettes ou de simulateurs pour livrer un tableau plus clair de la situation de chacun.

 

  • Dans les quatre pays de l’OCDE où il existe un régime de retraite distinct pour la fonction publique, les perspectives de pension future des fonctionnaires, mesurées en termes de taux de remplacement, sont supérieures de 20 points de pourcentage à celles du secteur privé pour une carrière complète. L’OCDE recommande de mettre en place un cadre de retraite prévoyant l’application de règles identiques pour le secteur public et le secteur privé, ce qui ne manquerait pas de faciliter la mobilité professionnelle et d’accroître l’efficience.

 

 

Pour plus d’informations sur OECD Pensions Outlook 2016, veuillez consulter : www.oecd.org/pensions/oecd-pensions-outlook.htm (rapport seulement disponible en anglais).

 

Les journalistes sont invités à prendre contact avec Pablo Antolin de la Division des affaires financières de l’OCDE (tél. : +33 (0)1 45 24 90 86).

 

L’OCDE, qui collabore avec plus d’une centaine de pays, est un forum mondial sur l’action publique qui promeut des politiques susceptibles d’améliorer le bien-être économique et social dans le monde entier.

 

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