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Des recherches doivent être menées de toute urgence sur les risques liés à la présence de nanomatériaux dans les déchets ménagers

 

22/2/2016 - Des recherches doivent être menées de toute urgence pour évaluer les risques éventuels pour la santé humaine et les écosystèmes liés à la présence de quantités toujours plus importantes de nanomatériaux manufacturés dans les déchets ménagers, qui finissent rejetées dans l’environnement, selon un nouveau rapport de l’OCDE.

Selon le rapport « Nanomaterials in Waste Streams: Current Knowledge on Risks and Impacts » (seulement disponible en anglais), des nanomatériaux manufacturés finissent dans des décharges, incinérateurs et stations d’épuration qui ne sont pas conçus pour retenir des particules d’à peine un millionième de millimètre. Des nanoparticules se retrouvent donc dans les boues d’épuration utilisées comme engrais en agriculture et dans les effluents des stations déversés dans les cours d’eau et les lacs, ainsi que dans les produits recyclés.

D’après les recherches existantes, les caractéristiques des nanomatériaux – qui peuvent pénétrer plus facilement dans la peau et les cellules que les composés de plus grande taille – pourraient présenter des risques sanitaires et environnementaux : risque cancérigène au niveau pulmonaire, effets toxiques sur le système nerveux et propriétés antibactériennes potentiellement nuisibles pour les écosystèmes. Malgré cela, des déchets contenant des nanomatériaux manufacturés sont évacués dans les flux de déchets classiques, sans précautions ni traitements particuliers.

« Les nanomatériaux révolutionnent les produits de tous les jours, au bénéfice de la société, mais beaucoup de questions demeurent sans réponse quant aux risques que pourraient présenter certains d’entre eux pour notre la santé et pour l’environnement », indique Simon Upton, Directeur de la Direction de l’environnement de l’OCDE. « Il nous faut de toute urgence mieux comprendre ces risques pour pouvoir évaluer s’il convient, ou non, d’adapter nos systèmes de traitement des déchets pour les recevoir. »

Les nanomatériaux manufacturés sont prisés pour les propriétés nouvelles que leur confère leur taille proche de celle de l’atome, et le nombre de produits contenant ce type de matériaux a quintuplé entre 2006 et 2011, les fabricants les ayant mis à profit pour améliorer les performances de plus de 1 300 produits, allant des pneus aux raquettes de tennis en passant par les piles de smartphone, les déodorants ou encore les après-shampoing.

Le rapport constate que si les installations de traitement des déchets les plus modernes sont capables de retenir une grande partie des nanomatériaux présents dans les déchets, les procédés moins efficients largement utilisés dans le monde font que de grandes quantités sont probablement rejetées dans l’environnement via les effluents gazeux issus des incinérateurs, les cendres appliquées sur la voirie, les eaux épurées ou les lixiviats pénétrant dans le sol et les sédiments aqueux.

La présence de nanomatériaux dans les boues d’épuration séchées et compostées, souvent épandues pour fertiliser les terres agricoles, est particulièrement préoccupante. En France, par exemple, la moitié des boues d’épuration produites dans le pays sont utilisées comme engrais. La possible transformation des nanomatériaux manufacturés dans le sol, leurs interactions avec les plantes et les bactéries et leur transfert dans les eaux superficielles n’ont jamais été étudiés en profondeur.

Le rapport préconise de mener des recherches sur les types et quantités de nanomatériaux entrant dans les flux de déchets, ce qu’ils deviennent dans les installations de traitement et les impacts potentiels des déchets résiduels contenant des nanomatériaux. Il recommande de renforcer les mesures de sécurité pour protéger les employés des installations de recyclage.

Le rapport s’appuie sur quatre études de cas présentées par l’Allemagne, le Canada, la France et la Suisse. Pour obtenir de plus amples informations, ou s’adresser à l’un des auteurs du rapport, veuillez contacter Catherine Bremer (+33 1 45 24 97 00) de la Division des médias de l’OCDE.

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