De la crise à la reprise : Avant-propos

 

 La crise économique mondiale actuelle a été déclenchée par une crise financière elle-même causée par une soif inextinguible de profits à court terme. Dans un contexte de soutien des pouvoirs publics à l’expansion des marchés de capitaux, nombreux sont ceux qui ont délibérément ignoré deux questions essentielles : l’éthique des affaires et la réglementation des entreprises. À présent, il est nécessaire de réécrire les règles applicables à la finance et aux groupes internationaux. Pour rétablir la confiance essentielle au bon fonctionnement des marchés, nous devons tout à la fois améliorer la réglementation, les contrôles, le gouvernement d’entreprise et la coordination.

 Nous avons aussi besoin de mettre en place des politiques sociales plus justes et d’en finir avec les goulets d’étranglement qui bloquent la concurrence et l’innovation et nuisent à la viabilité de la croissance.
Nous devons aussi trouver des moyens permettant aux gouvernements de se désengager de leurs interventions massives décidées en urgence, une fois que l’économie mondiale aura regagné le chemin de la croissance.


 Remédier aux déficits budgétaires massifs et lutter contre le chômage, tout en encourageant de nouvelles sources de croissance, telles sont les tâches qui mobilisent les gouvernants dans l’immédiat.
Mais un autre défi nous attend : nous ne devons pas perdre de vue des questions plus larges, comme l’environnement et le développement.

 
Comment passer de la récession à la reprise ? La réponse stratégique de l’OCDE implique de renforcer le gouvernement d’entreprise et d’intensifier le combat pour venir à bout des côtés sombres de la mondialisation, notamment la corruption et la fraude fiscale.

 

 Il nous faut non seulement corriger les erreurs du passé, mais aussi préparer l’avenir. Dans cette optique, la « Stratégie pour une croissance verte » élaborée par l’OCDE vise à guider les politiques nationales et internationales pour permettre à chaque pays de réaliser tout le potentiel de cette nouvelle approche de la croissance. Nos analyses montrent que les gouvernements devraient davantage promouvoir des modes de production, de passation des marchés et de consommation plus respectueux de l’environnement, en concevant des cadres plus clairs et en assurant un bon fonctionnement des marchés. Il leur faudrait également renoncer à certaines habitudes coûteuses, notamment le subventionnement des combustibles fossiles, ce qui permettrait de lutter contre le changement climatique tout en allégeant les dépenses.

 Nous devons aussi repenser notre approche dans d’autres domaines, qu’il s’agisse des politiques de la concurrence, de l’investissement et des retraites, des soins de santé, ou encore de l’exclusion sociale et de la pauvreté. Nous devons accroître la productivité tout en préservant l’ouverture des frontières au commerce et à l’investissement. Nous devons trouver des moyens de répartir plus équitablement les opportunités et les fruits de la croissance et encourager les innovations scientifiques, techniques et organisationnelles qui sont nécessaires à une reprise « verte ».

 Ce nouvel ouvrage de la série Les essentiels de l’OCDE s’appuie sur des marchés financiers et d’autres domaines à la fois touchés par la crise et essentiels à la reprise.


 Je suis confiant que sa lecture vous aidera à mieux comprendre les origines de la situation actuelle et à apprécier les réponses qui lui sont apportées.

 

Angel Gurría
Secrétaire général de l’OCDE

 

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