Industrie et entrepreneuriat

Il faut relancer la productivité pour renforcer la croissance et le bien-être

 

6/7/15- Le ralentissement de la productivité observé ces dix dernières années vient s’ajouter aux préoccupations concernant les perspectives économiques à long terme. Des travaux récents de l’OCDE montrent néanmoins qu’il est possible de redynamiser la diffusion de l’innovation et de mieux utiliser les talents disponibles pour une croissance de la productivité supérieure et plus inclusive.

 La productivité, qui consiste à travailler mieux plutôt que davantage, témoigne de la capacité de produire plus en combinant les intrants de façon plus efficace, grâce à des idées nouvelles, à des innovations technologiques et à de nouveaux modèles économiques. Les travaux récents de l’OCDE sur L’avenir de la productivité mettent en évidence les obstacles qui risquent de nuire à la croissance à venir et proposent des mesures pour y faire face.

 

« Le ralentissement actuel de la productivité n’est pas dû à un ralentissement de l’innovation », a déclaré M. Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, à l’occasion de la présentation de ces travaux à Mexico. « Le problème est le fléchissement du rythme de diffusion des innovations dans l’économie que nous considérons comme une panne de la mécanique de diffusion. Pour relancer la productivité et réduire les inégalités, les pouvoirs publics devraient prendre des mesures qui aident les entreprises à mieux tirer profit des avantages de la diffusion du savoir. Ils doivent également se concentrer sur le développement des compétences et faciliter une répartition plus efficace des talents disponibles par rapport aux emplois », a précisé M. Gurría.

Les nouveaux travaux de l’OCDE montrent en effet que l’écart entre les entreprises à forte productivité et les autres s’accentue au fil du temps, et que des obstacles empêchent la diffusion des innovations. La productivité de la main d’œuvre des entreprises les plus avancées a progressé de 3,5 % par an en moyenne dans le secteur manufacturier durant les années 2000, contre 0,5 % seulement pour les entreprises moins avancées des économies de l’OCDE.

L’écart est encore plus grand dans le secteur des services, constat d’autant plus préoccupant que ceux-ci prennent une importance croissante dans la plupart des économies, et que la participation des entreprises aux chaînes de valeur mondiales dépend de façon déterminante des services logistiques, financiers et de communication, par exemple.

La diffusion est facilitée par la connectivité mondiale, l’expérimentation d’idées nouvelles, le capital intellectuel et l’efficience de la répartition des ressources, mais elle est plus facile dans certaines économies que dans d’autres.

Comme l’économie du savoir exige de plus en plus de compétences que les systèmes éducatifs ont souvent du mal à fournir, les pays tireront davantage de bénéfices, sur le plan de la croissance et de l’équité, de mesures permettant une meilleure affectation des compétences. Près d’un quart des travailleurs des économies de l’OCDE font état d’une inadéquation entre les compétences qu’ils possèdent et celles que nécessite leur emploi. Le rapport explique qu’une meilleure utilisation des talents contribue à la croissance des entreprises novatrices et pourrait entraîner une hausse de la productivité de la main d’œuvre de 10 % dans certaines économies.


L’OCDE indique différentes politiques de nature à soutenir la croissance de la productivité :

  • Des réformes des marchés des produits et des législations sur la faillite qui ne sanctionnent pas les défaillances trop sévèrement, pour mieux inciter les entreprises à expérimenter de nouvelles technologies, à affecter les ressources de façon plus efficiente et à optimiser les avantages tirés de la participation aux chaînes de valeur mondiales.

  • Des mesures en faveur de la mobilité de la main d’œuvre, sous forme de politiques du logement facilitant la mobilité résidentielle, de mesures de promotion de la formation des adultes et de la formation tout au long de la vie, de législations de protection de l’emploi qui n’imposent pas de coûts trop lourds ou imprévisibles à l'embauche et au licenciement. Ces mesures peuvent soutenir la croissance des entreprises productives, notamment en atténuant les problèmes d’inadéquation des compétences.
  • Un accroissement des investissements publics dans la recherche fondamentale, de façon à soutenir le flux continu des innovations de rupture et la diffusion des connaissances.

  • Des politiques d’innovation qui garantissent des conditions de concurrences égales pour les entreprises établies et les nouveaux entrants, élément souvent manquant dans les dispositifs d’incitation existants. Les incitations fiscales à la R D devraient être accessibles de la même manière et procurer les mêmes avantages aux entreprises établies, aux entreprises récentes et à celles qui viennent de se créer.


Ce rapport sur L’avenir de la productivité s’intègre aux nouvelles approches face aux défis économiques (NAEC) de l'OCDE. NAEC est un processus de réflexion engagé à l’échelle de l’Organisation sur les causes de la crise économique mondiale et les enseignements à en tirer, en vue notamment de favoriser un processus d’amélioration continue des grilles d’analyse de l'OCDE.


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