Panama

Autonomiser les 40 % de jeunes Latino-Américains qui ne sont ni en emploi formel, ni en études, ni en formation pourrait enclencher de nouveaux moteurs de croissance, selon les dernières Perspectives économiques de l'Amérique latine

 

Carthagène, Colombie, le 28 Octobre 2016 – Le PIB de l’Amérique latine et des Caraïbes (ALC) reculera de 0.9 à 1 % en 2016, selon les dernières estimations. Il s’agit de la deuxième année consécutive de croissance négative, avec un taux de contraction qui n’a pas été relevé dans la région depuis le début des années 1980. Selon les Perspectives économiques de l'Amérique latine 2017, la région devrait se redresser en 2017, mais avec une croissance modeste du PIB, entre 1.5  et 2 %, inférieure à la croissance attendue dans les économies avancées.

Selon le rapport, produit conjointement par le Centre de développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Commission des Nations Unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) et la Banque de développement de l'Amérique latine (CAF), la décélération économique prolongée pourrait compromettre les progrès socio-économiques du continent. Sept millions de Latino-Américains sont devenus pauvres en 2015, et 25 à 30 millions de Latino-Américains vulnérables risquent de retomber dans la pauvreté au cours des deux prochaines années. Bien que non-dissociés de l'environnement économique mondial, ces résultats ont aussi leur propre dynamique nationale et régionale.

Les trois organisations appellent à investir dans la jeunesse grâce à une meilleure éducation, l’amélioration des compétences et des opportunités d'entrepreneuriat pour attiser la croissance économique et construire une base solide pour le progrès à long terme.

«Les jeunes adultes représentent un quart de la population en Amérique latine. La capacité à exploiter ce dividende démographique de 163 millions de personnes âgées de 15 à 29 ans est primordiale. Permettre aux jeunes, y compris les filles, d’atteindre leur plein potentiel est le meilleur investissement pour l'avenir de l'Amérique latine. Dans un contexte d’augmentation des inscriptions scolaires, autonomiser ces jeunes désireux de travailler tout en s’assurant que leurs talents correspondent aux demandes et structures du marché du travail est un moyen avisé pour créer une croissance inclusive. Cela aidera également à réaliser des gains de productivité tout en réduisant les inégalités », a déclaré la Directrice de Cabinet du Secrétaire général de l’OCDE et Sherpa pour le G20, Gabriela Ramos, en présentant les Perspectives aujourd'hui lors du 25ème sommet ibéro-américain à Carthagène des Indes.

Le rapport montre comment le conditionnement social, ethnique, de genre et géographique impacte les trajectoires de vie. Près de 30 millions de jeunes individus dans la région ALC ne sont ni en emploi formel, ni en études, ni en formation (NEETs), ce qui représente 21 % des personnes de ce groupe d'âge, comparé à 15 % dans les pays de l'OCDE. En outre, 19 % des jeunes occupent des emplois informels. Les femmes sont particulièrement défavorisées, représentant 76 % des NEETs et occupant principalement des emplois non rémunérés. Au moins 6 jeunes sur 10 vivant dans des ménages pauvres sont NEETs ou travaillent dans le secteur informel et 4 jeunes sur 10 vivant dans les ménages de la classe moyenne vulnérable sont NEETs ou travaillent dans le secteur informel, comparé à seulement 2 jeunes sur 10 originaires de ménages de la classe moyenne.

Comme indiqué par Alicia Bárcena, Secrétaire exécutive de la CEPAL, « La région peut gagner à mieux intégrer les jeunes, en leur offrant des opportunités en matière d’éducation de qualité, de compétences et d’entrepreneuriat afin de favoriser la croissance et l'inclusion. Le manque de bonnes opportunités d'emploi et la fragile transition de l'école au travail entravent l'inclusion des jeunes et déçoivent les attentes dans notre région. Trop de jeunes sont exclus de l'accès aux services publics, à l'épargne et à la mobilité sociale ».

Bien que l'éducation dans la région ALC se soit significativement améliorée au cours de la dernière décennie, peu d'étudiants avancent assez loin dans l'échelle de l'éducation pour être aussi productifs qu’ils pourraient l’être plus tard dans la vie. Deux sur trois jeunes latino-américains ne sont pas équipés pour répondre aux besoins du marché du travail lorsqu’il s’agit de compétences sophistiquées en matières techniques, professionnelles et de gestion. En même temps, 50 % des entreprises formelles dans la région ALC font part de leur difficulté à combler des emplois, comparés à 36 % dans les pays de l'OCDE. Les efforts devraient se concentrer sur l'identification des étudiants à faibles résultats, l’amélioration de la transition vers des niveaux d'éducation plus élevés et le renforcement de l'enseignement technique et de la formation. Les programmes de formation devraient combiner des apprentissages en classe et en entreprise pour faciliter la transition vers des emplois formels.

Dans ce contexte, 26 % des jeunes entrepreneurs se tournent vers l'entrepreneuriat par nécessité, parce qu'il n'existe pas de meilleures options de travail, comparativement à 16 % dans les pays de l'OCDE. Les obstacles à l'entrepreneuriat sont en moyenne 59 % plus élevés dans la région ALC que dans les pays OCDE. L'intégration des jeunes entrepreneurs de l’ALC dans les chaînes de valeur mondiales est encore limitée ; ces jeunes font face à des défis en termes d'accès au financement, de renforcement des capacités, de développement des réseaux d'affaires et d’une culture d'entreprise, d'accès à de nouveaux marchés, et de réglementation, et ce bien plus que leurs homologues adultes. Les Perspectives recommandent des mesures politiques multidimensionnelles telles que compléter les micro-crédits avec des barrières réglementaires réduites, mettre en relation les jeunes entrepreneurs avec des réseaux d'affaires, et développer la formation managériale et financière. Il est également primordial de faciliter l’abordabilité et l'accès aux services à large bande et à l'infrastructure pour aider les jeunes à tirer le maximum de l'économie numérique.

« Les décideurs politiques doivent recueillir des informations et évaluer des programmes pour la jeunesse pour concevoir des politiques qui prennent en compte les transformations technologiques, politiques et sociales en train de métamorphoser le monde du travail et l'environnement, notamment les villes où 9 jeunes sur 10 vivront d'ici à 2050 dans la région ALC. Dans le même temps, ces investissements devraient être programmés dans un cadre budgétaire crédible et soutenable », a déclaré Enrique García, Président et Directeur général de la CAF.

Les participants au lancement du rapport incluent également le Président de la Colombie Juan Manuel Santos, le Président Pedro Pérou Pablo Kuczynski et la Secrétaire exécutive du Secrétariat général ibéro-américain (SEGIB), Rebeca Grynspan.

Pour plus d'informations sur les Perspectives économiques de l'Amérique latine 2017, visitez le site: www.latameconomy.org; #LEO 2017

Pour obtenir une copie du rapport, les journalistes sont invités à contacter : bochra.kriout@oecd.org .

 

CONTACTS PRESSE:

• CAF: rvalls@caf.com, Tél: +57 (1) 743-7368

• CEPAL: prensa@cepal.org, Tel: + (56 2) 2 210 2040

• Centre de développement de l'OCDE: bochra.kriout@oecd.org, Tel: +33 (0) 6 26 74 04 03

 

Documents connexes