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Investissement

Le défi de l'investissement

 

Les investissements sont nécessaires à une future croissance durable. Cependant, leur enjeu ne concerne pas uniquement la compétitivité, mais le maintien de la qualité de vie. Ainsi qu’on le constate actuellement en Allemagne, de bons résultats économiques sont une condition nécessaire pour assurer des niveaux d’investissement élevés, mais pas une condition suffisante. On prévoit ainsi une augmentation annuelle moyenne de la production économique de 1,8 % en valeur réelle, en 2015 comme en 2016. Parallèlement, et malgré une récente tendance à la hausse, l’investissement du secteur public – qui contribue souvent à ouvrir la voie aux investissements privés – n’augmente qu’assez lentement. En outre, de nombreux secteurs essentiels de l’investissement privé pourraient gagner en dynamisme.

Dans ce contexte, le gouvernement allemand cherche à stimuler l’innovation et la compétitivité de l’économie, et à encourager l’investissement. Nous souhaitons que notre taux d’investissement dépasse la moyenne de l’OCDE, et nous avons pris des mesures de grande envergure dans ce sens, en définissant des priorités qui gagnent en reconnaissance à travers le monde.

L’investissement régional et municipal présente une importance cruciale dans un État fédéral comme l’Allemagne. Il faut donner aux administrations locales les moyens d’investir suffisamment dans des domaines d’avenir comme les garderies, les écoles, les universités et l’urbanisation moderne. Parmi les autres priorités d’investissement, on peut citer le développement de réseaux de transport suprarégionaux performants, la promotion d’une utilisation plus rationnelle de l’énergie et la lutte contre le changement climatique. Il est également particulièrement important pour l’Allemagne d’accroître sensiblement ses investissements dans la recherche et le développement.

Comme dans beaucoup d’autres pays, le secteur privé réalise l’essentiel des investissements. C’est pourquoi le gouvernement fédéral a non seulement alloué des fonds supplémentaires à l’investissement du secteur public, mais également pris des mesures pour que le climat de l’investissement soutienne la croissance. Par exemple, nous avons amélioré les règles régissant notre transition énergétique et l’expansion continue des énergies renouvelables, tout en rendant les prix de l’énergie plus prévisibles. Dans le cadre de notre Agenda numérique, nous faisons tout pour que le plus grand nombre puisse participer au monde numérique et profite mieux de son potentiel d’innovation. Nous proposons de nouvelles possibilités de financement pour augmenter la création d’entreprises en Allemagne.

Mais l’argent ne suffit pas pour supprimer tous les obstacles à l’investissement. Nous avons plutôt besoin d’approches nouvelles de la politique économique. Au cours de l’été 2014, j’ai ainsi demandé à une commission d’experts indépendante, composée d’universitaires et de représentants d’entreprises, de syndicats et d’associations, de proposer d’autres idées innovantes. L’une des questions principales était de savoir comment associer davantage d’investisseurs privés aux projets d’infrastructures publiques. L’OCDE a élaboré des principes fondamentaux pour améliorer les règles de l’investissement à long terme dans les infrastructures. Les conclusions de la commission confirment qu’il est essentiel de mettre en place les bonnes structures institutionnelles pour encourager la confiance mutuelle et assurer la mise à disposition efficace des infrastructures publiques en temps voulu.

Nous avons débattu de ces conclusions lors d’une conférence internationale à Berlin en avril, en présence d’Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, et nous souhaitons poursuivre cette importante concertation avec nos partenaires européens. Je salue donc la nouvelle campagne globale d’investissement de la Commission européenne. Le Fonds européen pour les investissements stratégiques, doté de 315 milliards EUR, permettra de relancer la croissance et l’emploi. L’Europe doit se fixer des objectifs concrets. Nous devons unir nos efforts au niveau national et européen pour créer un programme d’investissement et de réforme en faveur du renouveau industriel et de la modernisation de l’Europe.

Enfin, nous devons aussi tenir compte du contexte international. Comme le montrent les analyses de l’OCDE, la part de l’investissement dans le PIB de nombreux pays industrialisés reste bien inférieure aux niveaux d’avant la crise et aux tendances moyennes plus anciennes. De toute évidence, il nous faut également contribuer à la mise en place d’un climat propice à l’investissement dans d’autres pays. Cela nécessite des règles d’investissement direct étranger appropriées, des conditions de financement favorables aux entreprises, et des marchés publics ainsi qu’un financement des infrastructures publiques efficaces. Et pour faciliter notre travail, nous pouvons tous bénéficier de la coopération internationale et partager nos expériences et nos méthodes d’élaboration des politiques au sein de l’OCDE.

Voir bmwi.bund.de   

Travaux de l'OCDE sur l'investissement

www.oecd.org/fr/allemagne

 

Thématiques du Forum de l'OCDE 2015

L'Observateur de l'OCDE

‌‌‌‌Sigmar Gabriel

Sigmar Gabriel
Ministre fédéral de
l'Économie et de 
l'Énergie, Allemagne

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2015

 

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