Pour que la Hongrie conserve un rythme de croissance vigoureux, la politique macroéconomique doit viser des finances publiques saines et viables, une inflation basse et une compétitivité durable de son secteur exportateur tiré par l’IDE. L’assainissement budgétaire doit se focaliser sur des réformes structurelles pérennes, qui réduisent dans la durée le volume des dépenses publiques. L’augmentation des recettes crée un ballon d’oxygène pour le budget 2004, mais il faut profiter de ce répit pour prendre des mesures qui abaisseront durablement les dépenses dans un cadre à moyen terme. L’exercice d’équilibre délicat de la politique monétaire entre la réalisation des objectifs d’inflation et le pilotage du taux de change pour l’entrée dans la zone euro se trouvera facilité si les objectifs budgétaires sont atteints. La décision d’établir les budgets futurs en fonction de l’objectif d’inflation conjoint intervient opportunément pour améliorer la coordination entre le gouvernement et la banque centrale, et il convient de persévérer sur cette voie. En ce qui concerne la formation des salaires, les directives salariales indicatives devraient être utilisées pour transmettre la désinflation durant la période précédant l’adhésion à l’UEM, et limiter par là même le risque de hausses inopinées du salaire réel. Il convient aussi de faciliter la modération salariale avec des mesures qui augmentent la réactivité de l’offre de main d'œuvre. Si des marges de manœuvre sont créées pour des réductions d’impôts, il faudra les utiliser pour réduire l’ampleur du coin fiscal sur le travail en Hongrie, qui interagit négativement avec certains programmes de prestations sociales. Les fortes disparités régionales devraient être prises en charge par des mesures qui accroissent la mobilité de la main-d’œuvre et étendent l’investissement aux différentes régions grâce à une amélioration plus poussée de l’infrastructure. Il est possible d’améliorer encore les conditions d’activité des entreprises en remédiant à l’insuffisance de la concurrence dans certaines industries de réseau et, plus généralement, en assouplissant les conditions d’entrée sur le marché dans le secteur intérieur. Un plus large recours aux instruments économiques permettrait d’abaisser les coûts considérables des programmes destinés à réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’autres polluants atmosphériques plus localisés. La Hongrie ne sera en mesure de récolter tous les fruits de l’adhésion à l’Union européenne et de l’entrée dans l’UEM qu’à condition de mettre en place un cadre macroéconomique approprié, de stimuler la participation au marché du travail et de maintenir un rythme élevé de croissance de la productivité.
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