Les pêcheries : Avant-propos

 

 Peu d’industries ont dans l’opinion publique une image aussi contrastée que celle de la pêche. Nous admirons la bravoure et l’adresse des équipages qui luttent contre les éléments pour capturer le poisson, que nous voyons comme un apport sain à notre régime alimentaire, mais dans le même temps nous déplorons la surexploitation des stocks et les atteintes à l’environnement qui en découlent.

 

 Le problème est simple, du moins en apparence : il y a trop de navires et trop peu de poissons. Cependant, toute solution durable exige de prendre en compte de nombreux paramètres, souvent contradictoires, couvrant des préoccupations d’ordre économique, social et environnemental.

 

 Pour cette industrie, le but est d’accroître son efficacité et sa rentabilité. Cet objectif est cependant impossible à atteindre s’il revient à détruire les ressources naturelles dont dépend la pêche, qu’il s’agisse des stocks ayant une valeur commerciale ou de l’environnement naturel complexe qui leur permet de prospérer. Il faut également mettre un terme aux pratiques illégales telles que la pêche pirate, qui prive les pêcheurs légitimes de leur gagne-pain tout en rendant plus ardue la gestion durable des stocks.

 

 À l’évidence, les pêcheurs devraient adapter leurs prises pour permettre aux stocks de se reconstituer. Mais comment les convaincre de respecter de telles restrictions sur la durée s’il y a de nombreux resquilleurs et si toute amélioration des stocks profite à d’autres ? Faute d’emplois en dehors de ce secteur, comment leur demander d’abandonner une profession qui constitue également un mode de vie et une dimension essentielle de leur communauté sans susciter chez eux un fort sentiment d’injustice ?

 

 Les personnes extérieures à la profession soutiendront qu’il est à la fois injuste pour les contribuables et contre-productif de soutenir un secteur, si ce secteur a lui-même créé les difficultés qui menacent à présent de l’engloutir.

 

 En réalité, la pêche se trouve à la croisée de deux défis majeurs. D’une part, il faut gérer une ressource commune, et ce, aux niveaux local, national, régional et international. D’autre part, il faut assurer le succès de la réforme face à des intérêts contradictoires.

 

 Ce nouvel ouvrage de la série Les essentiels de l’OCDE s’appuie sur l’expertise approfondie de l’OCDE en matière de pêcheries, ainsi que sur ses travaux dans de nombreux autres domaines allant de l’ajustement structurel à l’environnement. Il montre que les pêcheries sont une industrie moderne et globalisée. Il expose également les dessous de nombreuses questions auxquelles nous devons nous attaquer aujourd’hui, ainsi que les façons dont cette industrie répond aux changements touchant l’économie, la technologie et les modes de vie.

 

 Ce livre, j’en suis convaincu, montrera comment les pêcheries peuvent continuer à jouer longtemps un rôle important dans la société, à condition que soit adopté le bon ensemble de politiques.

 

Angel Gurría
Secrétaire général de l’OCDE

 

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