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Salle de presse

États-Unis : un prolongement des aides conjugué à une réduction des obstacles réglementaires pourrait dynamiser la reprise consécutive à la crise liée au Covid-19

 

09/07/2020 - La réaction rapide du gouvernement des États-Unis a contribué à protéger les ménages et les entreprises du choc économique immédiat provoqué par la pandémie de Covid-19, parallèlement à la poursuite des efforts déployés pour juguler la propagation du virus. Continuer d'apporter ce soutien exceptionnel aux chômeurs et aux entreprises en difficulté – tout en prenant des mesures pour réduire les obstacles à la mobilité de la main-d'œuvre et à la concurrence – contribuerait à renforcer la reprise, à en répartir les fruits au sein de la société, et à réduire le risque de séquelles durables, selon un nouveau rapport de l'OCDE.

 

D'après la dernière Étude économique de l'OCDE consacrée aux États-Unis, alors même que certaines entreprises reprennent leurs activités avec la levée des mesures de confinement liées au coronavirus, les secteurs durement touchés tels que les activités d'hébergement et de restauration ou les loisirs auront encore besoin de soutien, de même que les nouveaux chômeurs  ou travailleurs déplacés qui devront peut-être chercher du travail dans d'autres branches d'activité. La récente prolongation de cinq semaines, jusqu'au 8 août, du programme de protection des salaires (Paycheck Protection Program) mis en place aux États-Unis est une initiative bienvenue pour aider les petites entreprises mises à mal par la crise. Prolonger le versement des allocations de chômage exceptionnelles au-delà de l'échéance fixée à fin juillet offrirait une bouée de sauvetage similaire aux millions de ménages qui risquent de basculer dans la pauvreté, de même qu'une aide à la recherche d'emploi (par exemple, des services de placement) et d'aides à la mobilité géographique.

 

« L'économie des États-Unis est confrontée à un choc sanitaire et économique qui menace de remettre en cause les acquis économiques considérables des dix dernières années et de laisser des séquelles définitives », a déclaré le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría. « Le soutien exceptionnel apporté aux individus et aux entreprises devrait continuer aussi longtemps que nécessaire. Et favoriser le retour à l'emploi en levant les obstacles réglementaires inutiles à l'emploi et à la mobilité dynamiserait la reprise et contribuerait à éviter une chute des niveaux de vie et un creusement des inégalités. » Lire le discours en anglais seulement.

 

Selon l'Étude, les États-Unis ne devraient connaître qu'une reprise progressive après que la crise liée au coronavirus eut mis brutalement fin à dix années d'expansion et fait plonger le ratio emploi/population au point historique le plus bas. Selon le scénario optimiste, le produit intérieur brut (PIB) renouerait avec une croissance positive de 4.1 % en 2021, après avoir reculé de 7.3 % en 2020, tandis que dans l'hypothèse d'une résurgence de la pandémie, le PIB n'augmenterait que de 1.9 % en 2021, après une chute de 8.5 % en 2020.

 

Améliorer la coordination des politiques de santé entre les différents niveaux d'administration, veiller à ce que les systèmes d'assurance maladie ne laissent pas passer à travers les mailles du filet de larges pans de la population, et réduire les obstacles réglementaires sont autant d'initiatives qui contribueraient à remédier à la crise sanitaire que traversent aujourd'hui les États-Unis en raison du Covid-19. Pour réduire au minimum le risque qu'une deuxième vague de la pandémie entraîne une nouvelle suspension à grande échelle des activités économiques, il est essentiel de renforcer les procédures de dépistage, de suivi des malades, de traçage de leurs contacts et d'isolement. Le renforcement des capacités sanitaires et l'identification des personnes ayant acquis une immunité contribueront à atténuer l'impact économique d'une éventuelle deuxième vague.

 

Sur le front économique, tous les efforts doivent être concentrés sur le redressement de la croissance et de l'emploi à long terme, avec des mesures concrètes pour lever les obstacles qui limitent l'accès des individus à l'emploi et à de futures opportunités.

 

L’une des priorités devrait consister à remédier aux problèmes posés par les procédures d'octroi des autorisations professionnelles et les clauses de non-concurrence figurant dans les contrats de travail, qui limitent la mobilité professionnelle d'un travailleur sur cinq environ, en particulier des personnes peu qualifiées ou issues de groupes défavorisés. La réglementation est certes importante pour garantir la sécurité et la qualité des services pour les travailleurs comme pour les consommateurs, mais la réglementation du marché du travail au niveau des États fédérés a contribué à une réduction de la fluidité de ce marché depuis la fin des années 1990, qui coïncide avec une période de faible croissance de la productivité (voir le chapitre 3 de l'Étude pour une analyse des variations de la rigueur des règles d'octroi des autorisations professionnelles selon les États).

 

Les États devraient être encouragés à déréglementer l'accès aux professions ayant peu d'implications en matière de santé ou de sécurité publiques, et à prendre des mesures contre les comportements anticoncurrentiels. Il est possible de s'appuyer sur la législation fédérale pour imposer la reconnaissance des autorisations obtenues dans un autre État fédéré, en ne permettant aux États d'imposer des obligations plus strictes que s'ils peuvent prouver que cela est nécessaire pour assurer la protection du public. Il faudrait soutenir les travailleurs qui ont des difficultés à trouver un emploi, comme ceux qui n'ont pas atteint un niveau d'enseignement post-secondaire, en appliquant des règles plus souples en matière de qualifications professionnelles et d'accès à la formation des adultes.

 

Les règles restrictives d'occupation des sols ont également entravé la mobilité de la main‑d'œuvre, alors même qu'un redéploiement des activités des secteurs industriels traditionnels vers la haute technologie et les services est en train de modifier la géographie économique du pays, et de rendre nécessaire un renforcement de l'élasticité de l'offre de logements. Or, dans le contexte actuel, il est encore plus important que les individus puissent déménager aisément pour prendre un nouvel emploi. Selon l'Étude, des mesures d'incitation fiscale peuvent permettre d'assouplir des règles excessivement restrictives d'occupation des sols.

 

L'Étude souligne par ailleurs qu'il sera nécessaire de surveiller les facteurs de vulnérabilité inhérents au niveau élevé d'endettement du secteur des entreprises. Au fil du temps, compte tenu des pressions liées au vieillissement démographique qui existaient déjà auparavant, il faudra engager des réformes concernant les dépenses de retraite et de santé pour réduire les tensions sur les coûts et les problèmes d'inefficience, et prendre des mesures pour élargir la base d'imposition, afin de garantir la viabilité à long terme de la dette publique.

 

Une synthèse de cette Étude économique reprenant ses principales conclusions ainsi que des graphiques peuvent être consultée à cette l’adresse (que vous êtes invités à inclure dans les articles) 

 

Pour toute information complémentaire, les journalistes sont invités à contacter Miguel Gorman au Centre de l'OCDE de Washington.

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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