Gouvernance publique

Renforcer la confiance

 

En 2008, un sondage Gallup montrait qu’en moyenne, moins de la moitié de la population de l’OCDE faisait confiance à son gouvernement. La crise a encore dégradé cette situation, avec quatre points de pourcentage perdus depuis. Les institutions et les acteurs publics sont critiqués pour leur incapacité à surmonter la crise et à traiter ses conséquences sur les individus. La crise a souligné de sérieuses insuffisances dans la réglementation, une application inégale des règles et de nombreux autres problèmes de gouvernance qui font douter de la capacité des gouvernements à gérer l’économie.

 

L’impact de faibles niveaux de confiance devient de plus en plus clair. La confiance dans les institutions favorise l’activité économique en stimulant les décisions d’investissement et de consommation qui nourrissent la croissance. La confiance dans les institutions (ainsi que la confiance interpersonnelle) réduit le sentiment de risque lié à certaines décisions, qu’il s’agisse d’embaucher, pour une entreprise, ou, pour un salarié, d’investir dans une formation. La confiance étend l’horizon de planification des agents économiques, augmentant ainsi leur dynamisme. La prospérité économique est liée à la capacité des institutions – économiques, judiciaires, sociales, etc. – de garantir un environnement prévisible et stable.

 

La confiance aide également les gouvernements. De nombreuses réformes structurelles impliquent des sacrifices à court terme contre des bénéfices à long terme, et nécessitent un large consensus pour être efficaces et durables. Dans un environnement marqué par un haut niveau de confiance, de telles réformes peuvent être correctement mises en place, et maintenues assez longtemps pour produire leurs effets. Sans confiance, les citoyens privilégieront les avantages immédiats et pousseront les responsables politiques à rechercher des gains visibles à court terme. À un moment où des réformes structurelles profondes sont nécessaires, la confiance peut réellement faire la différence.

 

Les règles et règlements ne peuvent suffire à éviter ou prévenir les abus. Ils doivent apparaître justes et légitimes aux yeux des citoyens pour les inciter à les respecter. Par exemple, la défiance envers le gouvernement nuit à l’acceptation de l’impôt, ce qui, dans un second temps, réduit les ressources disponibles pour les dépenses sociales. Les citoyens sont davantage susceptibles d’avoir une vision positive de leurs obligations fiscales et de s’y soumettre lorsque leur gouvernement leur paraît mériter la confiance. Pour toutes ces raisons, la confiance n’est pas uniquement la confirmation d’une bonne gestion économique : c’est une condition autant qu’un résultat de la réussite économique.

 

Comment les gouvernements peuvent-ils regagner la confiance de leurs citoyens ? Premièrement, nous devons améliorer la mesure de la confiance et fournir aux responsables publics des données susceptibles de les aider à comprendre les attentes des citoyens. Deuxièmement, il faut promouvoir la confiance à grande échelle, de façon à ce que les gouvernements donnent le sentiment aux citoyens qu’ils s’occupent des problèmes qui dépassent le niveau individuel, et cela en toute transparence et responsabilité. Les gouvernements doivent montrer qu’ils sont capables de gouverner pour l’avenir et d’anticiper l’inattendu. Troisièmement, il faut promouvoir l’équité dans la prise de décision. Cela suppose, d’une part, d’éviter les influences indues dans la prise de décision en traitant les problèmes de financement de la vie politique et de lobbying, et d’autre part, de rendre les processus d’élaboration et de déploiement des politiques plus inclusifs, en informant et en impliquant le public.

 

Les gouvernements qui sauront se montrer fiables, justes et réactifs pourront bénéficier des dividendes de la confiance grâce à des succès économiques et sociaux tangibles.

 

Références

Alter, Rolf (2012), « Gouvernance publique : l’autre déficit », L’Annuel de l’OCDE 2012

Alter, Rolf (2010), « Un lobbying plus transparent pour des politiques plus saines », L’Observateur de l’OCDE n° 279, mai

 

Voir aussi :

Les travaux de l'OCDE sur la gouvernance publique

L'édition 2014 du Forum de l'OCDE

 

‌‌Rolf Alter

Rolf Alter, Directeur, Direction de la gouvernance publique et du développement territorial de l'OCDE

 

© OCDE


© L'Annuel de l'OCDE 2014

 

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