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Gouvernement d'entreprise

Améliorer le fonctionnement des marchés de capitaux en Italie offrira plus d’opportunités de croissance aux entreprises et aux épargnants italiens

 

31/01/2020 - Les réformes structurelles de ces dernières années en Italie ont permis de redresser la situation financière du secteur des entreprises et concouru à une reprise économique graduelle. Cependant, l’économie italienne accuse encore un retard par rapport aux autres grandes économies européennes. Un meilleur fonctionnement des marchés de capitaux aiderait à orienter l’investissement vers l’économie réelle et créerait ainsi des emplois tout en dopant la productivité. Telles sont les conclusions d’un nouveau rapport de l’OCDE.

Selon ce rapport d’examen de l’OCDE sur les marchés de capitaux de l’Italie (Capital Market Review of Italy), la réforme du cadre institutionnel et réglementaire offrirait aux entreprises de meilleures conditions pour financer leurs nouveaux investissements à long terme, et aux particuliers de meilleures possibilités pour diversifier leur épargne et s’associer au succès des entreprises italiennes. 

Les marchés de capitaux sont moins développés en Italie que dans bon nombre d’autres économies avancées. Au cours des dix dernières années, le nombre moyen d’entreprises admises chaque année à la cote sur le marché réglementé de la bourse italienne est resté inférieur à quatre, et la capitalisation boursière demeure, en pourcentage du PIB, bien en deçà du niveau observé dans des pays comparables. Ainsi, à la fin de 2018, la valeur totale des actions cotées en Italie ne représentait que 31 % du PIB, bien moins qu’en Allemagne (46 %) et qu’en France (88 %).

« La réforme des marchés de capitaux aidera l’économie italienne à libérer tout son potentiel et sera le moteur d’une croissance durable », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría, lors de sa présentation du rapport, au côté de Roberto Gualtieri, ministre italien de l’Économie et des Finances, et de Valdis Dombrovskis, vice-président exécutif de la Commission européenne, à Rome. « En même temps, les incertitudes économiques, sociales et politiques devront être réduites au minimum pour pouvoir recueillir pleinement les fruits des réformes et renforcer la confiance des entrepreneurs, des investisseurs et des ménages ». 

Le rapport révèle que l’Italie figure parmi les grandes économies européennes qui comptent le plus d’entreprises à forte croissance (23 %). Pourtant, celles-ci sont encore trop peu nombreuses, comparées à la multitude de petites entreprises peu productives. Toujours selon le rapport, des marchés de capitaux plus développés pourraient aider à un rééquilibrage en fournissant aux entreprises les moyens d’investir, de se développer et d’atteindre une masse critique pour leur compétitivité.

En outre, les entreprises italiennes demeurent très dépendantes des financements par l’emprunt. En effet, au total 40 % de leurs actifs sont financés par des emprunts à court terme, soit un taux nettement supérieur à celui observé dans les pays européens comparables. Cette dépendance bride les investissements de croissance et accentue les vulnérabilités du secteur non financier en période de chocs macroéconomiques. Un accès facilité aux capitaux à long terme, notamment à des financements en fonds propres et à des obligations d’entreprises à plus long terme, et une plus grande efficience dans leur allocation, permettraient plus souvent une prise de risque stratégique. Celle-ci profiterait à la recherche, au développement et à l’innovation et ferait gagner en productivité le capital humain et le stock de capital fixe de l’industrie italienne.

Enfin, le rapport relève que la plupart des fonds sur les marchés de capitaux mondiaux sont investis via de grands fonds institutionnels, qui ont recours à des stratégies d’investissement passives consistant à suivre l’évolution d’un indice prédéfini. Or, l’Italie ne perçoit qu’une fraction relativement modeste des investissements de ces grands fonds institutionnels mondiaux. L’une des raisons en est que le flottant des sociétés italiennes cotées en bourse est relativement faible par rapport au niveau sur la plupart des marchés avancés. Il est donc primordial d’accroître les ratios de flottant en Italie pour aider les entreprises à attirer vers elles les volumes croissants de capitaux des investisseurs institutionnels mondiaux.  

Le rapport OECD Capital Market Review of Italy, qui reprend les principales conclusions et recommandations de l’examen, peut être consulté en cliquant sur ce lien suivant : http://www.oecd.org/corporate/OECD-Capital-Market-Review-Italy.htm.

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à prendre contact avec la Division des médias de l’OCDE (tél. : + 33 1 45 24 97 00).

 

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