Grèce

L’économie de la Grèce se redresse. Améliorer la viabilité de la dette, lutter contre la pauvreté et stimuler l’investissement sont autant de mesures essentielles pour entretenir la dynamique positive.

 

30/04/2018 - Selon l’ODCE, la Grèce commence à sortir de la profonde dépression économique qu’elle a connue, après avoir mené des réformes considérables. La croissance économique reprend, stimulée par les exportations. Les réformes du marché du travail ont amélioré la compétitivité et favorisent la création d’emplois longtemps attendus. La croissance du PIB devrait s’affermir et rester au-dessus de 2 % en 2018 et 2019.  

 

Dans sa dernière Étude économique de la Grèce, l’OCDE reconnaît l’effort remarquable consenti au titre des réformes ces deux dernières années. L’étude souligne que le renforcement notable de la crédibilité des dépenses publiques, qui a fait suite à un assainissement budgétaire sans précédent, stimule la confiance des investisseurs dans les perspectives du pays.

 

En dépit de ces évolutions positives, le chômage, la pauvreté et les inégalités demeurent élevés, les salaires sont faibles, l’investissement reste peu actif et la productivité accentue son repli. Parallèlement, l’administration publique continue d’être confrontée à de graves problèmes d’efficience, et si la collecte de l’impôt s’est améliorée, l’évasion fiscale de grande ampleur se traduit par un système fiscal caractérisé par des taux élevés et des bases d’imposition étroites. La poursuite de l’effort de réforme et le renforcement de son appropriation seront fondamentaux pour relever ces défis, et plusieurs autres.

 

Lors de la présentation de l’étude à Athènes en présence du Premier ministre de la Grèce, M. Alexis Tsipras, le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, a déclaré : « Les réformes mises en œuvre par la Grèce commencent enfin à porter leurs fruits. Le chemin parcouru est impressionnant. Après le redressement des finances publiques et l’amélioration considérable du cadre macroéconomique, la priorité est désormais la lutte contre la pauvreté et la hausse des niveaux de vie ».

 

Les auteurs de l’étude estiment que la diminution des facteurs de vulnérabilité sera essentielle à cette fin. Les niveaux élevés de la dette publique et des créances douteuses dans le système bancaire rendent toutefois les perspectives économiques de la Grèce extrêmement vulnérables aux chocs externes tels que le ralentissement de la croissance chez ses partenaires commerciaux ou la hausse du coût de la dette suite à l’achèvement du programme de soutien à la stabilité en août 2018.

 

De nouvelles mesures de restructuration de la dette publique permettraient, le cas échéant, de réduire ces vulnérabilités et de stimuler la confiance.

 

Il sera également impératif de soutenir la création d’emplois et de diminuer la pauvreté. Si le chômage recule, une part croissante des emplois est temporaire ou à temps partiel, et de nombreux travailleurs sont par conséquent rémunérés au-dessous du salaire minimum. Améliorer les compétences des travailleurs et faire en sorte qu’elles répondent aux besoins du marché du travail, ainsi que renforcer les incitations à investir et innover proposées aux entreprises, est fondamental pour relever les salaires et réduire le nombre des travailleurs pauvres. L’OCDE recommande de mettre en place des négociations salariales collectives sectorielles portant sur l’ensemble des conditions de travail, tout en veillant à ce que le système actuel reste suffisamment souple pour que les accords puissent être adaptés aux différents types et tailles d’entreprise. Une formation professionnelle continue est également essentielle pour améliorer la capacité des travailleurs à trouver un emploi et accroître leur rémunération.

 

La hausse de la pauvreté survenue au cours de la crise est particulièrement inquiétante chez les jeunes. À l’exception de ceux qui sont consacrés aux retraites, les programmes sociaux souffrent généralement de sous-financement, même si l’étude indique que les réformes de 2007 et 2018 visant à regrouper et à revaloriser les allocations familiales représentent des avancées importantes pour améliorer le ciblage sur ceux qui en ont besoin. La mise en œuvre du revenu minimum garanti et la fourniture de repas scolaires sont d’autres mesures importantes permettant de mieux protéger les ménages pauvres.

 

L’étude révèle également que le gouvernement doit mettre à profit les récentes réformes pour redynamiser l’investissement. Elle appelle en outre un assouplissement supplémentaire de la réglementation des marchés de produits, parallèlement à une amélioration de la qualité et de la transparence réglementaires. La poursuite du combat contre la corruption, du renforcement de l’administration publique et de la lutte contre l’économie informelle améliorerait l’environnement économique, renforcerait l’État de droit et la confiance à l’égard des pouvoirs publics.

 

Une vue d’ensemble de l’Étude économique ainsi que ses principales conclusions sont accessibles gratuitement sur le site internet de l’OCDE à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/greece/economic-survey-greece.htm. Vous êtes invités à inclure ce lien dans les rapports consacrés à l’Étude. 

 

Pour de plus amples informations sur l’Étude économique, les journalistes sont invités à prendre contact avec la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

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