Colombie

La Colombie doit engager une réforme fiscale d’envergure pour stimuler l’investissement en dehors du secteur pétrolier et minier, selon l’OCDE

 

19/01/2015 - L’économie colombienne a réalisé un excellent parcours durant la dernière décennie, mais une réforme fiscale d’envergure qui encourage l’investissement en dehors du secteur pétrolier et minier est nécessaire pour inscrire le pays sur une trajectoire de croissance forte, durable et inclusive, selon la dernière Étude économique de la Colombie de l'OCDE.

 

 

L’Étude, présentée à Bogotá par M.Alvaro Pereira, directeur des études pays au sein du Département des affaires économiques de l’OCDE, M. Mauricio Cárdenas Santamaría, ministre des Finances et du Crédit public de la Colombie, et M. José Uribe, gouverneur de la Banque centrale de Colombie, souligne que, depuis le début des années 2000, le pays fait partie des économies latino‑américaines les plus dynamiques. La Colombie devrait enregistrer une croissance proche de 4,5 % dans les années à venir, malgré une détérioration des conditions extérieures.  

L’OCDE recense un certain nombre de mesures essentielles pour stimuler la croissance future et résorber le niveau toujours élevé des inégalités de revenu. Une réforme fiscale de grande ampleur est nécessaire pour rendre le système fiscal plus favorable à l’investissement, plus efficace et plus juste, tandis qu’une réforme du régime de retraite pourrait faire reculer la pauvreté des personnes âgées. Selon l’Étude, renforcer l’investissement dans les infrastructures – en menant à bien le programme de concessions routières du gouvernement (dit 4G) – et augmenter l’efficacité des investissements des administrations infranationales comptent aussi au nombre des grandes priorités.

 

« L’économie colombienne a fait preuve d’un dynamisme et d’une vigueur remarquables ces dernières années, mais le déclin des prix du pétrole et du charbon menace la pérennité de la croissance », a déclaré M. Pereira. « Une réforme fiscale d’envergure peut apporter à la croissance et à l’investissement l’élan nécessaire pour diversifier l’économie, réduire l’activité informelle et améliorer le bien‑être de tous les Colombiens ».

 

La réforme fiscale doit réduire les taux élevés de l’impôt sur les bénéfices des sociétés, de la TVA perçue sur les biens d’investissement et de l’impôt sur le patrimoine prélevé sur l’actif net, qui se conjuguent pour pénaliser l’investissement, explique l’OCDE. L’Étude recommande d’abaisser progressivement le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés tout en élargissant son assiette, afin que les entreprises soient plus nombreuses à payer des impôts.

 

Renforcer l’administration fiscale et relever le montant des amendes permettront de lutter contre la fraude fiscale. Les travaux de l’OCDE montrent qu’une diminution de 50 % de la fraude à la TVA et à l’impôt sur les sociétés pourrait procurer plus de 15 billions COP (8 milliards USD) de recettes supplémentaires. Ces recettes exceptionnelles pourraient contribuer à financer les investissements dans les infrastructures et les services sociaux, et couvrir une partie des coûts de mise en œuvre d’un futur accord de paix.

La Colombie peut aussi verdir sa fiscalité par l’adoption d’une taxe sur le carbone, et la rendre plus équitable en atténuant la générosité des exonérations et déductions au titre de l’impôt sur le revenu des personnes physiques dont les contribuables aisés sont les premiers bénéficiaires, notamment en taxant les dividendes et les retraites d’un montant élevé, ajoute l’Étude.

Par ailleurs, l’OCDE recommande de réformer en profondeur le régime de retraite afin de réduire la pauvreté et les inégalités au sein de la population âgée. Deux tiers environ des personnes âgées ne perçoivent actuellement aucune retraite, tandis que le revenu minimum garanti est inférieur au seuil de pauvreté 

 

Les réformes peuvent à la fois permettre aux personnes âgées de percevoir une pension décente et améliorer la situation des finances publiques. L’OCDE préconise d’ouvrir plus largement l’accès au dispositif Beneficios Económicos Periódicos, tout en augmentant le champ d’application et le niveau des prestations du dispositif public garantissant un revenu minimum aux personnes âgées Colombia Mayor. Les mesures visant à réduire l’activité informelle peuvent améliorer à la fois la couverture et le financement de ces programmes.

Une synthèse de l'Étude économique de la Colombie peut être consultée à l’adresse suivante : www.oecd.org/fr/economie/etude-economique-colombie.htm

 

Le rapport de l'Étude économique de la Colombie ainsi que des informations sur les éléments à télécharger et à intégrer, ou encore à imprimer, sont disponibles en ligne. Pour plus de précisions, les journalistes sont invités à contacter la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

*** Notes pour les editeurs ***

La nouvelle Étude économique de la Colombie s’inscrit dans le processus d’adhésion en cours du pays à l’OCDE, qui a été lancé officiellement en octobre 2013, sur la base d’une invitation approuvée par le Conseil de l’OCDE en mai 2013.

La Colombie suit actuellement une Feuille de route pour l’adhésion, qui établit le processus et définit les conditions d’une adhésion future. La Feuille de route prévoit une série d’examens techniques menés par des experts de l’OCDE, qui remettront leurs conclusions aux Comités de l’Organisation, qui à leur tour soumettront au Conseil de l’OCDE une évaluation formelle des politiques de la Colombie dans leurs domaines de compétence.

 

Ces examens offrent l’occasion de partager avec les autorités colombiennes les meilleures pratiques et les normes de l’OCDE, et de les aider à identifier les domaines nécessitant des réformes supplémentaires. Le processus d’adhésion n’est assorti d’aucun calendrier fixe et dépend en définitive de la capacité de la Colombie à passer avec succès les examens techniques.

 

Les 34 pays membres de l’OCDE encouragent des politiques qui visent à améliorer le bien‑être socioéconomique partout dans le monde. L’Organisation est un forum au sein duquel les gouvernements s’emploient à partager leurs expériences et à chercher des réponses à des problèmes communs.

 

Les pays membres de l’OCDE sont actuellement : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Chili, la Corée, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, Israël, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède, la Suisse et la Turquie.

 

 

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