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Salle de presse

De nouvelles réformes en Suède pourraient être facteurs de croissance, de compétitivité et de cohésion sociale

 

29/03/2019 - L’économie suédoise fonctionne presque à plein régime, alliant une croissance vigoureuse à des taux d’emploi solides, mais l’environnement économique mondial, lourd d’incertitudes, pèse sur les perspectives. Selon un nouveau rapport de l’OCDE, les politiques publiques devraient avoir pour objectifs de prolonger la phase d’expansion et de faire en sorte que les réussites économiques continuent de soutenir l’inclusivité, le bien-être et la cohésion sociale.

Dans la toute dernière Étude économique de la Suède, l’OCDE s’intéresse aux facteurs à l’origine des performances économiques solides du pays ainsi qu’aux politiques publiques qu’il serait souhaitable de mener pour affronter les difficultés présentes et futures. Selon les estimations de l’Étude, la croissance devrait être de 1.6 % cette année, et de 1.7 % en 2020.


L’Étude, présentée à Stockholm par le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría et par la ministre suédoise des Finances Magdalena Andersson, met l’accent sur l’importance de politiques publiques qui permettent de préserver la résilience économique, de remédier aux faiblesses structurelles et de préparer la main-d’œuvre aux emplois de demain.

Presentation of the Economic Survey of Sweden

« L’économie suédoise est florissante, mais elle n’en est pas moins dépendante de l’expansion continue de l’économie mondiale et de son ouverture », a déclaré M. Gurría. « La prospérité d’aujourd’hui témoigne des bienfaits de cette combinaison unique entre ouverture et inclusivité, propre à la Suède. Aucun effort ne doit être ménagé pour préserver le cadre d’action des pouvoirs publics et le traduire en termes de travail décent, d’emplois de meilleure qualité et de hauts niveaux de bien-être au profit de tous ». Lire le discours en anglais.

L’Étude montre comment les politiques monétaires et budgétaires de la Suède ont accompagné la croissance. Il conviendrait de préserver l’excédent budgétaire des administrations publiques, qui témoigne de la vigueur de l’économie, et d’utiliser la marge de manœuvre budgétaire pour des mesures de relance dans l’éventualité d’un ralentissement de la conjoncture, selon l’Étude.

Toujours selon l’Étude, remédier aux faiblesses structurelles pourrait permettre de renforcer la productivité et les résultats économiques. Les prix des logements se sont stabilisés, mais des faiblesses structurelles subsistent et pourraient avoir des effets négatifs sur la stabilité économique et financière, ainsi que sur la mobilité et le bien-être de la population. 

La fiscalité sur la propriété immobilière devrait être réformée, notamment en supprimant progressivement la déductibilité des intérêts d’emprunts hypothécaires. Il faudrait également simplifier les procédures d’urbanisme en trouvant un juste équilibre entre les considérations économiques, environnementales et sociales. En outre, il conviendrait d’assouplir la réglementation des loyers de façon à favoriser un accroissement de l’offre d’immobilier locatif et une meilleure utilisation du parc de logements, tout en continuant de protéger les locataires contre les pratiques abusives. 

Une nouvelle simplification de la réglementation des entreprises et des procédures administratives pourrait générer des gains de productivité. La mise à profit des opportunités qu’offre la transformation numérique permettrait d’améliorer la prestation des services, de simplifier les procédures et de réduire les délais de délivrance des autorisations et permis, selon l’Étude.

Quant à l’avenir de l’économie de la connaissance en Suède, il dépend pour une bonne part de la capacité du pays à développer les compétences de ses enfants et de sa jeunesse. Les résultats scolaires sont en recul depuis des années, tandis que certaines évolutions dans la société, telles que l’immigration et la montée des inégalités de revenu, accentuent la ségrégation résidentielle et concourent à la ségrégation scolaire, qui résulte en une scolarisation des élèves dans des établissements séparés selon leur milieu socioéconomiques d’origine. 

Selon l’Étude, il faudrait mettre en place un ensemble cohérent de réformes pour rehausser la qualité et l’équité de l’enseignement obligatoire en Suède. Il conviendrait de renforcer les institutions de l’administration centrale par la mise en place d’une structure de gouvernance régionale, qui serait chargée de développer les capacités d’organisation et la formation des enseignants, et par le déploiement de mécanismes qui permettraient de mieux affecter les ressources en fonction des besoins des élèves. La liberté de choix et la concurrence peuvent être utilisées comme des vecteurs de changement positif, mais celui-ci passera par des informations fiables et transparentes sur la qualité des établissements scolaires, par une meilleure réglementation et par de nouvelles initiatives pour lutter contre la ségrégation. Il conviendrait de revaloriser le statut de la profession d’enseignant dans la société en améliorant la qualité de la formation, l’entraide et la responsabilité.  

Une synthèse de cette Étude économique de la Suède, reprenant ses principales conclusions, peut être consultée à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/eco/surveys/sweden-economic-snapshot.

Pour obtenir de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter Lawrence Speer (+33 1 45 24 79 70) à la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00), à Paris.

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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