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Italie

L’Italie doit poursuivre les réformes engagées pour améliorer les compétences de la population et stimuler la croissance

 

05/10/2017 - Il ressort d’un nouveau rapport publié par l'OCDE que la mise en œuvre pleine et efficace des réformes récentes, y compris celles qui portent sur le droit du travail et sur le système scolaire, contribuerait à dynamiser la croissance en Italie en améliorant les compétences de la main-d’œuvre et en s’assurant qu’elles soient mieux utilisées dans tout le pays.

 

Selon le rapport « OECD Skills Strategy Diagnostic Report: Italy 2017 », (en anglais seulement) l’Italie a plus de difficulté que les autres économies avancées à opérer la transition vers une société prospère et dynamique fondée sur les compétences. L'Évaluation des compétences des adultes de l'OCDE (PIAAC) montre que plus de 13 millions d’adultes – soit 40 % de la population adulte en Italie– ont un faible niveau de compétences en littératie et en numératie.

 

Le rapport, présenté à Rome par le Secrétaire général de l'OCDE Angel Gurría aux côtés de Pier Carlo Padoan, ministre des Finances de l’Italie, et de Claudio de Vincenti, ministre de la Cohésion territoriale et du Mezzogiorno, recense les domaines d’action prioritaires. Il recommande notamment d’augmenter les investissements dans l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, d’encourager les entreprises à investir dans une formation de qualité, et d’accroître les ressources allouées au service public de l’emploi.

 

« Les réformes engagées récemment commencent à porter leurs fruits, comme en témoigne la création de plus de 850 000 emplois », observe Angel Gurría. « L’Italie doit désormais entretenir cette dynamique en veillant à ce que l’école, les universités et les entreprises enseignent à tous les citoyens les compétences dont ils ont besoin pour réussir dans l’économie et la société d’aujourd’hui ».

 

Selon le rapport, l’Italie est actuellement prise au piège d’un équilibre à faible niveau de compétences, où l’offre insuffisante de compétences se conjugue à une faible demande de la part des employeurs. Les petites entreprises, souvent familiales, représentent plus de 85 % de l’ensemble des entreprises en Italie et 70 % environ de l’emploi total. Or, dans nombre d’entreprises familiales, les dirigeants n’ont pas les compétences requises pour adopter et prendre en charge les nouvelles technologies complexes. Par ailleurs, en Italie, les barèmes des salaires sont souvent davantage liés à l’ancienneté qu’aux performances, ce qui n’incite pas vraiment les travailleurs à mettre à profit leurs compétences au travail ni à investir pour en acquérir de nouvelles.

L’inadéquation des compétences est un problème majeur en Italie. En effet, près de 6 % des travailleurs italiens déclarent ne pas avoir suffisamment de compétences pour accomplir leur travail et 21 % ont un niveau de qualification ou formation inférieur à ce qui est demandé par leur emploi. Les travailleurs ayant un niveau de compétences trop élevé par rapport à leur emploi (11.7 %) et ceux dont les diplômes sont supérieurs à ceux requis dans le cadre de leur travail (18 %) représentent une forte proportion de la main-d’œuvre totale. 35 % environ des travailleurs occupent en outre des emplois dans des secteurs sans lien avec leurs études. Près d’un jeune italien (15-29 ans) sur quatre est sans emploi, déscolarisé et ne suit aucune formation, soit le deuxième taux le plus élevé de la zone OCDE.

 

Il faut redoubler d’efforts pour améliorer la qualité de l’enseignement et gommer les écarts de performance entre les régions, selon le rapport de l'OCDE. Pour cela, il est crucial de renforcer l’accès à l’enseignement supérieur, particulièrement pour les élèves issus de milieux défavorisés : la proportion des 25-34 ans diplômés de l’enseignement universitaire en Italie s’élève à 20 % seulement, contre 30 % en moyenne dans l'OCDE.

 

Pour inciter les adultes à améliorer leurs compétences, il faut enrichir l’offre de programmes de formation à temps partiel ou à distance, et développer l’accès aux services d’accueil des jeunes enfants. Il convient en outre de mettre en place des subventions à la formation ciblées sur les adultes peu qualifiés.

 

D’autres recommandations sont présentées dans le rapport :

 

  • Poursuivre les efforts engagés pour créer un système de certification plus clair et plus transparent et établir un système national de reconnaissance des compétences non formelles et informelles acquises en cours d’emploi ou tout au long de la vie.

 

  • Améliorer les moyens d’action - comme les politiques du logement et les subventions de réinstallation, et la flexibilité de l’organisation du travail et les aides aux familles - pour promouvoir la mobilité régionale.

 

  • Inciter les entreprises à investir dans des formations de qualité axées sur le développement des compétences demandées sur le marché du travail, et récompenser les travailleurs qui se forment, tout en subventionnant des formations ciblées sur les adultes peu qualifiés qui peinent souvent à accéder à ce type de programmes.

 

  • Dans la mesure où la responsabilité des politiques relatives aux compétences est partagée entre différents ministères et échelons de l’administration, ainsi qu’entre diverses parties prenantes, il est capital d’harmoniser les systèmes d’information pour évaluer les compétences et anticiper les besoins, de sorte que les responsables de l’action publique puissent comprendre l’évolution de la demande de compétences, et mieux y répondre.

 

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter la Division des médias de l'OCDE (tél. : +33 1 45 24 97 00).

 

L’OCDE est un forum mondial qui œuvre, aux côtés de plus d’une centaine de pays, à la promotion de politiques propres à améliorer le bien-être économique et social des peuples du monde entier.

 

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