Hongrie

La Hongrie a progressé dans le verdissement de son économie, mais doit maintenant redoubler d’ambition

 

28/06/2018 - La Hongrie a su rendre son économie plus respectueuse de l’environnement et réduire ses émissions, mais elle doit à présent accélérer ses efforts pour remplacer les combustibles fossiles par des sources d’énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et promouvoir des transports durables, comme le montre une nouvelle étude de l’OCDE.


Ce troisième Examen environnemental de la Hongrie publié par l’OCDE pointe également la nécessité de redoubler d’efforts face à la pollution de l’air et de l’eau. La Hongrie affiche des taux d'exposition à la pollution de l’air par les particules qui sont parmi les plus élevés des pays de l’OCDE. Près de quatre habitants sur dix sont approvisionnés en eau de qualité médiocre, et un tiers quasiment de la population n’est pas raccordé à une station d’épuration publique.


L’Examen constate que la Hongrie a certes renforcé sa législation environnementale, mais que l’application de celle-ci est entravée par de fréquentes modifications institutionnelles et par l’éclatement des prérogatives de l’administration centrale par suite de ses réorganisations successives. Il est recommandé au pays de rendre ses objectifs environnementaux plus ambitieux, de renforcer l’application de la réglementation, de réunifier la gestion de l’eau et la gestion de l’environnement et de placer sous une autorité unique les agents travaillant sur le respect des obligations et les inspections.


« La croissance de l’activité industrielle et de la consommation d’énergie intensifie les pressions exercées sur l'environnement en Hongrie. Le rebond de l’économie donne toutefois l’occasion d’investir davantage dans l’efficacité énergétique et les énérgies renouvelables, d’accélérer la transition vers une croissance verte et une économie circulaire », a déclaré Anthony Cox, directeur par intérim de la Direction de l’environnement de l’OCDE, lors de la présentation de l’Examen à Budapest.


Les combustibles fossiles représentent environ deux tiers des approvisionnements énergétiques de la Hongrie. Après avoir reculé de 35 % entre 1990 et 2015, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse, en raison des activités de transport et, dans une moindre mesure, de l’agriculture. Le taux de motorisation en Hongrie, il est vrai peu élevé au départ, progresse à présent rapidement, et la fiscalité des carburants est l’une des plus faibles de l’OCDE.


Le chauffage résidentiel est le premier consommateur d’énergie en Hongrie, où quelque 80 % des bâtiments ne possèdent pas de système de chauffage moderne à bon rendement. Selon le rapport, l’adoption de mesures en faveur de l’efficacité énergétique dans les bâtiments neufs pourrait réduire de plus de moitié leur consommation d’énergie. 


L’utilisation de combustibles solides pour chauffer les habitations – y compris des déchets tels que des meubles mis au rebut – est une importante cause de pollution de l’air. Les émissions de particules fines (PM2.5) augmentent rapidement, et l’exposition moyenne de la population à ces polluants est plus de deux fois supérieure aux valeurs guides de l’Organisation mondiale de la santé.


La Hongrie a bien progressé dans le domaine de la biodiversité. L'état de conservation de la plupart des habitats et espèces s’est amélioré ces dernières années, et le pays protège désormais plus de 22 % de ses terres et eaux intérieures, ce qui est largement supérieur aux objectifs convenus au niveau international. Il n’en reste pas moins que, comme dans une grande partie de l’Europe, les pressions demeurent fortes et l’état de 62 % des espèces est défavorable. De nouveaux efforts seront nécessaires pour réduire les pressions exercées par le changement d’affectation des terres, le morcellement des habitats, la pollution, les espèces envahissantes et le changement climatique.


L’Examen énonce entre autres les recommandations suivantes :

  • Recourir à des systèmes de chauffage et de refroidissement plus efficaces et moins polluants et mieux isoler les bâtiments.
  • Mettre en place un processus de réexamen systématique des subventions dommageables pour l’environnement.
  • Supprimer progressivement les subventions au chauffage et privilégier des transferts monétaires aux ménages démunis.
  • Renforcer les possibilités de faire participer activement la population à l’élaboration de la réglementation en matière d’environnement
  • Raccorder davantage de zones rurales à des stations d’épuration publiques
  • Appliquer des mesures supplémentaires au niveau national pour inciter les communes à améliorer la gestion des déchets et continuer de relever la taxe de mise en décharge gelée en 2014
  • Prendre des engagements et établir des indicateurs concernant la biodiversité dans les secteurs de l’énergie, des transports et du tourisme, dans l’industrie et dans le secteur minier


Consultez l’Examen (an anglais) et un résumé (en hongrois):
www.oecd.org/fr/publications/hungary-2018-9789264298613-en.htm


Pour en savoir plus sur les Examens environnementaux de l’OCDE :
www.oecd.org/fr/environnement/examens-pays/


Pour de plus amples renseignements ou pour organiser un entretien avec l’auteur, les journalistes sont invités à prendre contact avec Catherine Bremer de la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00).


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