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Salle de presse

Des mesures s’imposent pour prêter assistance aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale en Nouvelle-Zélande

 

13/12/2018 - La Nouvelle-Zélande a réformé en profondeur ses systèmes de santé et de protection sociale au cours des dix dernières années mais doit faire davantage à l’égard des personnes atteintes de troubles mentaux afin que celles-ci puissent conserver leur emploi ou en trouver un, selon un nouveau rapport de l’OCDE.

Le rapport Mental Health and Work: New Zealand nous apprend qu’un Néo-Zélandais sur cinq connaît un problème de santé psychique diagnostiquable au cours d’une année donnée. Cela n’est pas sans conséquence sur le bien-être de la population et coûte à l’économie nationale entre 12 et 15 milliards NZD par an, soit 4 à 5 % du PIB, si l’on prend en considération les dépenses de santé supplémentaires, l’amoindrissement de la productivité du travail et les absences pour cause de maladie de même que les prestations sociales versées à ceux qui n’exercent pas d’emploi.

Nonobstant l’effet positif des réformes mises en œuvre au cours des dix dernières années, le système en place n’en demeure pas moins complexe et segmenté, flanqué de nombreux essais, expériences et projets pilotes visant à pallier quelques-unes de ses carences dans la prise en charge des troubles psychiques. L’accès des services, comme leur efficacité, varie énormément à l’intérieur du pays ainsi qu’en fonction des groupes ethniques. Les résultats relativement médiocres obtenus à l’égard de certaines catégories de population, à commencer par la communauté maorie, souligne l’urgence d’introduire des politiques articulant santé mentale et emploi qui soient acculturées, dictées par le réel et adaptées aux besoins.

Le rapport révèle que l’on intervient en règle générale de façon trop tardive en Nouvelle-Zélande et que la prestation de services intégrés, traitant ensemble la santé et les obstacles à l’emploi, demeure incomplète. Lorsqu’il existe un dispositif de qualité, comme c’est le cas des services destinés aux jeunes atteints de troubles mentaux, le public n’en profite guère du fait de l’insuffisance des moyens alloués et du manque de visibilité.

Dans ce rapport, l’OCDE dégage plusieurs grands axes de travail. Il s’agirait premièrement de définir une stratégie nationale sur la santé mentale et l’emploi qui privilégie une action des services de l’emploi guidée par le pragmatisme et coordonnée avec le traitement des troubles psychiques. Cette stratégie s’appuierait sur un effort, à la fois quantitatif et qualitatif, de collecte de données systématiques concernant l’incidence et les conséquences des troubles de santé mentale, renseignant entre autres sur les absences pour cause de maladie et sur la situation professionnelle des individus avant et après leur traitement.

En deuxième lieu, afin d’éviter que le besoin d’assistance ne devienne chronique, Work and Income, le service public de l’emploi en Nouvelle-Zélande, doit améliorer le diagnostic précoce des problèmes de santé mentale chez les demandeurs d’allocations, consacrer des moyens à l’aide aux demandeurs d’emploi présentant une fragilité de ce genre et promouvoir l’accompagnement de ces personnes après la reprise d’activité. Les Néo-Zélandais atteints de troubles psychiques ont trois fois plus de chances que les autres d’être sans emploi ; ils représentent d’autre part la moitié environ de l’ensemble des bénéficiaires de prestations sociales.

Troisièmement, il y aurait lieu pour les pouvoirs publics d’envisager une réforme structurelle du système d’indemnisation des accidents (ACC) à l’effet d’inclure les maladies dans son périmètre. À ce jour, la Nouvelle-Zélande fait une distinction stricte entre l’accident, qui appelle une prise en charge par l’ACC, système efficace et disposant de ressources adéquates, et la maladie, qui suppose l’intervention d’un système de santé généraliste manquant de moyens et d’un système de prestations sociales soumises à conditions de ressources. Les troubles de santé mentale entrent en règle générale dans la seconde catégorie.

Les autorités néo-zélandaises ont demandé à l’OCDE de procéder à une évaluation des politiques en vigueur en matière de santé mentale et d’emploi, ainsi que les effets de ces politiques, à l’aune du cadre défini dans la Recommandation du Conseil de l’OCDE sur une politique intégrée de la santé mentale, des compétences et de l’emploi à laquelle les ministres de la santé et de l’emploi de tous les pays membres de l’Organisation, dont la Nouvelle-Zélande, ont souscrit en 2016. La Nouvelle-Zélande est le premier Membre de l’OCDE à avoir sollicité un tel examen dans son souci de dresser un plan d’action efficace qui lui permette d’apporter plus d’équité là où celle-ci fait pour l’heure défaut.

Le rapport de l’OCDE vient compléter les conclusions de l’enquête sur la santé mentale et les addictions conduite dernièrement dans le pays (Government Inquiry into Mental Health and Addiction), en mettant plus particulièrement l’accent sur l’articulation entre santé mentale et emploi.

Le rapport Mental Health and Work: New Zealand peut être consulté à http://www.oecd.org/fr/emploi/mental-health-and-work-new-zealand-9789264307315-en.htm

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à prendre contact avec M. Christopher Prinz (tél. : +33 1 4524 9483) ou avec la Division des médias de l’OCDE (tél. : + 33 1 4524 8118).

On trouvera le texte de la Recommandation du Conseil sur une politique intégrée de la santé mentale, des compétences et de l’emploi à l’adresse suivante : https://legalinstruments.oecd.org/fr/instruments/334. Pour en savoir plus au sujet du projet de l’OCDE sur la santé mentale et l’emploi, voir http://www.oecd.org/fr/emploi/sante-mentale-et-emploi.htm.


Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui œuvre à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des citoyens dans le monde entier.

 

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