Islande

La reprise est solide en Islande mais il reste des défis à relever pour que la croissance soit durable

 

01/09/15-La reprise en Islande ne s’est jamais démentie depuis la crise financière mondiale, comme l’attestent une activité économique se situant au-dessus des niveaux d’avant la crise ainsi qu’un certain nombre d’autres signes visibles de normalisation, tels que la décrue du chômage, le redressement des finances publiques et l’amélioration de la situation financière des ménages. D’après la dernière Étude économique de l’Islande publiée par l’OCDE, il reste toutefois à relever des défis majeurs apparus après la crise, notamment la levée ordonnée des mesures de contrôle des mouvements de capitaux et le risque que les accords salariaux ne tirent l’inflation vers le haut.

 

Il ressort de l’étude présentée à Reykjavik par le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, et le ministre islandais des Finances, M. Bjarni Benediktsson, que le pays est entré dans sa cinquième année consécutive de reprise économique. Selon les prévisions de l’OCDE, la croissance du PIB devrait s’établir à 4.3 % en 2015 et 2.7 % en 2016, - soit bien plus que la moyenne prévue pour l’OCDE – et poursuivre sur cette lancée jusqu’en 2020.

 

M. Gurría a indiqué que la reprise avait été impressionnante en Islande, où le rebond a été plus marqué et plus rapide que dans les autres pays frappés par la crise en Europe, mais que si les perspectives sont dans l’ensemble encourageantes, il n’y a pas lieu de se laisser aller à un excès de confiance. Pour lui, l’Islande doit encore relever des défis importants si elle veut inscrire sa croissance dans la durée, notamment répondre à la nécessité urgente de consolider les piliers de la stabilité macroéconomique, conforter les progrès accomplis sur le plan de la politique budgétaire et relever la croissance de la productivité.

L’OCDE s’est félicitée du plan de levée des contrôles des mouvements de capitaux annoncé récemment par l’Islande, tout en soulignant qu’il convient de préserver la stabilité macroéconomique afin de minimiser le risque que des sorties de capitaux désordonnées ne se produisent. Les auteurs de l’Étude encouragent l’Islande à se doter de volants de sécurité financiers et budgétaires suffisants, à réduire son endettement et à accroître les fonds propres et les liquidités des banques.

Les accords salariaux conclus récemment prévoient des hausses de salaires non négligeables qui pourraient porter atteinte à la stabilité macroéconomique. La politique monétaire peut apporter une contribution essentielle au maintien d’une inflation faible et stable qui pourrait concourir à garantir l’indépendance de la banque centrale face à toute tentative d’ingérence politique. Les avancées réalisées grâce à la politique budgétaire seront également un facteur de préservation de la stabilité puisque le déficit budgétaire est passé progressivement de près de 13 % du PIB en 2008 à pratiquement zéro en 2014, et qu’un léger excédent devrait se dessiner en 2016 selon les prévisions. La dette brute, qui représentait près de 100 % du PIB en 2011, a amorcé un repli.

 

Si les prévisions à long terme donnent à penser que l’Islande est sur la bonne voie pour réduire sa dette, l’Étude fait ressortir la persistance d’un risque, lié notamment à l’accroissement des dépenses consacrées aux retraites et au logement. L’Islande peut maintenir le cap de la viabilité budgétaire en adoptant la loi de finances organique et en observant des règles budgétaires qu’elle s’est fixées, en créant un Conseil budgétaire indépendant, en se servant de ses actifs pour rembourser une dette coûteuse, en évitant d’accumuler des engagements conditionnels et en réorientant sa fiscalité de sorte qu’elle repose davantage sur la TVA que sur l’impôt sur le revenu.

 

Il ressort en outre de l’Étude que l’Islande s’engage sur le chemin d’une croissance future de la productivité, déterminante pour dynamiser la croissance économique et relever le niveau de vie grâce à la mise en œuvre de politiques ciblées. Adopter un programme favorisant la productivité, lever les obstacles à l’entrepreneuriat et à l’investissement et renforcer la concurrence seraient autant de moyens d’améliorer l’environnement dans lequel les entreprises exercent leur activité et de stimuler l’innovation. D’autres investissements dans la qualité de l’éducation et de la formation et dans l’amélioration du taux d’achèvement des études secondaires dans les délais permettraient d’atteindre un meilleur niveau de compétences.  

 

Une synthèse de l’Étude économique, qui en reprend les principales conclusions, est consultable gratuitement sur le site de l’OCDE à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/fr/islande/etude-economique-islande.htm.

 

Vous êtes invités à rappeler ce lien Internet dans toute communication concernant l’Étude. Pour plus de renseignements sur l’Étude économique, veuillez contacter la Division des médias de l’OCDE (+33 1 4524 9700).

 

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